JPM - Films - Notules - Mars 2002

Notules - Mars 2002

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres citées (entre parenthèses, autres que des films) : 2001 : l’Odyssée de l’espace – 2001 : le futur selon Kubrick – K-Pak – The patsy – Jerry souffre-douleur – Le cinquante et unième État – Crimes et pouvoir – Sueurs – La somme de toutes les peurs – Docteur Folamour – Bruiser – Hamlet

Personnes citées : Arthur C. Clarke – Stanley Kubrick – Piers Bizony – Kevin Spacey – Jerry Lewis – Jerry Lee Lewis – Édouard Baer – Audrey Tautou – Luc Besson – Sergio Leone – Cyrille Thouvenin – George Romero – Laurence Olivier

2001 : l’Odyssée de l’espace

Vendredi 8 juillet 2002

Nul ne peut comprendre totalement 2001 sans avoir lu le livre, qu’Arthur C. Clarke, auteur du scénario, écrivait en même temps que le film de Kubrick se faisait. L’idée initiale est que des extra-terrestres sont venus sur Terre bien avant que des hommes y vivent. Constatant que les animaux les plus évolués, les singes, n’étaient pas « encore » en état de communiquer avec eux, ils en sont repartis, en laissant un objet aux pouvoirs mystérieux capables d’insuffler à ces bêtes primitives le désir de progresser (le fameux bloc noir).

Ces extra-terrestres étant d’origine très lointaine et retournés chez eux, comment savoir à quel moment les habitants de la Terre auraient atteint ce stade d’évolution ? Eh bien, quand ils seraient capables de faire eux-mêmes des voyages dans l’espace ! Oui, mais comment l’apprendre si l’on vit à des années-lumière de là ? Très simple : enfouir dans le sol de la Lune un objet (encore le bloc noir, qui sait tout faire, sauf le café) capable d’envoyer un signal radio vers les extraterrestres dès que les hommes (futurs) l’auraient trouvé, chose certaine, car il déforme le magnétisme local et sera donc détecté ; le signal radio se déclencherait tout seul si la lumière touchait ledit objet. C’est donc une sorte de système d’alarme.

Tout se passe comme prévu, et les hommes, ayant compris l’astuce et capté un signal de réponse venant de la direction de Jupiter, envoient un vaisseau spatial vers cette destination lointaine, dans l’espoir de communiquer. Mais le voyage se passe mal parce que l’ordinateur HAL 9000 s’est mis à déconner, sur ordre de ses concepteurs qui lui avaient assigné comme mission de privilégier la mission plutôt que les astronautes, et le vaisseau, qui n’est plus conduit, est aspiré dans un tourbillon qui accélère sa vitesse au point que le temps est déformé, en vertu de la loi de la Relativité. On a donc un personnage, Dave (pas le chanteur), qui accomplit tout un cycle de son existence, et peut se voir jeune, puis vieux et agonisant (dans le lit de la chambre de luxe), puis bébé. Et tout recommence.

C’est une histoire assez ésotérique, poétique aussi, mais assez peu cartésienne. Cependant, bien que le public n’ait rien compris à l’histoire, le film fait un triomphe depuis 1969. Au point de vue visuel, il n’a pas été dépassé, même avec les trucages numériques d’aujourd’hui, qui n’existaient pas à l’époque de son tournage. Il y a aussi un livre sur les trucages, 2001 : le futur selon Kubrick, par Piers Bizony, publié en 1984 chez Aurum Press Limited, 25 Bedford avenue, London WC 1B3 AT, traduit en français en 2000 pour « Les Cahiers du Cinéma ». Préface d’Arthur C. Clarke en personne. Magnifique (le livre, pas Arthur). 150 francs.

On peut trouver en un seul volume pas cher les cinq romans sur l’Odyssée de l’espace écrits par Clarke. Il vit toujours, au Sri-Lanka.

En bref : classique.Haut de la page

K-Pak

Lundi 15 juillet 2002

Ce matin, j’ai vu K-Pak, mais surtout pour Kevin Spacey. Ne vaut pas vraiment le déplacement.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

The patsy

Lundi 15 juillet 2002

C’est drôle : quand le film de Jerry Lewis, The patsy, est sorti, j’ai cherché partout ce que ce mot voulait dire. Aucun dictionnaire n’en parlait. En français, on a traduit ça par Jerry souffre-douleur. Je suis en train d’écrire sur Jerry Lewis. J’espère que vous ne le confondez pas avec Jerry Lee Lewis. Il n’y a presque aucun site sur Internet qui parle de Jerry. Inexplicable ! C’est pourtant l’un des plus grands créateurs comiques du vingtième siècle.

