JPM - Films - Notules - Décembre 2003

Notules - Décembre 2003

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres citées (en italique, autres que des films) : Le retourVozvrashcheniyeLe monde de NemoFinding NemoPas sur la bouche Là-hautMatrix – Love actually – Fame – Michel Vaillant – Sueurs – Singin’ in the rain – West side story – Oliver ! – Merci docteur ReyKill Bill : volume 1 – Empire du soleil – BonjourOhayôA bigger splashLes clés de bagnoleThirteenThe dreamersInnocentsLe fabuleux destin d’Amélie PoulainAprès vous...L’avareLes fourberies de ScapinTartuffe – Le père Noël est une ordure – Six feet under24 heures chronoLe lionFriends – Léon Morin, prêtre – Le seigneur des anneaux – Eyes wide shut – Goodbye Lenin ! – L’arche russe – L’enfant au violonHe ni zai yi qi

Personnes citées : Andrei Zviaguintsev – Alain Resnais – Alain Riou – Danièle Heymann – Darry Cowl – Maurice Yvain – Maurice Chevalier – Hérode – Jalil Lespert – Pierre Arditi – Walt Disney – Ella Fitzgerald – Adolf Hitler – Louis-Ferdinand Céline – Michael Jackson – Richard Curtis – Noam Chomski – Fred Astaire – Gene Kelly – Gene Anthony Ray – Louis-Pascal Couvelaire – Luc Besson – Cyd Charisse – Donald O’Connor – Ginger Rogers – Andrew Litvack – Stanislas Mehrar – Quentin Tarantino – Lucy Liu – Steven Spielberg – Yasujiro Ozu – Jack Hazan – Laurent Baffie – Catherine Hardwicke – Jérôme Garcin – Bernardo Bertolucci – André Malraux – Henri Langlois – Georges Pompidou – Jean-Pierre Jeunet – Molière – Sandrine Kiberlain – Pierre Salvadori – José Garcia – Daniel Auteuil – Sandrine Kiberlain – Anémone – Eric Balfour – Alain Delon – Jean-Paul Belmondo – Alfred Hitchcock – Stanley Kubrick – Vincent Cassel – Vincent Lindon – Richard Anconina – Sim – Pauline Carton – Chen Kaige – « Mère » Teresa – Jerry Lewis – Alain Chabat – Kevin Smith – Anouchka Delon – Jeanne Moreau

Le retour

Lundi 1er décembre 2003

Réalisé par Andrei Zviaguintsev

Titre original : Vozvrashcheniye

Sorti en Russie le 25 juin 2003

Sorti en France le 26 novembre 2003

Vu Le retour, un film russe. C’est trop d’la balle.

 

(Zut, je me suis trompé de site)

En bref : à voir.Haut de la page

Sur Le monde de Nemo

Mercredi 3 décembre 2003

Finding Nemo n’est pas un film de Disney, mais de Pixar, qui est une vraie référence de qualité. Le film est distribué par Disney, c’est différent. En tout cas, c’est à voir, car drôle, beau et pas gnangnan pour un sou. Ce qui est produit par Disney reste de la merde, rien n’a changé.

En bref : à voir.Haut de la page

Pas sur la bouche

Mercredi 3 décembre 2003

Réalisé par Alain Resnais

Sorti en France le 3 décembre 2003

Pronostic : lors de la prochaine émission, dimanche soir, Le masque et la plume parlera du film d’Alain Resnais Pas sur la bouche. S’il est présent, Alain Riou dira que le film est charmant et plein de jeunesse. Danièle Heymann fondra devant les acteurs masculins et parlera de la cocasserie de Darry Cowl dans le rôle de madame Foin, concierge du 23 quai Malaquais. Et le représentant des « Inrockuptibles » ou des « Cahiers du cinéma » prendra un air dégoûté pour dire qu’Alain Resnais refait le coup de filmer une pièce des années vingt, que tout ça est vieux comme Hérode, et qu’il est parti au bout de dix minutes. En effet, il s’agit d’une opérette, genre oublié. À tort, car Maurice Yvain était un maître. J’avais vu Là-haut, où Maurice Chevalier avait triomphé bien avant ma naissance (non, je n’ai pas vu Maurice Chevalier, faut pas pousser). Je connais encore des couplets par cœur :

Le premier, le seul, le vrai paradis,

C’est Paris.

Quelle est la terre que Moïse a promis ?

C’est Paris.

Lui seul tient toutes ses promesses,

Lui seul vaut toutes les messes.

Moi je vous le dis,

Y a qu’un paradis

Sur la Terre et c’est Paris !

