JPM - Films vus - Notules -  Avril 2019

Notules - Avril 2019

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres (en italiques, autres que des films de cinéma) : SynonymesTel Aviv on fireLes feux de l’amourLa lutte des classesGentlemen cambrioleursKing of ThievesL’homme qui a surpris tout le mondeChelovek, kotoryy udivil vsekhMon inconnueRaoul TaburinAlpha - The right to killTu pug imatuy – Kinatay – Le cercle des petits philosophesVictor et Célia

Personnes citées : Nadav Lapid – Sameh Zoabi – Michel Leclerc – Tom Lévy – James Marsh – Natalya Merkulova et Aleksey Chupov – Hugo Gélin – Pierre Godeau – Jean-Jacques Sempé – Édouard Baer – Benoît Poelvoorde – Brillante Mendoza – Rodrigo Duarte – Lino Brocka – Cécile Denjean – Pierre Jolivet

Synonymes

Lundi 1er avril 2019

Réalisé par Nadav Lapid

Sorti en Allemagne (Festival de Berlin) le 13 février 2019

Sorti en France le 27 mars 2019

Film prétentieux, sans queue ni tête, aux dialogues constamment ridicules, et dont les scènes s’éternisent. A reçu inexplicablement l’Ours d’or du meilleur film à Berlin. Tout aussi inexplicable, le comportement des personnages, à commencer par celui qui occupe le centre et manifeste une folie permanente.

Pour ne rien arranger, beaucoup de séquences sont filmées à la caméra portée, selon la mode du moment. Mais il paraît que cette caméra tremblante se justifie par le désir de « coller au point de vue du héros, alors en perte de repères ». Plus simplement, la réalisation était fauchée, n’avait qu’une caméra bon marché, et l’équipe ne se composait que du réalisateur, de l’acteur, du chef-opérateur et du preneur de son !

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Tel Aviv on fire

Jeudi 4 avril 2019

Réalisé par Sameh Zoabi

Sorti en Italie (Festival de Venise) le 2 septembre 2018

Sorti en France le 3 avril 2019

Une comédie sur la réalisation d’un feuilleton imitant vaguement Les feux de l’amour, intitulé Tel Aviv on fire, tourné et diffusé en Israël, dont le tournage a lieu à Ramallah. Le personnage central, Salam, est palestinien, mais doit chaque matin traverser la frontière en passant par un poste gardé par des Israéliens. Il porte d’ailleurs un te-shirt sur lequel est inscrit en arabe le titre dudit feuilleton (le nom Tel Aviv, en arabe, se prononce « Tèl Abib », au cas où vous l’ignoreriez). Or Assi, l’officier israélien qui commande ce poste, connaît le feuilleton, et critique son contenu, mais Salam, pour éviter d’être importuné, prétend en être le scénariste, alors qu’il est uniquement préposé aux corvées réservées à un sous-sous-assistant ! Si bien qu’Assi, se prenant pour un scénariste, modifie peu à l’histoire. Et Salam également.

Le cadre du feuilleton et de ses admirateurs permet de railler à peu de frais ces derniers et les réalisateurs qui se chargent de le fabriquer au jour le jour. Évidemment, c’est caricaturé, tant dans la mise en scène que dans le jeu des acteurs. Et toute l’histoire devient... n’importe quoi !

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La lutte des classes

Lundi 8 avril 2019

Réalisé par Michel Leclerc

Sorti en France (Première à Paris) le 17 mars 2019

Sorti en France et en Belgique le 3 avril 2019

Comédie de Michel Leclerc, cinéaste de gauche qui s’est déjà signalé par plusieurs réussites. Ici, Sofia, avocate d’origine maghrébine, et Paul, anarchiste et batteur dans un groupe de punk-rock (ne ratez pas la chanson J’encule le pape), désirent que leur fils Corentin (brillamment joué par Tom Lévy, qui fait ici son premier film, est épatant et ira loin), constatent que beaucoup des copains de classe de Corentin ont quitté leur école publique de Bagnolet pour être placés par leurs parents dans une institution catholique, où l’enseignement est meilleur, si bien que Paul tente de tricher sur son adresse réelle afin de le placer aussi dans la même institution catholique. Mais il est pris sur le fait, et doit ramener son fils dans son école d’origine, car Corentin, sans ses copains, se sentait seul.

