JPM - Films vus - Notules -  Mars 2019

Notules - Mars 2019

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres : Les moissonneursDie stropersLe chant du loupKurskStan et OllieStan & Ollie – Atoll K – ExfiltrésGreen BookRebelles – The trouble with Harry – Arsenic et vieilles dentelles – Jo

Personnes citées : Etienne Kallos – Antonin Baudry – Thomas Vinterberg – Jon S. Baird – Stan Laurel – Oliver Hardy – Buster Keaton – Charles Chaplin – Suzy Delair – Emmanuel Hamon – Peter Farrelly – Allan Mauduit – Alfred Hitchcock – Louis de Funès – Simon Abkarian

Les moissonneurs

Mercredi 6 mars 2019

Réalisé par Etienne Kallos

Titre original : Die stropers

Sorti au Canada (Festival de Cannes) le 14 mai 2018

Sorti en France le 20 février 2019

En Afrique du Sud existe ce qu’on appelle le « Free State », région peuplée d’Afrikaners, qui descendent des premiers colons néerlandais, aux dix-septième et dix-huitième siècle, et qui parlent l’afrikaans, langue dérivée du néerlandais, ce qu’ici on identifie tout de suite en entendant prononcer à deux reprises le mot alstublieft (s’il vous plaît). Or ces Afrikaners sont peu aimés, et souvent victimes de meurtres. Aussi se sont-ils repliés sur eux-mêmes (vie familiale, omniprésence de la Bible, prières incessantes). La famille qui est au centre du film est bâtie sur ce modèle : père rigoriste, mère qui veut vivre selon le mode chrétien, quatre enfants dont trois petites filles et le jeune Janno, gentil, assez naïf, et qui commence tout de même à se poser quelques questions.

Or la mère a recueilli un jeune garçon, Pieter, de l’âge de Janno, fugueur et drogué, et l’impose à ses propres enfants. Mais ce Pieter a une mauvaise influence sur son frère adoptif, il fume et se prostitue. Les conflits ne tardent pas, et l’évolution de Janno se fait dans le mauvais sens, puisqu’il finit par comprendre qu’il n’a aucune place dans cet univers, et par mourir dans l’incendie de la plantation familiale de maïs. Ne reste plus aux parents qu’à faire de Pieter un Janno de remplacement !

Tout n’est pas clair dans ce récit, qui néanmoins n’ennuie jamais, car les deux garçons s’avèrent intéressants, au contraire des deux parents, qui ne sont que conformistes.

Il n’y a aucune musique, ce qui nous évite pas mal de désagréments.

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Le chant du loup

Vendredi 8 mars 2019

Réalisé par Antonin Baudry (Abel Lanzac)

Sorti en France (Première à Paris) le 17 janvier 2019

Sorti en France le 20 février 2019

Non, tout le film ne se passe pas dans un sous-marin ! Beaucoup de scènes se déroulent sur terre. Mais son intérêt est ailleurs.

D’abord, les acteurs ; un surtout. En effet, si le personnage de François Civil domine cette histoire, c’est parce que l’acteur est, non seulement un bon comédien, mais aussi l’acteur le plus beau du cinéma français depuis Alain Delon. Ici, il tient le premier rôle, celui d’un garçon capable de reconnaître n’importe quel son, y compris si l’hélice d’un sous-marin comporte quatre pales au lieu de trois ! C’est même sa fonction à bord du sous-marin où se passe la majeure partie de cette intrigue à suspense, débouchant, à la suite d’une erreur, sur un risque de guerre atomique entre la France et la Russie. Cerise sur le gâteau, ce jeune homme va jusqu’à être capable de trouver le mot de passe lui permettant de fouiller dans les archives de la Marine, et cela, en écoutant le bruit des touches d’un ordinateur, frappées par son supérieur dans la pièce voisine ! Il y a aussi, très en dessous, Réda Kateb et Omar Sy, le second dans un rôle peu vraisemblable et qui ne lui convient pas, celui d’un commandant de sous-marin lanceur d’engins. Mais que dire de Mathieu Kassovitz en amiral, qui, à l’épilogue, sacrifie sa vie pour sauver celle d’un simple technicien ? Et puis, cette histoire d’amour assez nunuche entre le héros et une fille qui travaille aux archives de la Marine ne semble être là que pour humaniser un peu ce scénario trop masculin...

