a JPM - Films vus - Notules - Avril 2018

JPM - Films vus - Notules -  Avril 2018

Notules - Avril 2018

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres citées (e italiques, autres que des films de cinéma) : Marie MadeleineMary MagdaleneCarnivoresLa mort de StalineThe death of Stalin – In the loop – À l’heure des souvenirsThe sense of an ending – The lunchbox – Vent du NordThe riderReady player One – The shining – Madame Hyde – Vol au-dessus d’un nid de coucous – Hair – Amadeus – West side story – La promesse de l’aubeAbracadabra – Blancanieves – The guiltyDen skyldigeLunaLe filsPierre LapinPeter Rabbit – – Les trois Caballeros – Anchors aweigh – Escale à Hollywood – Sonate pour RoosVerdwijnenFoxtrotLa route sauvageLean on PeteNobody’s watchingNadie nos miraMomo

Personnes citées : Garth Davis – Grégoire Ier – Jorge Mario Bergoglio – Jérémie Renier – Yannick Renier – Armando Iannucci – Michael Palin – Viatcheslav Molotov – Ritesh Batra – Walid Mattar – Chloé Zhao – Steven Spielberg – Stanley Kubrick – Philip K. Dick – John Williams – Serge Bozon – Isabelle Huppert – Milos Forman – Éric Barbier – Charlotte Gainsbourg – Pierre Niney – Romain Gary – Jules Dassin – Melina Mercouri – Didier Haudepin – Charlotte Gainsbourg – Pierre Niney – Nemo Schiffman – Emmanuelle Bercot – Pablo Berger – Gustav Möller – Elsa Diringer – Rod Paradot – Florian Zeller – Yvan Attal – Laëtitia Clément – Will Gluck – Boudewijn Koole – Samuel Maoz – Andrew Haigh – Charlie Plummer – River Phoenix – Julia Solomonoff – Sébastien Thiery – Vincent Lobelle

Marie Madeleine

Mardi 3 avril 2018

Réalisé par Garth Davis

Titre original : Mary Magdalene

Sorti au Royaume-Uni le 28 février 2018

Sorti en France le 28 mars 2018

Le principal intérêt de ce film se trouve dans les cartons de fin, juste avant le générique final : on ose y dire que Marie de Magdala (le nom « Marie Madeleine » est totalement absent des évangiles, ce n’est qu’une lubie française) a très arbitrairement été cataloguée en l’an 591 comme prostituée par le pape Grégoire Ier, sans doute aussi misogyne que « saint » Paul, une tache qui fut effacée seulement en 2016 par le pape actuel Jorge Mario Bergoglio, lequel l’a reconnue comme faisant partie des apôtres, ce à quoi le texte des évangiles incite fortement, car elle est constamment présente. Pour le reste, on a pris des libertés avec le texte de la Bible : le dernier repas où a été instaurée l’eucharistie est passé à la trappe, les Romains sont presque absents, et Judas est enfin lavé de l’accusation d’avoir « trahi Jésus », thèse très contestée aujourd’hui, car toute cette histoire est absurde. En revanche, et c’est heureux, on a pris soin de planter les clous de la croix, non pas dans les paumes du condamné, ce qui est invraisemblable et n’a été imaginé que par les peintres de la Renaissance – elles se seraient déchirées à coup sûr –, mais dans les poignets.

Pour le reste, le film bien trop long est surtout composé de gros plans pris avec une caméra portée, et soutenu par une musique trop abondante, qu’on peut juger superflue.

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Carnivores

Mercredi 4 avril 2018

Réalisé par Jérémie Renier et Yannick Renier

Sorti en France le 28 mars 2018

Quand deux frères acteurs, Jérémie et Yannick Renier (et pas « Rénier », comme le prononcent systématiquement les charlots des radio-télés, qui n’ont même pas la politesse de se renseigner sur le véritable nom de leurs invités), veulent devenir réalisateurs et filment l’histoire de deux sœurs actrices, on s’attend à un parcours un peu plus corsé. Or on est déçu, car le résultat de leurs cogitations est faiblard, et tout cela se réduit à la jalousie de celle, Mona, qui a vu sa sœur Samia réussir dans la profession, alors qu’elle-même végète ; jusqu’à ce que la première, malmenée par un réalisateur d’autant plus sadique qu’il la fait jouer dans le Justine adapté de Sade, abandonne le tournage et s’enfuit on ne sait où. Pendant son absence, Mona met le grappin sur le mari de l’autre, élève son fils de sept ans, et parvient à décrocher un rôle que lui offre le même réalisateur sadique. Jusqu’au jour où Samia lui téléphone et lui demande de la rejoindre en Espagne.