Quant à votre très humble serviteur, il se contentera de ricaner sur le fait que le dialogue emploie trois fois l’expression « se rappeler DE quelque chose », placée dans des répliques de Pierre Arditi et Jalil Lespert, et daubera sur ce que ça donne à penser de la culture littéraire d’Alain Resnais, de son dialoguiste et de ses interprètes. Mais lui (votre humble serviteur), il le fait dès aujourd’hui, il n’attend pas dimanche soir.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Films nuls

Mercredi 3 décembre 2003

En ce moment, et depuis le début de l’automne, je suis découragé par la nullité des films qui sortent. Bonne nouvelle, le dernier Matrix est déjà relégué dans les placards à balai de l’UGC des Halles. Il n’y a que Le retour qui m’ait vraiment plu, et Finding Nemo, mais ce dernier film remporte un triomphe et n’a pas besoin qu’on parle de lui.

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Influence de Disney

Mercredi 3 décembre 2003

Un de mes correspondants nie l’influence nocive de Disney sur les enfants. Décortiquons.

« Je ne connais pas vraiment d’individu qui, ayant regardé des Disney dans sa jeunesse, trouve que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et que la vie est une jolie pomme d’amour dans laquelle on croque à pleine dent » : je n’ai pas affirmé que Disney avait réussi dans son entreprise auprès de tous les gamins. Je l’ai accusé d’avoir essayé. Qu’il ait souvent échoué ne minimise pas sa responsabilité. Ou alors, acquittons tout assassin ayant raté sa victime.

« Si ces luttes [quelles luttes ?] te gênent, je pense qu’on peut brûler 90 % des films qui ont été faits et presque autant de la littérature ». Tu as une haute idée du cinéma et de la littérature ! Par chance, c’est archi-faux. On dit souvent qu’on ne fait pas de la littérature avec de bons sentiments, et jusqu’ici, ça me paraît assez vérifié.

« Enrôler des enfants. Là, je ne suis pas d’accord. Je ne pense pas qu’un enfant de 4-5 ans puisse se faire enrôler ». Raisonnement admirable. Traduction : puisque des gosses sont encore trop jeunes pour passer à l’action, ça ne tire pas à conséquence de leur farcir la cervelle avec des conneries ; donc ne nous gênons pas. De toute façon, nulle part je n’ai prétendu qu’on avait « enrôlé » des enfants, expression qui a une signification très précise. J’ai dit qu’on avait tenté de leur bourrer le crâne avec des âneries, qui auront une influence définitive sur leur manière de penser. Il suffit de te lire pour constater que tu prends feu parce qu’on touche aux idoles de ton enfance, sans remettre en cause leur signification véritable. Par conséquent, on t’a influencé de façon permanente. Je ne vois pas comment on peut nier ça.

« Je n’ai encore jamais vu d’adultes qui, étant enfant, aient été marqués par leur vision d’un Disney ». Parle pour toi. J’en connais un. Il est devenu complètement crétin dans son idolâtrie de l’idéologie yankee. Aujourd’hui, il travaille à Eurodisney et fait le con pour amuser des ploucs du Middle West affublés d’oreilles de Mickey en plastique.

« Prenons la musique. Une chanson qui est certes fabuleuse comme “What a wonderfull world” d’Armstrong est relativement stupide ». D’accord. Tout comme la plupart des chansons d’Ella Fitzgerald sont un peu crétines. Mais les chansons ont moins d’influence... d’autant moins qu’elles sont dans une langue étrangère et ne peuvent pas être doublées ni sous-titrées. Les films, si !

« Regarder Disney n’est pas un drame ». Ça peut en provoquer sur les esprits en les marquant de manière indélébile. On a dit que Disney avait été le Hitler des jeunes ; je suis assez d’accord, il détruisait les esprits à l’âge où ils sont le plus malléables.

« Si c’est le côté facho de Disney (l’homme) qui vous gêne, là encore je ne suis pas d’accord ». Tant pis. Moi, j’ai du mal à oublier que Walt Disney était un admirateur d’Hitler (admiration réciproque : quand il s’est rendu en Allemagne nazi, il a été reçu avec les honneurs donnés à un chef d’État).

« Je me fiche que Céline soit facho ou que Michael Jackson soit pédophile, ils restent des sommités dans leur domaine ». Le petit Jackson n’est une sommité en aucun domaine, que je sache. Il a une voix désagréable, ses chansons, musicalement, sont très basiques, et il danse comme un sac de patates.

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Love actually

Mercredi 3 décembre 2003

Réalisé par Richard Curtis

Sorti au Canada (Festival de Toronto) le 7 septembre 2003

Sorti en France le 3 décembre 2003

Je conseille à tout un chacun d’aller voir le film Love actually, il illustre parfaitement la discussion précédente. Le sujet en est l’amour-toujours, qui triomphe parce qu’on y croit, et autres conneries du rayon courrier du cœur ; en outre, ça se passe en pleine période de Noël. Eh bien, à aucun moment on ne tombe dans le cucul-la-praline ni dans l’idéologie abrutissante. Parce que le sujet n’y est pas pris au sérieux et qu’on ne cherche à convaincre personne que tout ça doit être regardé au pied de la lettre.

