JPM - Films vus - Notules -  Janvier 2020

Notules - Janvier 2020

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres : Pauvre Georges !BenjaminLe lac aux oies sauvagesNan Fang Che Zhan De Ju HuiL’art du mensongeThe good liarLa véritéLes misérables

Personnes citées : Claire Devers – Grégory Gadebois – Stéphane De Groodt – Diao Yinan – Bill Condon – Hirokazu Kore-eda – Abbas Kiarostami – Asghar Fahradi – Henri-Georges Clouzot – Catherine Deneuve – Jackie Berroyer – Ladj Ly – Victor Hugo

Pauvre Georges !

Mercredi 1er janvier 2020

Réalisé par Claire Devers

Sorti au Canada le 7 novembre 2018

Sorti en France le 3 juillet 2019

Joué par Grégory Gadebois, le personnage principal, Georges, français mais émigré au Canada avec sa femme, enseigne sa langue maternelle dans un collège privé de Montréal, et semble beaucoup s’ennuyer en compagnie de ses collègues. Un soir, en rentrant chez lui, il y trouve un intrus qui écoutait de la musique dans sa chambre : c’est Zach. Après une explication boiteuse de la part de Zach, il décide de s’occuper du garçon, qui n’a que dix-huit ans. Mais celui-ci est rétif, a laissé tomber les études et ne prend rien au sérieux. Autour de Georges, personne ne comprend ses motivations.

Inutile de dire que l’histoire finira mal, et Zack sera tué par un membre de son groupe de jeunes crétins.

Le seul personnage qui semble croire un peu à la sincérité de Georges, c’est son collègue Zweck, joué par Stéphane De Groodt. Mais on ne croit guère à cette histoire, dont aucune péripétie n’est vraiment développée, et les personnages, pas davantage

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Benjamin

Jeudi 2 janvier 2020

Réalisé par Simon Amstell

Sorti au Royaume-Uni (Festival de Londres) le 19 octobrre 2018

Sorti en France le 25 décembre 2019

Encore un film pour lequel le prénom d’un des personnages principaux tient lieu de titre...

Benjamin, dont l’histoire est calquée sur celle du réalisateur, a fait un premier film, dont il n’est pas entièrement satisfait (on le comprend !), et rencontre Noah, un jeune chanteur français dont il tombe amoureux. Noah se laisse aimer. Cependant, des deux côtés, nulle passion, et Noah doit prochainement repartir en France (l’acteur Phénix Brossard est lui-même français).

Les dialogues sont souvent absurdes, et les sentiments sont maladroitement exprimés. Finalement, le spectateur se sent aussi frustré que les personnages.

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Le lac aux oies sauvages

Lundi 6 janvier 2020

Réalisé par Diao Yinan

Titre original : Nan Fang Che Zhan De Ju Hui

Sorti en France (Festival de Cannes) le 10 mai 2019

Sorti en France le 25 décembre 2019

Film chinois absolument incompréhensible, qui ne parvient à se tirer d’affaires qu’en raison de sa mise en scène souvent originale et de ses images.

Tout comme dans le M de Fritz Lang, on a ici une sorte de tribunal composé de truands, qui s’inspire d’une véritable assemblée de voleurs ayant sévi en 2012 et avaient entrepris de se partager la ville.

Bref, l’esthétisme prime sur la compréhension, et cela ne suffit pas.

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L’art du mensonge

Mardi 7 janvier 2020

Réalisé par Bill Condon

Titre original : The good liar

Sorti au Royaume-Uni le 8 novembre 2019

Sorti en France le 1er janvier 2020

Les spectateurs et pseudo-critiques qui prétendent avoir tout compris dès le début sont de fieffés menteurs, donc dignes du titre de ce film ! Bien sûr, on se doute un peu que les deux personnages principaux mentent (eux aussi), mais, si l’homme se démasque assez vite, ce n’est pas le cas de la femme, excellente Helen Mirren qui motive le fait d’aller voir ce film, justement intitulé en anglais The good liar – ce qui pourrait signifier « Le bon menteur », mais tout autant « La bonne menteuse ».