S’ensuit alors une bagarre entre les deux femmes, et Mona tue Samia. Puis elle rentre en France et reprend sa place sans rien raconter à personne.

Naturellement, il est fortement question de la triste vie des acteurs qui ne réussissent pas. Mais cet aspect de la question est mineur et n’intéresse guère le spectateur. Formellement, le film est bien réalisé, mais le fond nous laisse indifférents.

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La mort de Staline

Jeudi 5 avril 2018

Réalisé par Armando Iannucci

Titre original : The death of Stalin

Sorti au Canada (Festival de Toronto) le 8 septembre 2017

Sorti en France le 4 avril 2018

Désolé, c’est raté ! Pourtant, le sujet convenait très bien à ce réalisateur de télévision, dont j’avais vu et beaucoup aimé In the loop, en 2009, film que j’avais pu voir avec trois mois et demi d’avance, où il tirait à boulets rouges sur le gouvernement britannique. Ici, les plaisanteries sont très répétitives, et assez lourdes, au point qu’après un début séduisant qui ne dure pas, on finit par s’ennuyer.

À noter la présence d’un membre des Monty Python, Michael Palin, qui joue le rôle de Molotov. Aujourd’hui, il s’est reconverti dans le tournage de films documentaires sur le vaste monde.

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À l’heure des souvenirs

Vendredi 4 avril 2018

Réalisé par Ritesh Batra

Titre original : The sense of an ending

Sorti aux États-Unis (Festival de Palm Springs) le 2 janvier 2017

Sorti en France le 4 avril 2018

Lorsqu’il était étudiant, Anthony Webster a eu un meilleur ami, Adrian Finn, et un premier amour, Veronica Ford, sans que cet amour soit jamais concrétisé. Or ces deux amis décident de vivre ensemble. Anthony leur envoie une lettre venimeuse où il leur souhaite tout le malheur possible, et Adrian se suicide.

Bien des années plus tard, il apprend que Sarah, la mère de Veronica, vient de mourir et lui a légué... le journal intime d’Adrian Finn, alors en possession de Veronica. Mais celle-ci refuse de le lui remettre ! Par ailleurs, Anthony croise par hasard un jeune homme également prénommé Adrian, dont il pense que c’est le fils de Veronica et du premier Adrian. Mais il se trompe, c’était le fils d’Adrian et de Sarah, la mère de Veronica. La mémoire sélective d’Anthony l’a induit en erreur...

Cette histoire n’est donc pas simple, et l’explication vient tardivement, comme de juste. Mais le film est plein de pudeur et de retenue, comme l’était le précédent film du même réalisateur, The lunchbox. Mise en scène et interprétation sont impeccables.

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Vent du Nord

Lundi 9 avril 2018

Réalisé par Walid Mattar

Sorti en France (Festival méditerranéen de Montpellier) le 24 octobre 2017

Sorti en France le 28 mars 2018

Dans le département du Nord, l’usine de chaussures où travaille Hervé est délocalisée en Tunisie, et Hervé se retrouve avec une petite indemnité, qu’il va utiliser en grande partie pour l’achat d’un bateau afin de devenir pêcheur. Mais l’autorisation qu’il a demandée tarde à venir, il fait donc un travail illégal, et la police saisit sa marchandise et son bateau.

En Tunisie, Foued a trouvé un emploi dans l’usine de chaussures qui a récupéré le matériel de l’usine où travaillait Hervé, mais il ne gagne pas assez, et finit même par être renvoyé. Il ne pourra donc pas payer à sa mère les médicaments dont elle a besoin, ni épouser la fille qu’il aimait, car elle le laisse choir.