En bref : à voir.Haut de la page

Disney

Jeudi 4 décembre 2003

Suite de la discussion précédente.

L’influence des couillonnades disneyennes est énorme. L’immense majorité des Américains a eu l’esprit formé (déformé) par les films de Disney, et pense en conséquence. Résultat : les États-Unis sont le plus beau pays du monde, seuls les États-uniens détiennent la vérité puisque Dieu est avec eux, et, par conséquent, si les citoyens d’un pays quelconque ne pensent pas COMME les États-uniens, s’ils élisent un gouvernement qui a une philosophie différente, ce sont des pourris qu’il faut exterminer... Il me semble tout de même que ce FAIT a été amplement démontré. Je conseille aux sceptiques de lire les livres de Noam Chomski, par exemple.

En fait, l’usine Disney est une entreprise à fabriquer de la bonne conscience, celle qui fait ce type d’honnêtes gens tout à fait à l’aise, par exemple, avec la peine de mort ou l’exploitation éhontée des ressources de la planète au SEUL profit des Yankees (cinq pour cent de la population mondiale engloutissant quarante pour cent des ressources). Or ce façonnage à rebours des consciences, c’est dans l’âge tendre qu’il se fait. Arrêtons de faire semblant de penser que l’univers Disney est anodin. Il ne l’est pas. Il conditionne le reste.

Quant à la musique, j’ai grandi avec. Inutile d’essayer de me bluffer et de me noyer sous un vocabulaire en vogue chez les disc jockeys. Jackson fait de la variétoche, voilà tout. Si c’était meilleur, ça aurait moins de succès. Quant à ses dons de danseur, ils me font pouffer. Regardez quelques comédies musicales avec Fred Astaire, Gene Kelly, ou même Fame, avec le défunt Gene Anthony Ray. Il ne suffit pas d’avoir fait croire à des armées d’incultes, n’ayant jamais vu un spectacle de danse, que le moonwalker était une invention géniale, pour être pris au sérieux par les gens qui aiment vraiment cet art. Sur ce plan, le petit Jackson n’est même pas un amateur, c’est un imposteur.

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Michel Vaillant

Vendredi 5 décembre 2003

Réalisé par Louis-Pascal Couvelaire

Sorti au Japon (Festival de Tôkyô) le 8 novembre 2003

Sorti en France et en Belgique le 19 novembre 2003

Bides cinématographiques : le dernier chef-d’œuvre produit par Luc Besson, Michel Vaillant, a été relégué au bout d’une semaine dans la plus petite salle du Forum des Halles. Il triomphe désormais dans un cagibi de... 48 places ! Le réalisateur avait sorti l’année dernière ce terrible navet, Sueurs. Je vous parie qu’après ce double triomphe, il va disparaître de la circulation.

En bref : pas vu.Haut de la page

Fred Astaire

Vendredi 5 décembre 2003

Histoire de répondre à une correspondante qui estimait que les comédies musicales américaines dérivaient de la danse classique, disons ceci : mais non, la danse dans les comédies musicales (Fred Astaire, Gene Kelly, Cyd Charisse, Donald O’Connor dans Singin’ in the rain, West side story, Oliver!) n’a rien à voir avec la danse classique. Il n’y a aucun jeté-battu dans ces œuvres-là, et on n’y danse pas sur les pointes. Des claquettes à la danse acrobatique en passant par la chorégraphie de groupe, il y a un choix immense, et tout le monde peut y trouver ce qu’il préfère. De toute façon, tout est bon. Or il est tout à fait certain que Fred Astaire n’a jamais étudié la danse classique. Sa manière de danser n’a aucun rapport avec tout ça.

Et je rappelle en passant que Fred Astaire ne s’est jamais démagogiquement empoigné les couilles histoire de flatter les cons, lorsqu’il faisait un pas de deux avec Ginger Rogers.

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Merci docteur Rey

Vendredi 5 décembre 2003

Réalisé par Andrew Litvack

Sorti aux États-Unis (Festival de Mill Valley) le 13 octobre 2002

Sorti en France le 3 décembre 2003

Laissez tout tomber et allez voir Merci docteur Rey. On n’a pas vu un scénario aussi travaillé depuis quelques dizaines d’années. Et c’est très drôle. Une grosse réserve sur le jeune Mehrar, qui n’est ni beau ni bon comédien. Et pourquoi, en 2002, tous les personnages parlent en francs ?

