JPM - Films vus - Notules -  Août 2019

Notules - Août 2019

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres : Roubaix, lumière – The wrong man – Le faux coupable – AndyRiver of grassLe mariage de VeridaFlesh outFourmiDeux moiUn jour de pluie à New York

Personnes citées : Arnaud Desplechin – Alfred Hitchcock – Antoine Reinartz – Julien Weill – Alice Taglioni – Vincent Elbaz – Kelly Reichardt – Michela Occhipinti – Julien Rappeneau – Maleaume Paquin – Jean Reno – Pierre Gommé – Cédric Klapisch – François Civil – Woody Allen – Jude Law – Timothée Chalamet

Roubaix, lumière

Lundi 2 septembre 2019

Réalisé par Arnaud Desplechin

Sorti en France (Festival de Cannes) le 22 mai 2019

Sorti en France le 21 août 2019

À Roubaix, ville sinistre et sinistrée, une femme âgée est trouvée morte, étranglée un soir de Noël. Le commissaire Daoud enquête, secondé par son adjoint Louis. On arrête deux voisines, Claude et Marie, toxicomanes, alcooliques, lesbiennes bien que l’une des deux soit mère d’un petit garçon (qu’on ne verra jamais). Elles finissent par avouer, et le film montre tout le déroulement de l’enquête.

Le réalisateur avoue s’être inspiré d’un film très austère d’Alfred Hitchcock, The wrong man (en français, Le faux coupable), en vue de faire disparaître toute tentative de scénariser son histoire et de ne filmer que la réalité d’un fait divers s’étant vraiment déroulé à Roubaix en 2002.

Le film n’a que deux défauts. D’une part, il abuse du gros plan. D’autre part, l’avant-dernière séquence, celle de la reconstitution du crime, dure trois fois trop longtemps. Et puis, il se termine absurdement, par une courte scène où les deux policiers vont assister à... une course de chevaux, ce qui est totalement saugrenu et inutile.

Les quatre acteurs sont excellents, mais on remarque le personnage de Louis, très bien incarné par Antoine Reinartz.

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Andy

Mercredi 4 septembre 2019

Réalisé par Julien Weil

Sorti en France le 4 septembre 2019

Andy, film sorti ce matin, est bâti sur un très mauvais scénario, qui n’a ni queue ni tête. Le seul intérêt de ce pitoyable navet est dans la beauté d’Alice Taglioni qui est la seule à donner un peu d’énergie à cette histoire. Et on peine à croire que Vincent Elbaz, qui tente une carrière d’escort boy (prostitué mâle, pour parler clairement) puisse séduire ses clientes, lui qui apparaît ici plutôt grassouillet. Bref, inutile de se déranger.

Au passage, on remarquera qu’une fois de plus, le titre d’un film n’est constitué que du nom de son personnage principal – ici, son pseudo sur Internet. Quelle imagination ils ont, ces auteurs de films !...

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River of grass

Vendredi 6 septembre 2019

Réalisé par Kelly Reichardt

Sorti aux États-Unis (Festival de Sundance) en janvier 1994

Sorti en France le 4 septembre 2019

Film déprimant, où tout est moche, y compris les personnages et les paysages. C’est la première œuvre d’une cinéaste-scénariste, mettant en scène une fille prénommé Cozy, qui s’est mariée sans amour et ne s’est pas intéressée à ses propres enfants. Elle part en cavale à travers les Everglades, en Floride côté fauché, avec un jeune chômeur qui a trouvé un revolver, et les deux vont errer, voler et tuer.

Rien n’intéresse vraiment, dans ce film. Sa seule qualité de ce film est d’être relativement court, 98 minutes. Depuis, la réalisatrice a fait d’autres films, dont je n’ai vu aucun.

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Le mariage de Verida

Lundi 9 septembre 2019

Réalisé par Michela Occhipinti
Titre original : Flesh out

Sorti en Allemagne (Festival de Berlin) le 12 févsrier 2019

Sorti en France le 4 septembre 2019

Curieux pays que la Mauritanie, où les codes de la beauté féminine sont à l’inverse de ce qu’ils sont dans le reste du monde : pour plaire à leurs maris, les femmes doivent être... grosses ! C’est pourquoi les futures mariées doivent être gavées par leurs familles (le titre anglais signifie « étoffer »). Certaines refusent ce traitement barbare, mais il leur faut alors s’opposer à leurs parents et grands-parents.