Dialogue brillant, scènes comiques, personnages pittoresques (aucun méchant dans cette histoire, aucun misérabilisme, aucun vendeur de drogues), mais un conflit conjugal, car Sofia a jugé que Paul trahissait ses idéaux de jeunesse, devenus quasiment impossibles à réaliser. Heureusement, tout semble s’arranger à la fin, quand l’école publique, ébranlée par des travaux de mise en conformité pour renforcer sa sécurité, s’effondre en partie !

On rit beaucoup, et le film n’est pas trop long – qualité qui se fait rare.

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Gentlemen cambrioleurs

Mardi 9 avril 2019

Réalisé par James Marsh

Titre original : Kings of thieves

Sorti au Royaume-Uni le 12 septembre 2018

Sorti en France le 27 mars 2019

Que deviendrait le cinéma (et la télévision) si un mouvement mondial en faveur de l’honnêteté apparaissait ? Ces industries disparaîtraient totalement ! Ce film, en effet, et comme des centaines d’autres, n’existerait plus. Le spectateur a donc droit à l’annonce initiale : « Basé sur des faits réels ». Mais ce n’est plus que de la publicité raccoleuse, et le public commence à en avoir assez de cette retape incessante, qui n’ajoute rien à la valeur des films vus.

Ici, en effet, le cambriolage d’une banque à Londres a réellement eu lieu, en avril 2015, et fut dit-on, le plus fructueux pour les voleurs... et pour la presse qui en fit évidemment les gros titres, afin de mettre en exergue l’ambition du coup et son organisation, et le fait qu’il fut exécuté par des vieillards retirés de la délinquance, lesquels, néanmoins, se firent prendre par la police.

Mais enfin, on a l’impression d’avoir déjà vu tout cela.

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L’homme qui a surpris tout le monde

Mercredi 10 avril 2019

Réalisé par Natalya Merkulova et Aleksey Chupov

Titre original : Chelovek, kotoryy udivil vsekh

Sorti en Italie (Festival de Venise) le 4 septembre 2018

Sorti en France le 20 mars 2019

Ce couple de réalisateurs a situé en Sibérie ce film sans musique et sans beaucoup de dialogue, puisque le personnage central parle peu et n’explique jamais pourquoi, homme marié et père d’un fils, il choisit, après la révélation qu’il est atteint d’une tumeur qui ne lui laisse que deux mois à vivre, décide d’abandonner son travail de garde-chasse et de s’habiller en femme.

Évidemment, dans la Russie très homophobe d’aujourd’hui, c’est mal vu. Son fils se fait tabasser par ses copains, puis c’est lui-même qui y passe dans la forêt, où une demi-douzaine de gros ploucs sexistes poussent l’un des leurs à le violer.

La fin n’est pas moins étrange : sa femme Natalia vient le récupérer, le lave, le soigne, puis l’envoie à l’hôpital, où le scanner montre qu’il n’a plus de tumeur !

Une telle histoire ne peut être conçue dans un pays comme le nôtre, où l’homophobie a beaucoup reculé, mais elle serait encore possible dans certains pays arabo-musulmans, où le fanatisme religieux est plus que présent.

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Mon inconnue

Jeudi 11 avril 2019

Réalisé par Hugo Gélin

Sorti en France (Festival de L’Alpe d’Huez) le 18 janvier 2019

Sorti en France le 3 avril 2019

Mélange de fiction surnaturelle et de fantaisie, ce film d’un réalisateur peu coté raconte comment, par on ne sait quelle cause, deux amoureux de toujours, Raphaël, romancier improductif, et Olivia, pianiste, et qui se sont mariés, se trouvent totalement séparés : Raphaël se retrouve seul et inconnu, avec un seul ami, tandis qu’Olivia est devenue une pianiste célèbre. Après bien des tribulations assez fantaisistes, ils se retrouveront à la fin, et dans leur état initial.

C’est assez drôle, surtout grâce aux deux acteurs masculins, qui ont un dialogue très bien imaginé.