En bref : à voir.Haut de la page

Retour sur Le retour

Dimanche 7 décembre 2003

Le masque et la plume : les critiques n’ont pas parlé du film d’Alain Resnais (ce sera pour dimanche prochain), mais ils ont détaillé Le retour, et m’ont fait l’honneur de dire certaines choses que j’avais écrites quelques jours auparavant. On espère que les spectateurs vont aller vérifier que les Russes sont capables de produire un bon film par an.

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Kill Bill : volume 1

Lundi 8 décembre 2003

Réalisé par Quentin Tarantino

Sorti au Canada, en République Tchèque, en Slovaquie, aux États-Unis et au Royaume-Uni le 10 octobre 2003

Sorti en France le 26 novembre 2003

Il paraît que Quentin Tarantino est intelligent. Enfin, il sait au moins se servir d’une caméra... N’empêche que, le jour où il se prendra de passion pour autre chose que les films de castagne, il nous donnera peut-être un film qu’on aura envie de regarder. Moi, avec Kill Bill, j’ai dormi la moitié du temps. Des films sur les combats de sabre, on en a eu une bonne trentaine depuis le début de l’année, y compris les deux Matrix (dont le dernier s’est tapé le bide du siècle), alors ça commence à bien faire.

Au fait, j’estime du dernier mauvais goût de faire de Lucy Liu une Japonaise, vu qu’elle est chinoise, et que les Chinois haïssent les Japs, à juste titre. Facile à vérifier, qu’elle est chinoise : aucun mot japonais ne peut comporter la lettre « L ». Phonétiquement, là-bas, le « L » se prononce comme le « R », et on emploie toujours le « R » dans la transcription en alphabet latin.

Pour me venger, je vais écrire un spoiler, pas plus tard que dans cinq minutes. Et pour me détendre, je commence un cycle de textes sur les films dédaignés par les critiques. Première cible, Empire du soleil, de Spielberg. Tiens ! Justement, ça parle de Chinois et de Japonais.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Bonjour

Mercredi 10 décembre 2003

Réalisé par Yasujiro Ozu

Titre original : Ohayô

Sorti au Japon le 12 mai 1959

Sorti en France le 12 janvier 1994

Demain, regardez Bonjour sur Arte. Vous y constaterez notamment avec quelle élégance on peut traiter un sujet qui frôle parfois la scatologie. C’est Ozu qui a réalisé ce film. Il était l’un des trois plus grands réalisateurs japonais – au temps où il y avait des réalisateurs japonais. À l’opposé des agités de la caméra influencés par la publicité, lui ne bougeait pas l’appareil de prise de vue, et l’installait toujours à 90 centimètres du sol. Ça semble dogmatique comme procédé, mais cette habitude obligeait à une grande rigueur dans la mise en place des acteurs et du décor, et dans les déplacements des personnages.

Il est certain que vous aimerez ça. Il y a dix ans que j’attends le passage du film à la télé.

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A bigger splash

Mercredi 10 décembre 2003

Réalisé par Jack Hazan

Sorti aux États-Unis en octobre 1973

Voir aussi, demain soir sur Arte, A bigger splash, pas mal non plus, sur le peintre David Hockney (il peint surtout des scènes de piscine, avec des beaux garçons nus dedans). Mais je me demande pourquoi on a programmé ce film le même soir que Bonjour, ils n’ont rien à faire ensemble.

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La scatologie dans Bonjour

Mercredi 10 décembre 2003

Quelqu’un me pose une grave question : en quoi Bonjour frôlait-il la scatologie ?

On ne va tout de même pas expliquer ici en quoi Bonjour frôle la scatologie. Chacun sait que je ne raconte jamais les films. Jérôme Garcin ne serait pas content. Mais ce film, par ses cadrages savants et le déplacement des personnages dans le cadre, ressemble beaucoup à un film de Tati (le cinéaste, pas le marchand de fringues). C’est vrai aussi dans le style de la musique.

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Les clefs de bagnole

Jeudi 11 décembre 2003

Réalisé par Laurent Baffie

Sorti en France et en Belgique le 10 décembre 2003

Tous les critiques se sont employés à écrabouiller le film de Laurent Baffie, Les clefs de bagnole. Bien sûr, avec son slogan de l’affiche, Baffie leur a tendu la perche. Le public, lui, est partagé : la plupart des spectateurs s’esclaffent à tout instant, mais il y en a aussi qui partent avant la fin.

Relevé dans le film une enseigne de magasin, L’écailler du cinéma. Je connais un type qui a fait ce calembour il y a déjà pas mal de temps.