Les deux personnages ne se rencontrent jamais. Ils sont seulement unis par les ennuis qui leur tombent dessus.

La seule bourde du scénario réside en ce que la femme d’Hervé a suffisamment d’argent pour payer à sa famille des vacances dans un bel hôtel... de Tunisie ! Mais passons...

Le film vise évidemment les systèmes sociaux des deux pays, qui écrasent les pauvres sans aucune humanité.

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The rider

Mercredi 11 avril 2018

Réalisé par Chloe Zhao

Sorti en France (Festival de Cannes) le 20 mai 2017

Sorti en France le 28 mars 2018

Brady, jeune cowboy sioux, a été initié au rodéo par son père, qui n’exerce plus, et il a une telle passion du cheval que même son récent accident (crâne fracassé, et on lui a posé une plaque métallique pour remplacer un os brisé) ne saurait le détourner de cet amour exclusif. Sa mère est morte, son frère aîné est mort, sa jeune sœur est autiste, et il a un ami, Lane, qu’un accident a rendu paraplégique et muet !

Évidemment, si on ne partage pas cet engouement pour un « sport » aussi meurtrier, on reste un peu étranger au film, dont la principale qualité est la sincérité des acteurs principaux, et qui comporte une belle scène où Brady dresse un cheval novice, qu’hélas il va perdre aussi, puisque l’animal s’est gravement blessé avec des barbelés et doit être abattu.

Le film est un documentaire scénarisé sur ces personnages, et la réalisatrice avait tourné un autre film moyennement réussi, Les chansons que mes frères m’ont apprises, qui déjà s’intéressait aux défavorisés.

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Ready player One

Jeudi 12 avril 2018

Réalisé par Steven Spielberg

Sorti aux États-Unis le 11 mars 2018

Sorti en France le 28 mars 2018

Si, contrairement à mes habitudes, je ne colle pas à ce film l’étiquette « À fuir », c’est uniquement parce que la séquence qui pastiche l’un des quatre grands films de Kubrick, The shining, m’a amusé. Pour le reste, cette chose est pire que Minority report, qui nous infligeait une indigestion de trucages numériques, encore que ce film-là bénéficiait au moins d’une bonne idée de départ, trouvée dans une nouvelle de Philip K. Dick, qui était un bon conteur, très imaginatif. Rien de tout ça ici, et l’ennui de ce film trop long a vite fait de vous gagner. Même la musique n’est pas de John Williams !

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Madame Hyde

Vendredi 13 avril 2018

Réalisé par Serge Bozon

Sorti en Suisse (Festival de Locarno) le 6 août 2017

Sorti en France le 28 mars 2018

Avec un nom comme le sien, pourquoi Serge Bozon n’a-t-il pas plutôt choisi comme thème le boson de Hicks ? Il a préféré la géométrie et les cages de Faraday, ce qu’on ne pourrait lui reprocher, car le meilleur de son film est dans une démonstration faite au tableau, où Isabelle Huppert explique à un élève récalcitrant (mais comme dans TOUS les films sur l’enseignement, cet élève, elle va le mettre dans sa poche et en faire son plus chaud partisan) comment trouver le trajet le plus court d’un point à un autre, en passant par un point indéterminé situé sur une droite qui ne les joint pas.

Pour le reste, tout est saugrenu, dans cette histoire d’une femme qui enseigne la physique à des amateurs de rap, le summum étant atteint avec ce très bizarre proviseur, vêtu de couleurs criardes, et cet inspecteur, qui annonce que, « dans cinq ans », il n’y aura plus d’inspecteur pour noter les professeurs, attendu que cette notion sera confiée aux chefs d’établissements – innovation qui, si elle avait lieu, provoquerait la plus belle manifestaton de rue jamais vue dans l’Éducation nationale.

Isabelle Huppert, qui renonce enfin à sa célèbre impassibilité, est totalement à contre emploi. Mais le film, incompréhensible, est distrayant à cause justement de cela.

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Un génie, Milos Forman ?!