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Raoul Taburin

Mercredi 17 avril 2019

Réalisé par Pierre Godeau

Sorti en Suisse (Festival de Zurich) le 3 octobre 2018

Sorti en France le 17 avril 2019

Un film charmant, d’après le non moins charmant Sempé : Raoul Taburin est un réparateur de bicyclette, très compétent et apprécié de tous dans son village de la Drôme. Mais il cache un lourd secret : il n’a jamais pu tenir en équilibre sur un vélo ! Pourtant, le hasard et une série d’incidents l’ont fait passer pour un cycliste d’exception, si bien qu’un photographe professionnel vient le photographier sur les lieux. Ils deviennent amis. La suite est une fantaisie, qui ne s’essoufle un peu que dans le dernier tiers du film.

Édouard Baer et Benoît Poelvoorde sont épatants, les deux villages sont beaux, et certains trucages sont vraiment amusants. Quant à la voix du récitant, elle enrichit plutôt le conte, au contraire de ce qui se produit d’ordinaire. Et puis, un film sans téléphone mobile, que c’est reposant !

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Alpha - The right to kill

Vendredi 19 avril 2019

Réalisé par Brillante Mendoza

Titre original : Tu pug imatuy

Sorti aux Philippines (Festival de Manille) le 9 mars 2017

Sorti en France le 17 avril 2019

Ce « droit de tuer » accordé à la police des Philippines, s’il est moralement discutable, peut néanmoins se comprendre : le trafic de drogue fait des ravages dans ce pays (dont le très contesté président Rodrigo Duarte, qui a déclaré lors de sa campagne « Oubliez les droits de l’homme, si je deviens président, ça va saigner », encouragerait plutôt la méthode forte !).

Le récit, basé sur des personnages imaginaires mais très vraisemblables, oppose un policier et un trafiquant. Leurs motifs sont évidemment différents, mais tous deux y laisseront la vie, le premier étranglant le second avant d’être abattu par la bande des trafiquants, qui ne manquent pas d’ingéniosité, puisqu’ils utilisent même... des pigeons pour livrer leur marchandise !

Nous voyons peu de films philippins, et le maître de ce cinéma, Lino Brocka, est mort en 1991. Il possédait un énorme talent, et il était près du peuple. Mendoza semble voir prendre sa succession, mais il est inégal, et a signé quelques horreurs, comme l’épouvantable Kinatay, en 2009.

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Le cercle des petits philosophes

Lundi 22 avril 2019

Réalisé par Cécile Denjean

Sorti en France le 17 avril 2019

Écranisation d’une émission de télévision du même titre, diffusée le 6 février 2018, dans une version plus courte, 55 minutes. Ce film a été porté aux nues par la quasi-totalité des critiques professionnels et une majorité de spectateurs, qui ont tous loué la spontanéité des enfants qui sont vus ici, filmés dans deux écoles de la région parisienne.

Navré, mais le personnage central, Frédéric Lenoir, qui fait profession de philosophe et a créé un site Internet pour illustrer ses activités, est envahissant, et presque tous les propos tenus par les enfants sont d’une platitude qui incite à penser que le tournage de ce film ne s’imposait pas vraiment, sinon pour faire de la publicité à ses livres, dont on nous dit qu’ils sont traduits dans une vingtaine de langues.

Lenoir est venu aussi parader à la télévision, dans Quotidien sur TMC. Thème : pourquoi attendre que les jeunes soient en classe de terminale pour les inciter à réfléchir ? C’est très louable, mais le résultat à l’écran ne convainc guère qu’il faille se hâter !

Une remarque : on a cité partout, dans les radio-télévisions, cette phrase qu’aurait prononcée l’un des enfants : « Je suis content que Socrate soit d’accord avec moi ! ». Or elle n’est jamais prononcée dans le film. En revanche, une phrase très fâcheuse est prononcée par un autre, quand il dit que l’homme descend du singe. Or c’est une stupidité colportée partout, que la science a démentie depuis longtemps, mais que le grrrrrand philosophe qui dirige les débats ne pense pas à rectifier.

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Victor et Célia

Mercredi 24 avril 2019

Réalisé par Pierre Jolivet

Sorti en France le 24 avril 2019

Petite comédie assez insignifiante, mais bien jouée, sur deux amis qui veulent monter un salon de coiffure dans le local d’une ancienne quincaillerie. Naturellement, les obstacles – légaux, financiers, sentimentaux – s’accumulent, sinon il n’y aurait pas de film.

C’est court, donc vite consommé, assez caricatural, et oublié aussi rapidement.

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le mercredi 24 avril 2019.