Autres défauts criants : une musique envahissante, et surtout un nombre absolument insensé de gros plans sur les visages des personnages ! Ajoutons à cela que la principale faiblesse du scénario réside en ce que l’on ne comprend rien à l’histoire, qui serait sans cela passionnante, mêlant la politique et la technique. En revanche, la qualité du son est la principale qualité de ce film, et elle se remarque dès le début.

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Kursk

Samedi 9 mars 2019

Réalisé par Thomas Vinterberg

Sorti au Canada (Festival de Toronto) le 6 septembre 2018

Sorti en France, en Belgique et en Suisse le 7 novembre 2018

C’est bien à tort que la plupart des critiques professionnels ont tapé sur ce film, sous le prétexte que les dialogues sont en anglais. C’est oublier que tous les films produits par Luc Besson parlent l’anglais, afin d’être distribués à l’étranger. On lui a également reproché d’oublier la dimension politique de cette histoire, or l’épilogue critique fortement le pouvoir russe, qui a repoussé les offres des autres pays, France, Allemagne, Israël, Italie, Norvège et même États-Unis, pour ne pas laisser les étrangers approcher de leurs sacro-saints secrets d’État. Résultat : tous les marins sont morts ! Et le dégoût que doit inspirer cette attitude inhumaine est exprimé dans l’avant-dernière scène, quand l’amiral russe, venu présenter ses condoléances aux familles des victimes en serrant la main à leurs enfants, se voit refuser sa poignée de main par un enfant, puis par ses camarades de deuil, et bat en retraite.

Ce qui manquait au film vu hier, Le chant du loup, qui ne montrait aucune compassion, est bien présent dans Kursk.

Le dossier complet de cette lamentable affaire est ICI.

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Stan et Ollie

Lundi 11 mars 2019

Réalisé par Jon S. Baird

Sorti au Royaume-Uni le 21 octobre 2018

Sorti en France le 6 mars 2019

Je place très haut Stan Laurel et Oliver Hardy, au même niveau que Buster Keaton, et surtout, bien plus haut que Chaplin, qui, certes, était capable de faire rire, mais noyait ses histoires dans une pénible sentimentalité plus que poisseuse.

Ce film raconte la fin de leur carrière, alors qu’espérant tourner un film sur Robin des Bois (après le catastrophique Atoll K, tourné en France avec Suzy Delair), ils se sont lancés dans une tournée sur scène, en Angleterrre. Or cela ne marche pas, notamment parce que Hardy est malade. Et aussi, parce que le public les a oubliés (nous sommes en 1957), malgré leurs 107 films : 32 courts métrages muets, 40 courts parlants, 23 longs métrages et 12 apparitions, et malgré le fait que l’avènement du cinéma parlant ne leur a nullement nui.

L’interprétation est très bonne, et le récit est authentique.