Samedi 14 avril 2018

On annonce aujourd’hui que le cinéaste Milos Forman est mort hier, à Prague, à l’âge de 86 ans. Il ne tournait plus de films depuis 2009, où il réalisa un film dans son pays d’origine, avec l’aide de son fils Peter, mais son dernier opus aux États-Unis remontait à 2006. Partout, dans la presse et dans les « réseaux sociaux », on le qualifie de génie, mais il en était très loin. En réalité, Forman a eu un peu de talent avec ses quatre premiers longs métrages, en noir et blanc, tournés en Tchécoslovaquie, mais il s’était exilé aux États-Unis en 1967, et il était tombé dans le commercial et la vulgarité !

Ses films hollywoodiens les plus souvent cités sont Vol au-dessus d’un nid de coucous, Hair et Amadeus. Délabyrinthons un peu.

Vol au-dessus d’un nid de coucous adaptait un roman – que j’ai lu –, parce que la mode était alors de taper sur la psychiatrie, et de montrer des soignants à la limite du sadisme, pour ne pas dire du nazisme. Ici une infirmière-chef torturait les malades, et on allait jusqu’à trépaner un patient pour le faire se tenir tranquille. C’était primaire, mais le public marchait. De ce livre, on a aussi fait une pièce, que j’ai vu jouer à Lille, au Théâtre de la Marbrerie, salle qui n’existe plus.

Hair adaptait une très bonne comédie musicale, dotée d’une musique excellente. Le sujet en était l’opposition à la guerre du Vietnam d’une bande de hippies, qui, sur scène, comptait environ vingt-cinq personnes. Dans son film, Forman avait réduit cette troupe à... quatre membres. En outre, il ne savait pas filmer la danse, et ne faisait que des gros plans de visages, au lieu de montrer les corps. On aurait dû l’obliger à visionner les grandes comédies musicales faites jusqu’alors à Hollywood, depuis les films avec Fred Astaire jusqu’à West side story. Bref, il était incompétent.

Amadeus adaptait aussi une pièce de théâtre, très médiocre, historiquement inexacte, et qui faisait la retape en collectionnant tous les pires clichés sur Mozart. On avait ainsi : Mozart assassiné par le « mauvais compositeur » Salieri, qui, sur son lit de mort, reconnaît cet « assassinat » ; Mozart mort dans la misère ; le corps de Mozart jeté à la voirie ; et Mozart obsédé par l’idée de terminer son Requiem avant de mourir, alors que, de cette œuvre, une simple commande, il se fichait bien et l’avait laissée terminer par son secrétaire. Bref, une collection de sottises – Macron aurait dit « de carabistouilles » –, que la plupart des musicologues ont condamnée, mais que le public a gobée parce qu’il ne savait pas grand chose sur Mozart. Même le titre, « Amadeus », était erroné, puisque Mozart ne s’est jamais appelé ainsi : il se prénommait Johannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus ! J’ai vu son acte de naissance. Mais le mot Amadeus sonnait bien, donc il a été accepté par tous les gogos.

La promesse de l’aube

Samedi 14 avril 2018

Réalisé par Éric Barbier

Sorti en Corée du Sud (Festival de Busan) le 14 octobre 2017

Sorti en France le 20 décembre 2017

Biographie très romancée (par Gary lui-même) d’un écrivain dont la principale caractéristique est d’avoir trompé tout le monde en publiant, après son Prix Goncourt, un second roman, mais sous un pseudonyme, qui lui valut un second Prix Goncourt. À voir ce film un peu trop long et passablement indigeste, on regrette de ne pas voir (ou revoir) le film qu’avait tiré, du même livre, le grand cinéaste qu’était Jules Dassin, avec sa femme Melina Mercouri et le jeune et beau Didier Haudepin. Ici, on a droit à deux acteurs que je n’aime pas, Charlotte Gainsbourg, qui en fait des kilotonnes dans le rôle d’une mère folle, et Pierre Niney, qui certes sait jouer, mais n’est pas charimastique pour un sou.

Le film d’Éric Barbier, qui a été tourné – à grand renforts de trucages numériques – en Hongrie, en Italie, au Maroc, au Mexique et en Belgique, exploite en réalité le fait que les droits du film sont tombés dans le domaine public, et qu’il n’y avait donc plus besoin de payer pour adapter le livre au cinéma.