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Thirteen

Vendredi 12 décembre 2003

Réalisé par Catherine Hardwicke

Sorti aux États-Unis (Festival de Sundance) le 17 janvier 2003

Sorti en France le 10 décembre 2003

J’ai vu Thirteen ce matin. Déjà, au naturel, je ne peux pas supporter les filles de treize ans. Alors là... Je ne me risque pas à dire que le film est une bouse, mais je suis complètement allergique. Regardez l’affiche, avec ces deux gourdes affublées d’un piercing sur la langue. Vous savez à quoi servent les piercings sur la langue ? Creusez-vous la tête, ma pudeur naturelle m’interdit de préciser.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Innocents

Mardi 16 décembre 2003

Réalisé par Bernardo Bertolucci

Titre original : The dreamers

Sorti en Italie (Festival de Venise) le 1er septembre 2003

Sorti en France le 10 décembre 2003

On se demande si le film est roublard, ou bien sincère et donc très con.

Un élément authentique : Mai-68 a bien commencé en février, quand Malraux, ministre de la Culture, a nommé à la Cinémathèque française (organisme privé, mais subventionné par l’État) un contrôleur financier chargé d’avoir l’œil sur Henri Langlois, le fondateur, animateur et patron, très aimé des cinéastes. Ce qui revenait à lui ôter tout pouvoir. Aussitôt, la quasi-totalité de la profession, et dans le monde entier, a réagi, et les ayant-droits ont décidé d’interdire la projection de leurs films tant que Langlois ne serait pas rétabli comme seul et unique patron. Une énorme manifestation a eu lieu au Trocadéro, avec tous les gens de cinéma présents à Paris, et elle est montrée dans le film de Bertolucci, en bandes d’archives et scènes reconstituées.

L’embêtant, c’est qu’ensuite le film plonge dans l’erreur historique : l’histoire commence lors de cette fameuse manifestation, donc en février. Ensuite, elle se poursuit dans un appartement parisien, avec des jeunes dont les parents friqués partent pour UN MOIS à Trouville (un mois à Trouville en février, brrr). Lorsqu’ils reviennent, tous les événements de Mai-68 ont eu lieu, manifs, allocution de Pompidou, slogans partout, voitures incendiées, grève générale suggérée dans le film par les tas d’ordures qu’on ne ramassait plus, etc., tous événements qui ont eu lieu entre le 13 et le 31 mai. Par conséquent, Bertolucci ne sait pas compter : un mois après février 1968, on n’est pas en mai !

Autre bourde, où a-t-il vu qu’on pouvait fumer dans les cinémas français ? Notamment à la Cinémathèque de Chaillot ?

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Le fabuleux destin d’Amélie Poulain

Vendredi 19 décembre 2003

Réalisé par Jean-Pierre Jeunet

Sorti en Italie (Festival de Venise) le 1er septembre 2003

Sorti en France, en Belgique et en Suisse le 25 avril 2001

Pour avoir revu, hier soir à la télé, Le fabuleux poulain d’Amélie d’Estaing, je peux confirmer et expliquer mon peu de goût pour ce film. D’abord, parce que l’auteur fait constamment les pieds au mur : il place sa caméra dans les endroits les plus bizarres possibles, et le moindre mouvement est fait avec une complication que rien ne justifie. On a l’impression de voir un catalogue de ses performances : regardez ce que je sais faire !

Ensuite, parce que les images sont moches. La pellicule semble avoir été trempée dans une teinture orange, c’est assez désagréable à regarder. Notez qu’il y a un progrès, car les précédents films de Jeunet étaient trempés dans la teinture verte. Encore quelques films, et il trouvera la bonne couleur.

Comme c’est la semaine de Noël, je ne dis rien de la musique.

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Après vous...

Lundi 22 décembre 2003

Réalisé par Pierre Salvadori

Sorti en France (Festival de Saint-Jean-de-Luz) le 18 octobre 2003

Sorti en France et en Belgique le 17 décembre 2003

Il existe deux sortes d’histoires, que ce soit au théâtre ou au cinéma : celles où l’auteur, démiurge tout-puissant, crée des événements artificiels pour faire avancer l’action ; par exemple, il ne sait plus que faire d’un personnage, alors il le fait mourir dans un accident. Et celles où l’action avance parce que les personnages font ceci ou cela en fonction de leur caractère. Sans porter de jugement de valeur, on peut préférer la seconde façon de concevoir une histoire.

Ainsi, les comédies de Molière avancent parce que les caractères des personnages centraux sont ce qu’ils sont. Pensez à Tartuffe ou à monsieur Jourdain. Ce qui ne veut pas dire que Molière n’invente pas, à l’occasion, des événements artificiels : la chose lui arrive même assez souvent, quand il ne sait plus comment s’en sortir. Dans ces cas-là, on assiste fréquemment au retour inopiné d’un personnage qui avait disparu depuis des dizaines d’années, comme dans L’avare ou Les fourberies de Scapin, ou à l’intervention quasiment miraculeuse d’un envoyé du roi, comme dans Tartuffe.