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Exfiltrés

Mardi 12 mars 2019

Réalisé par Emmanuel Hamon

Sorti en France (à Paris) le 25 février 2019

Sorti en France le 6 mars 2019

Sylvain, un infirmier qui fait partie de l’équipe d’un chirurgien réputé, vit en couple à Paris avec une femme noire, Faustine, et en a un petit garçon, Noah, âgé de cinq ans. Or cette femme, convertie à l’islam, décide sans explications de partir pour la Syrie, « pour aider », prétendra-t-elle. Mais, une fois sur place, elle tombe aux mains des terroristes de l’État islamique, qui la séquestrent et enseignent à son fils le maniement des armes à feu. Faustine prend alors conscience de sa sottise et aimerait revenir à Paris, mais échappe-t-on à l’État islamique ? Son mari tente vainement de faire agir les services secrets français, mais n’y parvient pas, car ils refusent de risquer la vie de plusieurs de leurs agents pour tirer d’affaire une femme qui s’est mise elle-même dans le pétrin (il est vrai que son enfant s’y trouve aussi). C’est alors le patron de Sylvain, le chirurgien, qui, par téléphone, va mettre sur l’affaire son propre fils, Gabriel, lequel vit en Turquie, connaît bien la région et y compte des amis.

Les principaux interprètes sont très bons (Finnegan Oldfield parle l’arabe), mais la réalisation est assez insatisfaisante, car elle abuse du gros plan en caméra portée. Le scénario également, qui n’évite pas les erreurs, comme le fait qu’Adnan, le jeune Syrien qui accepte d’aider les Français mais ne peut sortir du pays puisqu’il n’a pas de passeport, réussit à gagner la France, muni du passeport de Gabriel, qui... prend le même avion que lui ! Autre faiblesse, le dialogue : les personnages ne cessent de dire « Ça va ? » ou « C’est compliqué », et cela devient vite agaçant.

Néanmoins, l’histoire est assez forte pour que l’on passe sur ces inconvénients.

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Green Book

Vendredi 15 mars 2019

Réalisé par Peter Farrelly

Sorti au Canada (Festival de Toronto) le 11 septembre 2018

Sorti en France le 23 janvier 2019

Le Green Book du titre, c’est un fascicule qui veut enseigner aux Noirs des États-Unis en 1962 à voyager sans risques, en évitant les endroits où ils sont mal vus, surtout dans le sud du pays. Or, ici, le Noir en question, bien que virtuose du piano et reçu partout dans les salles de concert, n’a seulement pas le droit d’utiliser les toilettes de l’hôtel où il réside pour la nuit ! Heureusement, il a choisi pour chauffeur un videur de boîte de nuit d’origine italienne, qui n’est pas raciste et s’avère capable, non seulement de le protéger, mais même d’aller en prison pour cela. Bien entendu, les deux hommes, qu’au départ tout oppose, vont devenir les meilleurs amis du monde.

C’est là que gît la faiblesse du film : on devine chaque péripétie de cette histoire, parce qu’on anticipe ce que le pays va devenir au fil des années.

Mais enfin, cette avalanche de bons sentiments ne nuit pas au film, qui reste d’essence généreuse.

À noter que ce pianiste noir, formé dans sa jeunesse pour jouer des œuvres classiques, a fait à sa communauté supposée la concession de ne jouer que du jazz, parce que les grands compositeurs n’intéressent pas les gens du peuple. Or il se trompe, puisque, réfugié dans un bar où on ne trouve que des Noirs, par défi, il se met à jouer l’Étude numéro 11 de Chopin, et tout le monde l’acclame.

L’interprétation des deux personnages principaux, y compris celle du chauffeur italien par un acteur danois, est parfaite.

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Rebelles

Lundi 18 mars 2019

Réalisé par Allan Mauduit

Sorti en France (Festival de l’Alpe d’Huez) le 17 janvier 2019

Sorti en France le 13 mars 2019

L’une des très rares comédies françaises qui font encore rire, sur un thème souvent utilisé au cinéma : le cadavre qu’il faut absolument cacher. On l’avait vu dans The trouble with Harry, d’Alfred Hitchcock, dans Arsenic et vieilles dentelles, et même dans Jo, un film avec Louis de Funès, film bien oublié. Certes, les gags sont plutôt épais, voire très gras, mais les trois actrices et Simon Abkarian s’en donnent à cœur joie. Et on ne fait aucune incursion dans l’univers des bourgeois, ce qui est devenu exceptionnel dans le cinéma français !

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le lundi 18 mars 2019.