JPM - Films vus - Notules -  Mai 2017

Notules - Mai 2017

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : Après la tempêteUmi yori mo Mada FukakuDe toutes mes forces Braquage à l’ancienneGoing in styleEn amont du fleuveGet out

Personnes citées : Hirokazu Kore-eda – Chad Chenouga – Zack Braff – Marion Hänsel – Olivier Gourmet – Sergi López – Jordan Peele

Après la tempête

Mardi 2 mai 2017

Réalisé par Hirokazu Kore-eda

Titre original : Umi yori mo Mada Fukaku

Sorti en France (Festival de Cannes) le 18 mai 2016

Sorti en France le 26 avril 2017

Le titre original signifie en fait « Toujours plus profond que la mer », et la tempête tient très peu de place dans cette histoire : on n’en parle qu’à la télévision et on ne la voit jamais.

Tout comme dans Still walking, un homme et sa femme, ou plutôt son ex-femme, décident de passer une nuit chez la mère de l’homme, parce qu’un typhon menace. Cette fois, leur fils, un collégien âgé d’onze ans, qui vit avec sa mère séparée, est avec eux. L’homme, Ryota, est un écrivain raté, un père négligent, et il gagne sa vie en faisant le détective privé, un détective pas très honnête, car il accepte de vendre à une femme infidèle, qu’il a pistée, les preuves photographiques de son infidélité, pour lui épargner un divorce à ses torts. L’ex-femme de Ryota est en train de refaire sa vie avec un autre homme, qu’on ne verra jamais, elle attend toujours sa pension alimentaire, et le fils accepte cette situation. Cette nuit de cohabitation ne donnera pas grand-chose, mais, au matin, le typhon est passé sans avoir fait de dégâts.

La mère de Ryota est le personnage essentiel, qui multiplie les allusions lourdes de sens, sans pouvoir changer quoi que ce soit. Si bien que cette histoire, qui n’avance pas, a déçu beaucoup de spectateurs ainsi que quelques critiques, à juste titre, car elle est très inférieure au chef-d’œuvre du réalisateur, Still walking, beaucoup plus cruel. Mais enfin, nul n’a mieux que lui décrit les facettes de la vie familiale.

Très peu de scènes en extérieur, presque tout se passe dans le petit appartement de la mère. Les acteurs sont très bons, et la réalisation est parfaite. En vérité, Kore-eda est le meilleur réalisateur japonais du moment.

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De toutes mes forces

Mercredi 3 mai 2017

Réalisé par Chad Chenouga

Sorti en France (Festival de Valenciennes) le 16 mars 2016

Sorti en France le 3 mai 2017

Le père de Nassim a quitté sa famille dès la naissance de son fils, et l’a abandonné avec sa mère. Lycéen pas très doué pour les études, Nassim n’a qu’un souci : sa mère est toxicomane et cancéreuse. Et, un jour, il la trouve morte. Comme aucun membre de sa famille n’a les moyens de l’accueillir, il est envoyé dans un foyer, où il se sent complètement étranger face à des jeunes déboussolés et parfois violents, confronté aussi à un règlement qu’il trouve trop restrictif de sa liberté. Nassim cache à ses copains habituels sa nouvelle vie, et fait croire qu’il vit chez un oncle.

Mais il finira par s’habituer aux autres pensionnaires et s’y fera quelques amis, dont deux filles, l’une pas farouche, et une autre qui ne pense qu’à ses études médicales. Or celle-ci, qui a échoué à l’examen d’entrée, se jette par la fenêtre et se retrouve à l’hôpital.

L’histoire est racontée avec sobriété, et les deux principaux interprètes, Khaled Alouach et Yolande Moreau, incarnent parfaitement leurs personnages.

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Braquage à l’ancienne

Vendredi 5 mai 2017

Réalisé par Zack Braff

Titre original : Going in style

Sorti aux Émirats arabes, en Argentine, aux Philippines, au Brésil, en Georgie, en Hongrie, au Portugal, aux Pays-Bas, au Pérou et au Koweit le 6 avril 2017

Sorti en France le 3 mai 2017

Sujet cent fois filmé, et remake d’un film du même titre sorti en 1979 : les pensions de Willie, Al et Joe sont réduites à zéro, car leur banque les a floués. Ils décident de faire un hold-up sur cet établissement, et de ne voler que ce qu’on leur a pris. Ils réussissent, bien entendu, puisque c’est une comédie.

Le scénario est bien conçu, ce qui étonne un peu de la part du réalisateur, surtout acteur de télévision, qui n’avait pas fait des étincelles auparavant. Tout repose sur les trois interprètes principaux, épaulés par quelques vedettes qui ne sont plus au sommet. On s’amuse sans honte, car rien n’est bas.

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En amont du fleuve

Lundi 8 mai 2017

Réalisé par Marion Hänsel

Sorti en France (Festival de Montpellier) le 22 mai 2016

Sorti en France le 3 mai 2017

Contrairement à une majorité de spectateurs, je me suis moins intéressé à la fin, dramatisée inutilement, qu’au début, quand on est encore intrigué par cette étrange odyssée sur un fleuve de Croatie, entreprise par deux personnages dont on va vite apprendre que ce sont deux demi-frères et que leur père, très absent de leur vie passée, est mort dans les environs. Les paysages sont en effet aussi étranges que magnifiques, et les deux acteurs, Olivier Gourmet et Sergi López, sont bons, comme toujours.

C’est que l’histoire devient fumeuse à partir du moment où les deux hommes tombent sur un guide, ancien de l’IRA, qui a été l’ami de leur père, lequel faisait du trafic d’armes, et leur révèle que le père s’est suicidé, on ne saura pas pourquoi. Là, on décroche.

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Get out

Mardi 9 mai 2017

Réalisé par Jordan Peele

Sorti aux États-Unis (Festival de Sundance) le 23 janvier 2017

Sorti en France le 3 mai 2017

Il n’est pas surprenant que ce film au scénario et à la réalisation absolument ridicules soit sorti au festival de Sundance, qui accueille tous les films politiquement corrects, sans qu’on se soucie beaucoup de leurs qualités réelles. Cette histoire commence comme une satire du racisme anti-Noirs, avec l’accueil trop cordial du petit ami de Rose, une Blanche, qui, lui, est noir, et que la belle-famille couvre de prévenance. Mais cette belle façade est trop optimiste, et on ne tarde pas à douter, à cause de son excès.

Si on s’en était tenu à la satire, le film eût été passable, mais l’ennui est qu’ensuite, il dérive vers le pseudo-fantastique et le film d’horreur, et cela devient aussi ennuyeux que bête.

Le succès de cette pellicule est inexplicable, et les lauriers que lui a tressés la critique montrent que les auteurs de ces éloges n’ont vu que ce qu’ils avaient envie de voir, comme presque toujours.

Bref, le film a, si j’ose dire, le derrière entre deux chaises, et s’assied donc dans le vide.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le mardi 9 mai 2017.