Le film Après vous... procède de la « bonne » méthode, et a failli être un bon film. Si, en fin de compte, il ne l’est pas tout à fait, c’est à cause de la manie déplorable d’engager des actrices connues mais qui sont à côté de la plaque. Ici, c’est Sandrine Kiberlain – alors que ses partenaires José Garcia et Daniel Auteuil sont parfaits. Je ne dis pas que c’est une mauvaise actrice, mais il est IMPOSSIBLE de croire que les trois hommes de l’histoire sont fous d’elles au point de faire ce qu’ils font : elle est trop grande (plus grande que ses trois partenaires), d’une maigreur effrayante, affligée d’une vilaine peau malsaine et couverte de plaques, en supplément de son nez en bec d’aigle, et, pour ne rien arranger, elle n’est JAMAIS coiffée, et semble habillée en permanence avec le pull-serpillière qu’Anémone tricotait dans Le père Noël est une ordure. Dans le film, elle joue une fleuriste. Normalement, un magasin de fleurs avec une vendeuse pareille fait faillite en deux mois.

D’ailleurs, et vu que c’est sa tenue dans tous les films où elle joue, je ne comprends pas pourquoi un réalisateur avisé n’exige pas de ses acteurs qu’ils s’habillent et se maquillent conformément au scénario, plutôt que selon leurs caprices ou leurs habitudes dans la vie. Je connais un autre exemple frappant : dans Six feet under, il y a un jeune acteur, nommé Eric Balfour, qui joue Gabe, le petit ami de Claire, durant la première saison ; on l’y voit avec un bouc au menton et un anneau dans chaque oreille. Moi, je veux bien, il interprétait un étudiant perturbé et drogué. Mais j’ai revu cet acteur dans 24 heures chrono, où il jouait un rôle très différent d’agent secret... et il portait le même bouc et les mêmes anneaux dans les oreilles ! Vous n’allez pas me dire que c’est normal, et que le réalisateur n’aurait pas pu lui ordonner d’adopter une apparence tout autre, conforme à son rôle. Ils sont timides, les réalisateurs ?

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Arte, chaîne de merde

Jeudi 25 décembre 2003

À la question qui est sur toutes les lèvres : « Arte est-elle une chaîne de merde ? », voici ma réponse :

 

 

 

 

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Baisse de fréquentation

Vendredi 26 décembre 2003

Ils sont touchants de candeur, ces journalistes. On nous annonce que la fréquentation des salles de cinéma en 2003 devrait baisser d’environ cinq pour cent pour rapport à l’année précédente. Mais c’est depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale que la fréquentation baisse !

Premiers touchés, les films français. On en produit environ deux cents par an, et il n’y en a qu’entre dix et vingt qui ont du succès. Les autres passent très vite à la trappe, s’ils ont moins de 1500 spectateurs dans la semaine de leur sortie, c’est la règle appliquée par les exploitants. En général, ils ont tous été pré-achetés par les télés, mais ils passeront, soit en deuxième partie de soirée, soit jamais.

*

La baisse a commencé bien avant que Canal Plus et les chaînes du câble existent. La vérité, c’est qu’on produit en France trop de films sans se demander si le public aimera ça. Or, contrairement à ce que le public croit souvent, c’est devenu sans risque financier, de produire un film, et l’on ne s’y ruine plus guère : au Centre National du Cinéma, il y a une « Commission d’avances sur recettes » qui, sur présentation d’un dossier, déverse sur les candidats à la production une masse de fric prélevé sur tous les films projetés actuellement (la taxe est de 11 %, c’est énorme) ; tous les films, c’est-à-dire que les films existant, même étrangers, donc surtout hollywoodiens, subventionnent les films français à venir. Et quand je dis que c’est sans risque, c’est parce que cette « avance », qui théoriquement devrait être remboursée une fois que le film ainsi subventionné est sorti, ne l’est pratiquement jamais. Les statistiques ont révélé qu’entre 1960 et 1998, seulement 10 % des avances ont été remboursées.

Résumons : tu vas au cinéma voir Matrix, film étranger. Tu payes ton billet. Le directeur de la salle reverse au CNC les 11 % du prix que tu as payé. Le CNC subventionne qui il veut (principalement des candidats réalisateurs pourvus d’un solide piston). Monsieur « qui il veut » fait un film du genre masturbatoire que personne ne va voir parce que ça n’intéresse que lui. Et il n’a rien à rembourser ! C’est un système ruineux... et unique au monde ! Aucun autre pays n’en a voulu.

Voilà comment la France sort deux cents films par an, dont les 90 % vont au placard.

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Delon dans Le lion

Vendredi 26 décembre 2003

France 2 annonçait pour jeudi soir un téléfilm avec Alain Deux-Lions. On n’a vu qu’un seul lion et un cabot. C’est une escroquerie. Remboursez !

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Distributeurs

Samedi 27 décembre 2003

Accrochez-vous, vous allez rire.