Rions un peu : parlant du jeune interprète de Romain Gary à quatorze ans, Nemo Schiffman (c’est le fils d’Emmanuelle Bercot), le réalisateur sort le bobard habituel : « On a fait des petits essais, et très vite j’ai su que c’était lui ». Cet énorme mensonge revient dans toutes les propagandes publiées lorsque sort un film !

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Abracadabra

Lundi 16 avril 2018

Réalisé par Pablo Berger

Sorti en Corée du Sud (Festival de Busan) le 14 octobre 2017

Sorti en France le 4 avril 2018

Sur une idée de départ qui en valait une autre dans le domaine de la comédie (une séance d’hypnotisme transforme un macho, désagréable avec sa famille, en homme charmant), on pouvait trouver des péripéties offrant un minimum d’occasion de rire. Mais la sauce ne prend pas, tout est absurde, les séquences incompréhensibles et superflues se succèdent, et la fin, grotesque, sombre dans le désastre. On ne peut pas croire que le même réalisateur était l’auteur de Blancanieves.

J’ai vu le film dans une très grande salle, où nous n’étions que quatre spectateurs. C’était encore trop.

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The guilty

Mercredi 18 avril 2018

Réalisé par Gustav Möller

Titre original : Den skyldige

Sorti aux États-Unis (Festival de Sundance) le 21 janvier 2018

Sortira en France le 11 juillet 2018

Film danois vu avec trois mois d’avance et qui valait le déplacement. Le titre anglais et le titre danois signifient « Le coupable », mais l’identité de ce coupable n’est révélée que peu avant la fin : on croit qu’il s’agit de cet homme qui a enlevé sa femme et l’emmène en voiture on ne sait où, après avoir éventré son propre fils, un bébé, alors que la fin nous apprend que l’homme est innocent et que le véritable coupable – mais d’un autre meurtre – est le policier qui a piloté à distance toutes les recherches, puisque son travail est de répondre au téléphone à tous les appels au secours que lancent les citoyens de Copenhague. En effet, ce policier, Asger Holm, a tué un garçon de dix-neuf ans, qui avait commis on ne sait quel délit impardonnable, et obtenu un faux témoignage de la part d’un collègue ; or il doit comparaître au matin devant un tribunal, où il sera probablement reconnu coupable, car les remords le poussent à demander à son collègue de renoncer à ce faux témoignage.

La mise en scène est minimaliste, puisque jamais on ne sort de la pièce où aboutissent tous les appels téléphoniques, et qu’aucun personnage, ou presque, n’apparaît à l’écran.

La tension est très forte, et le film est court. On peut prévoir un véritable succès quand il sortira en juillet prochain. C’est le premier long-métrage de Gustav Möller, après un court métrage en 2015. Il a aussi écrit le scénario.

En bref : à voir absolument.Haut de la page

Luna

Jeudi 19 avril 2018

Réalisé par Elsa Diringer

Sorti en France (Festival de Montpellier) le 25 octobre 2017

Sorti en France le 11 avril 2018

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Luna, jeune fille de dix-sept ans déjà enceinte et qui doit avorter, assiste, avec ses copains, à une scène révoltante, au cours de laquelle son amant Ruben viole un jeune homme inoffensif, Alex, avec une bouteille. Plus tard, elle retrouve Alex sur le lieu de son travail provisoire, la cueillette des légumes dans un champ appartenant à l’amant de sa mère. Or Alex ne la reconnaît pas, car elle a changé sa couleur de cheveux. Mais lorsqu’elle lui avoue la vérité, il rompt dans un premier temps, avant de revenir sur cette rupture, mais il exige que Ruben lui fasse des excuses, et pour cela, menace le voyou avec un pistolet. Terrorisé, Ruben s’exécute et s’enfuit. Les deux amoureux peuvent alors vivre leur vie.

Le film, un peu bancal, traite donc de l’influence des milieux, et de leur perversité dès lors qu’on craint pour sa réputation éphémère. Le personnage central est évidemment celui de Luna, mais on peut préférer celui d’Alex, très bien incarné par Rod Paradot, plus nuancé (il joue actuellement Le fils, pièce de Florian Zeller, en compagnie d’Yvan Attal, à la Comédie des Champs-Élysées). Quant à l’actrice qui joue Luna, une lycéenne nommée Laëtitia Clément, la réalisatrice nous sert une fois de plus le cliché de TOUS les auteurs de films : « Dès que j’ai vu son premier bout d’essai, j’ai su que c’était elle ». Insistance dans le cliché ridicule.

