JPM - Films vus - Notules -  Juillet 2019

Notules - Juillet 2019

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres : Le fils – Made in ChinaTogether aloneFace à la nuitLe voyouJoel, une enfance en PatagonieAu bout des doigts

Personnes citées : Alexander Abaturov – Julien Abraham – Frédéric Chau – P. J. Castellaneta – Wi-ding Ho – Claude Lelouch – Quentin Tarantino – Carlos Sorín – Ludovic Bernard – Lambert Wilson

Le fils

Mardi 2 juillet 2019

Réalisé par Alexander Abaturov

Titre original : Syn

Sorti en Allemagne (Festival de Berlin) le 28 février 2018

Sorti en France le 29 mai 2019

Dans ce film très court (une heure et onze minutes), le réalisateur raconte la mort de son cousin Dima, enrôlé dans une unité spéciale des forces russes, les Spetsnaz, où l’on enseigne aux jeunes recrues, apparemment toutes volontaires, à déifier littéralement leur image de combattants. La vie y est plutôt pénible, mais on ne sent aucune révolte chez ces jeunes, heureux de partir à la guerre « pour tuer », dira l’un d’eux. Leur préparation, assez dure, vise une seule conclusion : obtenir le droit de porter le bérêt rouge, emblème du corps auquel ils rêvent d’appartenir.

Le film ne prend parti à aucun moment, sans doute pour éviter les ennuis qui guettent toute contestation dans ce pays de rêve qu’est la Russie. Mais Dima, dont on apprend à connaître la famille, écrasée de chagrin (leur enfant est mort d’une balle dans la tête), est également pleuré par ses camarades, dont aucun ne remet en question leur mission et leurs conditions d’existence.

On devrait être ému, mais la seule séquence qui peut toucher le spectateur est celle montrant qu’un sculpteur a fabriqué en argile une statue de la victime, qui n’avait que vingt-deux ans. Il faut néanmoins se souvenir que le film n’a pu être réalisé que grâce à la famille du défunt, qui a fait intervenir ses amis, car l’armée russe voyait ce tournage d’un mauvais œil !

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Made in China

Mercredi 3 juillet 2019

Réalisé par Julien Abraham

Sorti en France le 26 juin 2019

Modestement, le film ne tente pas de paraître autre chose que ce qu’il est : une gentille comédie, ciblant les préjugés à propos de la communauté asiatique en France. L’acteur principal, Frédéric Chau, a collaboré au scénario, et tous les acteurs sont bons.

La mauvaise humeur des critiques professionnels n’y fera rien, le film se voit sans aucune arrière-pensée, militante ou autre.

En bref : à voir.Haut de la page

Together alone

Vendredi 5 juillet 2019

Réalisé par P. J. Castellaneta

Sorti en France le 17 mars 1993

Ressorti en France le 26 juin 2019

Le réalisateur quasiment inconnu, après un court métrage en 1986, en noir et blanc, suivi de deux longs métrages (dont le présent film, également en noir et blanc), n’a sorti ensuite qu’un film en couleurs, tout cela sur le thème de l’homosexualité.

Ici, on ne verra que deux acteurs, dans une chambre, la nuit, et qui discutent de leur rapport récent, et qui échangent leurs points de vue sur leur récente liaison d’une nuit, sans préservatif, ce que regrette l’un des deux, alors que son compagnon d’un soir se dit marié et père d’un enfant.

Rien ne se passe, et ils se séparent à la fin, se disant amis, sans qu’on puisse savoir s’ils vont le rester.

Ce n’est pas inintéressant, loin de là, mais le film restera confidentiel, car rien de spectaculaire ne retient l’attention. Nous n’étions que deux spectateurs dans la salle.

En bref : à voir.Haut de la page

Face à la nuit

Mercredi 10 juillet 2019

Réalisé par Wi-ding Ho

Titre original : Xing Fu Cheng Shi

Autre titre : Cities of last things

Sorti en France le 18 juillet 2019

Ce film, censé se passer à Taiwan mais dont une partie a été filmée en Corée du Sud, réutilise une fois de plus le vieux truc du récit en trois parties, racontées dans le désordre. Claude Lelouch, dans son film Le voyou, sorti en 1970, l’utilisait déjà, et Tarantino l’a d’ailleurs repris dans son dernier navet. Autant dire que cette histoire ne retient guère l’attention. Mais, rusé comme on le devine, le réalisateur se doute bien que le spectateur ne marchera pas si facilement, aussi réserve-t-il pour la dernière partie la séquence la plus intéressante, où un garçon de 17 ans, arrêté par la police pour vol de scooter, est confronté à une femme de la génération suivante, qui le questionne en dépit de ses réticences à parler, et finit par lui faire comprendre qu’elle est sa mère, laquelle l’a très tôt abandonné aux soins de sa propre mère à elle. Et c’est lorsque le garçon l’appelle enfin « Maman ! » qu’elle est abattue par un tueur.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Joel, une enfance en Patagonie

Vendredi 12 juillet 2019

Réalisé par Carlos Sorín

Titre original : Joel

Sorti en Argentine le 7 juin 2018

Sorti en France le 10 juillet 2019

L’adoption, vue de très loin, car on ne fournit pas ce qu’en a pensé l’enfant, d’ailleurs assez mal joué par le petit acteur. On a un peu trop forcé sur le scénario, puisque la communauté de cette petite ville, éloignée de la capitale, ne semble peuplée que de parents hostiles au nouvel arrivant, vite accusé d’avoir été un délinquant et un drogué. Tout cela, parce que l’enfant adopté est trop âgé (il a neuf ans, ce qui est inhabituel chez un gosse adopté). À tel point que les parents adoptifs acceptent de le retirer de l’école et de l’envoyer dans un autre établissement, rural et plus modeste, sans qu’on sache ce qui se passera ensuite ! Que ce soit adapté d’un évènement réel n’arrange rien.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Au bout des doigts

Samedi 13 juillet 2019

Réalisé par Ludovic Bernard

Sorti en France (Festival d’Angoulême) le 24 août 2018

Sorti en France le 26 décembre 2018

Le directeur artistique du Conservatoire National de Musique de Paris repère à la gare du Nord un garçon qui joue très bien au piano la Deuxième Rhapsodie Hongroise de Liszt, mais qui, poursuivi par des policiers pour un cambriolage effectué par ses camarades, écopera de travaux d’intérêt général s’il refuse la main tendue de cet homme important, lequel lui offre de suivre des cours gratuits dans son Conservatoire. Tout cela va se terminer par un triomphe du garçon à la Salle Gaveau, puis par un concert à New York.

Le film, bourré d’invraisemblances et de clichés, ne présente aucune surprise, et les bons acteurs qui l’interprètent n’y peuvent rien.

Pour l’anecdote, la publicité nous apprend que Lambert Wilson, qui joue le directeur du Conservatoire, joue lui-même du piano. Il eût mieux fait de prendre aussi des cours de français, cela lui aurait évité de dire « Vous vous rappelez DE ça ? » au pianiste amateur !

Apparemment, le film, trop lisse, n’a remporté aucun succès.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Courrier Plan du site

Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le samedi 13 juillet 2019.