Pour qu’un film soit vu, ça ne suffit pas qu’il ait été fabriqué (par une maison de production), encore faut-il qu’il arrive jusqu’aux salles de cinéma ! L’intermédiaire entre le producteur et l’exploitant, c’est le distributeur, qui se charge de placer les films auprès des directeurs de salles.

Aux États-Unis, il n’existe qu’une dizaine de distributeurs. Par le plus grand des hasards, ces distributeurs sont le plus souvent des filiales des grands studios, donc des producteurs – notez ce détail. Par exemple, Warner Bros., qui est une maison de production, est aussi un distributeur, qui a des agences dans tous les pays qui comptent. À Neuilly siège ainsi Warner Bros-France, qui par exemple fournit Friends aux chaînes de télé françaises. De par leur nombre, rapporté au nombre de films produits, chaque distributeur américain s’occupe d’une grande quantité de films, ce qui le rend d’autant plus puissant.

En Europe, les distributeurs ne sont pas liés aux studios. Mais surtout, il y en a, non pas une dizaine, mais... neuf cents ! Alors que l’Europe entière ne produit qu’environ six cents films par an. Même pas un film par distributeur. C’est un peu comme une armée qui aurait six cent mille soldats et neuf cent mille généraux.

Vous avez compris : les Européens ont organisé un vaste bordel, et sont incapables de distribuer correctement leurs films. Inutile de s’étonner si la culture européenne est ignorée partout...

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Monopolisation des salles

Dimanche 28 décembre 2003

Quelqu’un me demande pourquoi certains films monopolisent les salles, et pourquoi on ne les laisse pas « s’installer ». Il y a deux questions. Répondons dans l’ordre.

Pourquoi certains films monopolisent la majorité des salles ? Parce que les mœurs ont changé ! Les grosses maisons de productions (les « majors »), qui ont investi des sommes énormes dans les films, espèrent, et c’est bien naturel, récupérer leur mise. On voit mal en quoi c’est immoral : comme Belmondo le faisait remarquer dans Léon Morin, prêtre, lorsqu’un agriculteur sème, il espère que ça va pousser ! Qui voudrait perdre de l’argent ? Le cinéma n’a jamais été une entreprise philanthropique, jamais.

Donc, ces maisons de production vont faire le maximum pour donner envie au public d’aller voir ce qu’elles ont produit. Ce n’est pas uniquement un comportement mercantile. Après tout, cette préoccupation touche aussi les artistes : lorsqu’un peintre a terminé un tableau, il ne va pas l’enfermer au fond d’une cave, il espère pouvoir l’exposer, que le public se déplace pour regarder son œuvre, et peut-être l’acheter. Même chose pour un livre, une pièce de théâtre, une composition musicale, etc. Et rappelons au passage que certains grands artistes comme Hitchcock ou Kubrick veillaient de très près à l’aspect commercial de leur film, au point par exemple que Kubrick, pour Eyes wide shut, a fait plusieurs versions de son film, une non censurée pour l’Europe, et une autre avec des caches numériques sur les nus, réservée aux États-Unis !... Il n’avait pas envie qu’on lui applique une quelconque interdiction aux mineurs. Eh oui, on doit prévoir comment réagira le public, et comment réagiront les autorités locales.

Donc, les maisons de production, pour attirer le public, vont faire de la publicité, or cela coûte assez cher. De plus, la publicité est éphémère : un passage à la télé du metteur en scène ou de la vedette ne va pas laisser aux téléspectateurs un souvenir capable de perdurer des mois dans leur mémoire. Autrement dit, il faut que le public aille voir le film très vite ; sinon, un clou chasse l’autre, et deux semaines plus tard, le film sera oublié, parce que d’autres seront sortis entre-temps.

 Il faut par conséquent « sortir » le film dans un maximum de salles, tout de suite et en même temps. Il y a en France 5249 salles de cinéma. Si le producteur en a les moyens, il va charger le distributeur de caser son film un peu partout pour le rentabiliser immédiatement. Ce qui augmente encore les coûts, puisqu’il faut alors « tirer » de nombreuses copies. Sachez qu’une copie d’une durée standard et qu’on n’a pas besoin de doubler ni de sous-titrer coûte 1200 euros, et 2000 euros s’il faut la sous-titrer. Un film comme Le seigneur des anneaux I, dont on a tiré 900 copies pour la sortie, a ainsi coûté une fortune rien que pour la pellicule de ces copies. Il est vital pour lui d’être projeté partout et amorti très rapidement.