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Pierre Lapin

Vendredi 20 avril 2018

Réalisé par Will Gluck

Titre original : Peter Rabbit

Sorti aux États-Unis le 3 février 2018

Sorti en France le 4 avril 2018

Adapté d’un roman pour enfants daté de 1902, ce film peut être vu par tout le monde, car la production a été suffisamment futée pour satisfaire tous les goûts. Quant au fait qu’on a mêlé des acteurs réels avec des images de synthèse, il n’est certes pas nouveau, puisqu’on a vu jadis Les trois Caballeros, produit par la firme Disney, et qui utilisait déjà en 1944 cette forme de cohabitation avec les personnages des dessins animés disneyens. Et l’année suivante, c’est Gene Kelly qui, dans Anchors aweigh (en français, Escale à Hollywood), dansait avec Jerry, le compagnon de Tom, la même firme Disney ayant refusé qu’il le fasse avec Mickey, parce que le film était produit par la MGM !

À part cela, rien à dire, le film, très soigné, est efficace.

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Sonate pour Roos

Lundi 23 avril 2018

Réalisé par Boudewijn Koole

Titre original : Verdwijnen

Sorti aux Pays-Bas le 2 mars 2017

Sorti en France le 18 avril 2018

Sans aucun jeu de mots, c’est beau, mais c’est froid (l’action se situe en Norvège, l’hiver, dans un paysage enneigé). Roos, qui a la quarantaine, vient rendre viste à sa mère, professeur de piano et ancienne virtuose, qu’on ne voit jamais au travail, bien qu’elle affirme avoir une douzaine d’élèves. Roos, elle, a abandonné le piano pour devenir photographe, et lorsque ses parents se sont séparés, à huit ans, elle a choisi de vivre avec son père. La mère vit avec seulement son fils de treize ans, Bengt, qui se passionne pour l’enregistrement des sons, et a fabriqué un instrument de musique... en glace. Roos aime beaucoup Bengt, et c’est réciproque, mais la mère et la fille ne s’entendent pas. Or Roos doit révéler à sa génitrice qu’elle est atteinte d’une maladie incurable, dont on ne saura rien de plus.

Le récit est très lent, ne révèle pas grand-chose, et finalement déçoit.

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Foxtrot

Mercredi 25 avril 2018

Réalisé par Samuel Maoz

Sorti en Israël le 28 août 2017

Sorti en France le 25 avril 2018

Film en trois parties, à la fois ambitieux et ambigu, puisque la troisième partie semble contredire les premières : un soldat israélien de dix-neuf ans et demi est annoncé comme ayant été tué au combat, puis l’armée dément, on avait confondu avec un homonyme. Donc il est touhjours vivant. Mais, dans la dernière partie, ses parents parlent de lui comme s’il était réellement mort !

En réalité, le tiers le plus intéressant est le deuxième, qui montre le pseudo-mort avec trois camarades, montant une garde absurde sur une route en plein désert et très peu fréquentée, sinon par deux voitures et... un dromadaire. Désœuvré, les quatre jeunes soldats tuent le temps comme ils peuvent, jusqu’à ce que l’un d’eux, croyant qu’un touriste a lancé par terre une grenade, tue tous les passagers de la voiture. Ne reste plus ensuite qu’à faire disparaître la voiture et ses occupants, en les enterrant.

Évidemment, ce film a été mal reçu dans son pays d’origine... Ce qui, paradoxalement, a renforcé son succès public.

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La route sauvage

Jeudi 26 avril 2014

Réalisé par Andrew Haigh

Titre original : Lean on Pete

Sorti en Italie (Festival de Venise) le 1er septembre 2017

Sorti en France le 25 avril 2018

« Les inrockuptibles » et « Télérama » ont eu le bon goût de s’apercevoir que le jeune acteur de ce film, Charlie Plummer, était une sorte de River Phoenix réincarné : aussi beau, aussi talentueux, doté d’autant de présence. C’est lui qui justifie de voir ce film.