En bref : à voir.Haut de la page

Le cinquante et unième État

Mercredi 17 juillet 2002

Il y avait longtemps que je n’avais quitté une salle de cinéma avant la fin d’un film. La dernière fois, c’était pour une bouse à la française, avec Édouard Baer et la mère Tautou. Ce matin, je suis parti pendant Le cinquante et unième État, et avant la cinquante et unième minute. Je ne pouvais pas dormir, la bande sonore était trop bruyante (coups de feu et poursuites de voiture). Le film était si bête et si vide qu’on aurait dit que Luc Besson y avait fourré son nez.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Crimes et pouvoir

Vendredi 19 juillet 2002

Claire est avocate, heureuse en ménage. Mais son mari est arrêté par le FBI : l’Armée des États-Unis l’accuse de crimes de guerre remontant à douze ans. Convaincue, avec quelques arguments plausibles, que Tom sert de bouc émissaire pour couvrir une bavure de ses ex-supérieurs, elle va le défendre devant la Cour martiale, avec l’aide d’un ancien avocat évidemment noir, évidemment vieux, évidemment alcoolique, évidemment maqué avec une pute, et celle du jeunot, évidemment inexpérimenté, commis d’office par l’Armée. Elle obtient l’abandon des poursuites après bien des péripéties. Mais le mari était bel et bien coupable, il avait même envoyé dans l’autre monde quelques témoins de son crime. Là-dessus, il est évidemment abattu par un ami de ses anciennes victimes, et Claire, après avoir beaucoup pleuré, reprend le boulot et renaît à la vie en s’associant évidemment avec l’avocat noir, vieux, etc., qui, entre-temps, n’est évidemment plus alcoolique. Ce chef-d’œuvre scénaristique s’intitule Crimes et pouvoir. Allez vite le voir avant son passage à la télé. Sur M6, évidemment.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Sueurs

Mercredi 24 juillet 2002

Prenez les contre-plongées absurdes et les gros plans de trognes mal rasées du western spaghetti (jusqu'à la fameuse réplique « Creuse ! », qui vient d’un film de Sergio Leone) tout en filmant dix fois plus vite, trempez la pellicule dans de la teinture orange, ajoutez une bonne dose de sadisme, et vous aurez Sueurs, qui sort aujourd’hui en salle et sera sorti demain par les spectateurs. Tout le monde meurt, sauf Cyrille Thouvenin – merci mon Dieu ! Mais mieux vaut le voir en jeune gay qu’en graisseur de camion dans le sud marocain. Point de vue purement personnel.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

La somme de toutes les peurs

Lundi 29 juillet 2002

Dans La somme de toutes les peurs, un néonazi, mécontent de n’avoir pas réussi en politique, balance sur le stade de Baltimore une bombe achetée on ne sait où, mais fabriquée avec du plutonium étatsunien. Retour à l’envoyeur... Son but : en accusant les Russes, provoquer une guerre entre les deux pays. Mais le monde sera sauvé par un beau jeune homme, qui se fiance à la dernière scène avec une belle jeune femme, sur fond de Maison-Blanche où les chefs d’État russe et yankee se félicitent d’avoir su préserver la paix. Amen.

Les journaux n’ont pas manqué de comparer ce film très ennuyeux à Docteur Folamour, de Kubrick. C’est oublier que le film de Kubrick se terminait par la guerre (qui n’était donc pas « évitée de justesse »), et que c’était une caricature grinçante. Ici, on se prend très au sérieux. On attend longtemps la catastrophe atomique, c’est-à-dire un peu de spectacle. Mais ça ne dure que quelques secondes, et on voit surtout de la poussière.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Bouffer au cinoche

Lundi 29 juillet 2002

Qu’ils sont casse-pieds, ces spectateurs qui bouffent du pop-corn ou des bonbons pendant la projection du film ! Je me souviens avoir naguère réclamé – en vain – qu’on remplace ces exaspérantes sucreries au fumet douceâtre, donc écœurant, par des merguez, mais la corporation des directeurs de salle ne m’a pas suivi. Certes, je reconnais que la cuisson des merguez, productrice de fumée, pourrait incommoder certaines personnes. Alors, coupons la poire en deux : pourquoi ne pas vendre, dans le hall des cinémas, des huîtres, des oursins, des arapèdes ? L’odeur de la mer, en cette saison où l’on fabrique de fausses plages sur les quais de la Seine, est-ce que ce ne serait pas des plus agréables ? Avant d’entrer dans la salle, on ferait une petite halte devant l’éventaire odorant pour y faire son choix, et on bavarderait un moment pour demander conseil à l’écailler à propos de la fraîcheur de ses produits.

Et quoi de plus normal, avant le film, que de consulter l’écailler du cinéma ?

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Bruiser

Mercredi 31 juillet 2002

Sous-titrage des films : dans Bruiser (bon film de George Romero, passé inaperçu), le mot music est traduit bêtement par zicmu. Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour caresser les jeunes cons dans le sens du poil ! Bien sûr, girl est systématiquement traduit par meuf.

D’ailleurs, je trouve que les scénarios eux-mêmes laissent souvent à désirer. J’ai revu Hamlet l’autre jour, dans la version de et avec Laurence Olivier. Eh bien, cet abruti de prince ne dit jamais « fuck », et à aucun moment il n’ordonne à Ophélie « Suce-moi, salope ! ». Comment voulez-vous avoir du succès avec ça ? Je me demande qui est l’auteur de cette bouse...

En bref : à voir.Haut de la page

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le lundi 5 octobre 2015.