Verida se trouve dans ce cas, bien que, hors de sa famille, elle soit plutôt moderne, comme ses copines. Outre cela, elle n’a jamais vu le fiancé que sa mère et sa grand-mère ont choisi pour elle, alors qu’un autre homme lui plairait davantage, mais qu’elle ne peut voir que lorsqu’il vient chez elle, muni de sa balance, afin de la peser !

Les nombreuses scènes de repas forcé (dix par jour, à partir de six heures du matin) sont assez répugnantes, et incitent le spectateur à s’imaginer dans la peau de la malheureuse fille, envers qui sa mère est impitoyable. Au point que la scène de fin, au bord de l’océan, semble suggérer que Verida s’est suicidée.

Le scénario est très efficace, et le film fonctionne bien.

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Fourmi

Mardi 10 septembre 2019

Réalisé par Julien Rappeneau

Sorti en France (Festival d’Angoulême) le 22 août 2019

Sorti en France le 4 septembre 2019

Comme le scénario, tiré d’une bande dessinée espagnole, n’offre aucune surprise (même le dénouement, lorsque le recruteur du club Arsenal revient sur sa décision de ne PAS recruter le jeune Théo, d’abord refusé parce que « trop petit », prétexte inepte), il faut se rabattre sur les acteurs. Or ils sont tous très bons, et les enfants ne sont pas inférieurs à leurs aînés. Il y a d’abord la vedette du film, Maleaume Paquin, déjà vu dans Rémi sans famille, qui joue très bien au football, qui n’est pas si petit, et qui possède un visage très mobile, beaucoup plus expressif que celui de Jean Reno – qui, heureusement, ne joue pas dans le film ! Puis Pierre Gommé, surprenant jeune hacker qui ne sort jamais de sa chambre parce qu’il est allergique à... l’air extérieur.

On s’amuse sans arrière-pensée.

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Deux moi

Lundi 16 septembre 2019

Réalisé par Cédric Klapisch

Sorti en France (Festival d’Angoulême) le 21 août 2019

Sorti en France le 11 septembre 2019

Comme le reconnaît le réalisateur, François Civil n’était pas le personnage, car il est trop sain pour jouer un type dépressif, mais son talent emporte tout.

Léger inconvénient : dès le début, on devine que les deux personnages principaux, qui ne se rencontrent jamais bien qu’ils habitent deux immeubles contigus, font leurs courses dans le même magasin et consultent deux psys mariés, vont s’aimer à la fin de l’histoire. Mais ce thème très ténu est délayé dans une multitude de scènes plutôt drôles, qui font tout passer, jusqu’à évincer l’invraisemblance du scénario.

Bien secondé, Klapisch semble avoir fait oublier ses précédents films, qui n’étaient pas fameux.

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Un jour de pluie à New York

Mercredi 18 septembre 2019

Réalisé par Woody Allen

Titre original : A rainy day in New York

Sorti en Pologne le 26 juillet 2019

Sorti en France le 18 septembre 2019

Après deux ou trois films assez ratés, Woody Allen a redressé la barre, probablement parce qu’il a retrouvé son cher New York. Le film est très agréable, et son dialogue, impossible à résumer, est un festival de répliques plein de drôleries souvent vachardes.

On retrouve avec plaisir et soulagement son goût pour les films anciens et pour le jazz. À noter, cette scène surprenante où la mère très convenable d’un étudiant cossard et pas du tout intéressé par les études lui révèle qu’elle a débuté dans la prostitution !

Deux détails n’ayant rien à voir avec le film lui-même : Jude Law a un petit rôle dans cette histoire, mais il est si bien maquillé qu’on ne le reconnaît pas du tout. D’autre part, le film a été produit par Amazon, or ce nom n’apparaît nulle part dans les deux génériques, car le commerçant a retiré sa signature et refusé de sortir sa production aux États-Unis, pour une histoire ridicule d’accusation de pédophilie envers le réalisateur, pourtant reconnu non coupable par un jugement tout ce qu’il y a de légal. Quel dommage que les deux principaux acteurs ont voulu se dédouaner en rendant leur cachet ! On croyait Timothée Chalamet intelligent, mais, en l’occurrence, il s’est conduit comme un idiot.

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le mercredi 18 septembre 2019.