Seconde question. Laisser un film « s’installer » ? Mais si j’étais exploitant de salle, jamais je ne laisserais une salle vide aux neuf dixièmes à cause d’un film que personne n’a envie de voir ! Connaissant les frais fixes d’exploitation d’un cinéma (entretien, maintenance, électricité, assurances, salaires), je perdrais de l’argent. Alors, il est bien normal que je le vire au bout de quelques jours, au profit d’un film qui attend une place et qui n’est pas forcément plus mauvais. De plus, je fais plaisir aux spectateurs qui ont envie de se distraire, pas de s’emmerder...

Comment savoir, avant d’attribuer les subventions, si un film sera bon ou mauvais ? D’abord, question de bon sens, en lisant le scénario ! Et en réfléchissant un peu sur les leçons du passé. En fait, on ne peut pas être certain qu’un film sera un succès, mais on peut prévoir s’il fera un bide, les critères d’échec ne manquent pas et sont connus.

Tout ce que je viens de dire ne touche pas à la qualité du film, du moins telle qu’on la conçoit au « Nouvel Observateur », à « Télérama », aux « Inrockuptibles » ou à « Libération ». Il s’agit de considérations objectives sur la production et la distribution.

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Sexy

Lundi 29 décembre 2003

Les filles sont folles. Selon un sondage, elles trouveraient que le Français le plus « sexy » est Vincent Cassel ! Quoi ! Elles ont oublié Vincent Lindon, Richard Anconina et Sim ! Selon moi, la Française la plus sexy est Sandrine Kiberlain. Quoique, jadis, Pauline Carton...

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Succès inespérés

Lundi 29 décembre 2003

Le retour, sorti le 26 novembre, passe toujours dans cinq salles à Paris. Il a eu cette chance, comme Goodbye Lenin !, de trouver un public dès le premier jour. Il faut dire que ce n’est pas du genre insignifiant.

Avez-vous vu, au moins, que L’arche russe passait samedi sur Arte ?

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L’enfant au violon

Mardi 30 décembre 2003

Réalisé par Chen Kaige

Titre original : He ni zai yi qi

Sorti au Canada (Festival de Toronto) le 10 septembre 2002

Sorti en France le 17 décembre 2003

Ce matin, j’ai vu un film chinois, L’enfant au violon, de (et avec) Chen Kaige. Désolé, c’est décevant. Encore une histoire de réussite d’un enfant, et bourrée de clichés. Après la danse, le sport et la littérature, cette fois, c’est la musique. À quand la boxe, la photo, la cuisine, la sculpture, la course automobile, la Starac’, la prostitution enfantine ? Mais je suis un malveillant, c’est sûr.

Demain, j’irai voir l’histoire d’un nain qui hérite d’une gare. Chœur : mais il est fou, ce Jean-Pierre ! Pourquoi il ne va pas voir des films normaux, Le seigneur des anneaux, par exemple ? Oui, pourquoi ?

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Génériques de fin - Delon

Mercredi 31 décembre 2003

D’accord, dans les films, les génériques de fin font suer tout le monde (oui, j’écris « suer », car je ne peux tout de même pas écrire qu’ils font « chier » tout le monde, ça ferait de la peine à mère Teresa, qui certainement me lit au paradis, ou alors, ce ne serait pas la peine d’être Bienheureuse). Vous les devez, ces génériques de fin, aux puissants syndicats états-uniens, et, dans la foulée, leurs équivalents français ont profité de l’aubaine. Sur une durée moyenne de cent minutes, les films grossissent ainsi de six minutes au minimum. Il faut donc six pour cent de pellicule en plus pour chaque copie, et on doit composer une musique spécialement pour soutenir le bouzin, vu que le silence est aussi insupportable ici qu’il l’est à la radio et à la télé. Étonnez-vous que le prix des places suive une courbe logarithmique...

Cela dit, si, comme neuf cent quatre-vingt-dix-neuf personnes sur cent, vous ne lisez pas les génériques de fin, il vous arrive de manquer des perles. Je ne parle pas seulement des blagues que les réalisateurs comme Jerry Lewis, Alain Chabat ou Kevin Smith insèrent dans ces textes en sachant bien que personne ne les verra, mais surtout du comique involontaire produit par certaines mentions.

Ainsi, dans le générique de fin du dernier téléfilm avec Delon, on pouvait lire notamment : « Chauffeur de mademoiselle Anouchka Delon : madame Untel ». Voilà une gosse (je n’ose pas écrire « une pisseuse », car mère Teresa... Non, celle-là, je l’ai déjà faite)... Voilà une gosse, disais-je, qui n’a que douze ans, et on l’appelle « mademoiselle » comme si elle était Jeanne Moreau, et on lui donne un chauffeur, et on mentionne la chose au générique d’un téléfilm du service public.

Moi, je réclame le rétablissement du droit de cuissage au profit de la famille Delon. (Oui, je sais, le droit de cuissage n’a jamais existé, c’est une légende. Mais on pourrait le créer)

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le lundi 5 octobre 2015.