Il tient le rôle de Charley Thompson, garçon de quinze ans (mais parfois, il affirme en avoir seize, ou dix-huit, avec la même vraisemblance) qui serait né sous une mauvaise étoile, car les catastrophes lui tombent dessus : son père, avec lequel il vit seul, n’est pas fiable et finit poignardé par une mari jaloux, qui l’expédie dans l’autre monde ; sa seule famille est sa tante Margy qui, brouillée avec son père, a disparu après un mariage dont on ne saura rien, sinon qu’il s’est conclu par un divorce.

Mais le moteur de cette histoire est la découverte, par Charley, d’un cheval, Lean on Pete, pour lequel, sans l’avoir jamais monté, il se découvre une passion. Or ce cheval n’est pas assez bon pour gagner des courses, et son propriétaire veut le vendre à des Mexicains, qui l’abattront pour en vendre la viande. Aussi Charley prend-il la fuite avec le cheval pour seul compagnon. Mais, autre catastrophe, l’animal est heurté par une voiture, et meurt. Reste au garçon à faire des efforts déespérés pour retrouver sa tante qui, par chance, accepte de le prendre chez elle.

Cette fin est la partie la plus faible de ce film un peu trop long. Mais comme je n’ai pas lu le livre dont il est tiré, je ne peux partager l’opinion défavorable des nombreux critiques qui l’ont estimé « trop fidèle au livre » [sic].

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Nobody’s watching

Vendredi 27 avril 2018

Réalisé par Julia Solomonoff

Titre original : Nadie nos mira

Sorti aux États-Unis (Festival de Tribeca) le 22 avril 2017

Sorti en France le 18 avril 2018

Nicolás est un comédien argentin, et, dans son pays, il a été acteur pour une série à succès, mais il l’a abandonnée afin de tenter sa chance à New York, où, croit-il, il aura de meilleurs rôles. Mais il ne trouve aucun engagement, et gagne un peu d’argent en gardant des bébés. Même le fait d’y rencontrer une productrice influente, naguère rencontrée à Cannes, et qui accepte de lui trouver des auditions, ne donne rien. Finalement, il abandonne et rentre à Buenos Aires, où, probablement, il va renouer avec la série télévisée qu’il avait abandonnée.

Le but du film était de montrer qu’on ne gagne rien à se couper de sa culture d’origine, et qu’on n’y gagne guère que de la solitude. Mais n’est-ce pas évident ? Cette histoire d’un échec – un peu mérité – était bien mince, et, en dépit du charisme de son interprète, n’a guère intéressé le public. Et puis, à quoi bon ces deux scènes de sodomie totalement inutiles, ne visant qu’à confirmer que le personnage est bien homosexuel ?

Une bourde relevée dans les justifications de la réalisatrice : « En Argentine, sous la dictature militaire de Pinochet, on ignorait ce qui arrivait aux gens enlevés ». Ah bon, Pinochet a été le dictateur de l’Argentine ? On croyait qu’il avait sévi au Chili !

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Momo

Dimanche 29 avril 2018

Réalisé par Sébastien Thiery et Vincent Lobelle

Sorti en France le 27 décembre 2017

Adaptation au cinéma d’une mauvaise pièce de théâtre écrite par Sébastien Thiery, qui joue aussi dans ce film, co-réalisé par lui. Tout repose sur un quiproquo inexplicable : un individu sourd s’introduit chez eux et prétend être leur fils, alors qu’ils n’ont jamais eu d’enfant. Le quiproquo se prolonge artificiellement, parce que l’épouse finit par être persuadée qu’il dit vrai, au détriment de toute vraisemblance. Il faut attendre une bonne heure pour avoir l’explication : l’intrus se nomme Priout, alors que les bourgeois s’appellent Prioux ! Ouarf...

Boulette : le sourd vit en couple avec une fille enceinte et aveugle, à laquelle on a imposé de loucher dans toutes les scènes où elle ôte ses lunettes noires ; et c’est assez pénible à regarder pour les spectateurs.

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le mercredi 18 juillet 2018.