On se régale à ce festival d’arnaques, et le temps passe vite.

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La vérité

Mercredi 15 janvier 2020

Réalisé par Hirokazu Kore-eda

Sorti en Italie (Festival de Venise) le 28 août 2019

Sorti en France le 25 décembre 2019

Le film du grand cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda n’a pas eu le succès remporté par ses autres films, et cela tient sans doute au fait qu’il a cédé à la tentation courante de faire un film à l’étranger et dans une langue dont il ne connaît pas un seul mot. La même mésaventure est arrivée à Kiarostami, dont les deux derniers films, réalisés en Italie et au Japon, étaient notoirement ratés ; et, dans un style moindrement inefficace, au film espagnol d’Asghar Fahradi.

Cela dit, ce serait injuste de critiquer à l’excès La vérité (titre malencontreux, déjà utilisé par Clouzot), qui reste fidèle au thème habituel du cinéaste : les conflits à l’intérieur d’une famille. Ici, Catherine Deneuve incarne ce qu’elle est dans la vie, une actrice célèbre, pourvu d’une fille mariée et mère de famille. Exceptionnellement, il multiplie les personnages gravitant autour de ce personnage principal – on aperçoit même Jackie Berroyer ! –, pas toujours indispensables, et il égare un peu le public en faisant dire que la maison habitée par la vedette Fabienne se trouve à côté d’une prison, or on voit Catherine Deneuve arpentant la rue qui longe la Santé, le Boulevard Arago, très reconnaissable, alors qu’aucune grande maison avec jardin ne se trouve dans ce quartier. Mais peu importe, il fallait bien recréer un décor, même fictif.

Le nombreuses critiques défavorables ont plu sur ce film, et je me permets d’être d’un avis différent, car j’ai bien aimé ce film et ne me suis pas ennuyé une seule seconde, ce qui tend à devenir rarissime. Les nombreuses vacheries énoncées par la vedette sont, elles, très réjouissantes.

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Les misérables

Jeudi 16 janvier 2020

Réalisé par Ladj Ly

Sorti aux Pays-Bas le 29 janvier 2019

Sorti en France le 20 novembre 2019

Il ne s’agit évidemment pas d’une nouvelle adaptation du roman de Victor Hugo, mais d’une histoire originale, située à Montfermeil, et dont les personnages sont des policiers, des habitants de cette banlieue, et des immigrés qui la mettent en coupe réglée. Le personnage principal est le brigadier Stéphane Ruiz, que ses coéquipiers ont immédiatement surnommé « Pento » à cause de sa chevelure.

L’histoire est un peu longue à démarrer, afin de pouvoir installer les innombrables personnages, et l’intrigue se corse quand il s’avère qu’une jeune garçon de cette banlieue a volé... un lion, jusqu’alors pensionnaire dww’un cirque. Des incidents éclatent entre la police locale, qui s’embarrasse peu de la légalité, et les résidents du cru : l’un des policiers a tiré sur le jeune voleur. Mais il est impossible de calmer les jeunes, tous hostiles à la police. Il faudra donc recourir à l’arbitrage d’un chef de gang, seul capable d’une autorité suffisante pour calmer tout le monde.

Il faut préciser que les policiers ne s’entendent pas entre eux, et qu’ils devront, non seulement récupérer le lion volé pour le rendre au cirque, mais aussi inventer une version plausible de toute l’affaire !

Présenter ainsi l’histoire semble relater une histoire comique, mais le scénario, très bien monté, raconte bien davantage que ce résumé, et il est impossible de le résumer. Le film, qui est une nouvelle version d’un court-métrage du même auteur (malien) et réalisé il y a dix ans, sera présenté aux Oscars qui seront décernés le 9 février, et il semble avoir toutes ses chances.

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le samedi 18 janvier 2020.

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