JPM - Films vus à la télé - Ao&ucric;t 2009

Films vus à la télé - Ao&ucric;t 2009

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : Le Ciel peut attendreHeaven can waitRegarde les hommes tomberTriangle – Norme française – Planqué malgré lui – When Willie comes matching home – L’homme qui tua Liberty Valance – Les briseurs de barrage – The dam busters – Enemy Coast Ahead

Personnes citées : Ernst Lubitsch – Samson Raphaelson – Leslie Bush-Fekete – Gene Tierney – Jacques Audiard – Alain Le Henry – Teri White – Mathieu Kassovitz – Jean-Louis Trintignant – Jean Yanne – Didier Haudepin – Henry de Montherlant – Jean Anouilh – Luchino Visconti – John Ford – Richard Sale – Mary Loos – Sy Gomberg – Corinne Calvet – Michael Anderson – R.C. Sherriff – Guy Gibson – Paul Brickhill – Richard Todd

 

Le Ciel peut attendre

Samedi 22 août 2009 - Ciné Cinéma Star

D’Ernst Lubitsch, en 1943. Titre original : Heaven can wait. Scénario de Samson Raphaelson, d’après la pièce de Leslie Bush-Fekete. Durée, 1 heure et 52 minutes. Couleurs (Technicolor), format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 11 août 1943, en France le 28 août 1946.

Le film, qui commence en enfer où le personnage principal est invité à raconter sa vie au diable parce qu’il n’a aucun espoir d’être admis au paradis, retrace, en un seul retour en arrière, la vie d’un séducteur impénitent. La femme de sa vie, qu’il a néanmoins trompée outrageusement, est incarnée par Gene Tierney, qui est éblouissante de classe et de beauté. Cela commence comme une comédie et finit mélancoliquement.

Agréable, quoique un peu long. La seule fausse note est le personnage, par ailleurs très amusant, de la gouvernante française, qui est jouée par... une Suédoise ! Les spectateurs français repèrent très vite l’erreur de distribution. Il n’y avait pas d’actrice française, à Hollywood en 1943 ?

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Regarde les hommes tomber

Lundi 24 août 2009 - Paris Première

De Jacques Audiard, en 1994. Scénario du réalisateur et d’Alain Le Henry, d’après Triangle, roman de Teri White. Durée, 1 heure et 30 minutes. Couleurs, format 1,66:1. Sorti en France le 31 août 1994.

Très coté auprès de la critique, bien plus que son père qui en était méprisé, Jacques Audiard ne tourne que les histoires fournies par d’autres : il affirme ne pas s’intéresser à l’écriture... bien qu’il ait participé à celle de vingt-et-un scénarios ! Le présent film est sa première réalisation, après vingt ans de cette activité qu’il n’aime pas. À ce jour, il a réalisé six films, dont un court-métrage de huit minutes en 1998, Norme française, une commande du ministère de la Santé pour la lutte contre le sida.

J’avoue ne guère aimer son travail, et Regarde les homme tomber, à mes yeux le plus intéressant de sa production, doit beaucoup à ses acteurs. Mathieu Kassovitz joue là son rôle le plus original, celui d’un idiot qui devient tueur à gages pour rendre service à Jean-Louis Trintignant qui, très endetté, n’a plus que ce moyen pour se renflouer. C’est une sorte d’histoire d’amour très progressivement amenée entre deux hommes, qui ne se l’avouent pas, sauf à la fin. Mais Trintignant est abattu par Jean Yanne, qui récupère l’idiot, et tout continue. Tout ce qui concerne le travail de tueur à gages est franchement négligé, et l’on gobe assez difficilement le fait que ce gentil garçon inoffensif devienne si facilement un tueur expert.

Il semble que ce soit surtout un film de producteur avisé. Le producteur, ici, c’est Didier Haudepin, qui fut, enfant puis jeune homme, un acteur très recherché (Montherlant, Anouilh, Visconti). Néanmoins, le film ne résiste pas très bien à une seconde vision.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Planqué malgré lui

Dimanche 30 août 2009 - Ciné Cinéma Classic

De John Ford, en 1950. Titre original : When Willie comes marching home, beaucoup plus drôle que le titre français. Scénario de Richard Sale et Mary Loos, d’après une histoire de Sy Gomberg. Durée, 1 heure et 22 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 17 février 1950, en France, à une date inconnue.

Dans une petite bourgade des États-Unis au nom imprononçable, un jeune homme veut s’engager dans l’armée parce que la guerre vient d’éclater en Europe. Toute la ville en fait son héros, or le héros, ses classes à peine terminées, est envoyé comme instructeur dans un camp à deux pas de chez lui. Bientôt, il fait figure de planqué. Le temps passe, ses réclamations pour être envoyé au front restent sans autre effet que quelques montées en grade et des décorations pour « bonne conduite »... à la caserne. Mais un hasard fait qu’il est enfin envoyé en Europe, parachuté en France et capturé par des résistants, qui le prennent d’abord pour un espion nazi. Heureusement pour lui, un interrogatoire hilarant conduit par le chef des résistants, une femme jouée par Corinne Calvet, les convainc de sa bonne foi. Mieux, ils lui confient une mission : porter à Londres un film qu’ils ont pris à propos des V2 que les Allemands envisagent d’utiliser contre les Alliés. Dès lors, il ne va plus rencontrer que des pontes de l’Armée, qui le trimballent de commission en commission, puis le renvoient aux États-Unis, où, pour l’empêcher de divulguer ce qu’il a appris, on décide de le planquer... chez lui ! Son père le prend illico pour un déserteur, et ne sera détrompé que lorsque la police militaire viendra le chercher pour l’emmener à Washington, où le président des États-Unis veut le décorer de sa main.

Cette histoire abracadabrante montre que John Ford savait tempérer son habituel patriotisme par une bonne dose de dérision, qui n’épargne d’ailleurs pas la Résistance française, montrée sous un jour assez étrange. Ce qui nous vaut une très longue séquence (au moins vingt minutes !) entièrement parlée en français, épisode sans doute unique dans la carrière du réalisateur. Mais aussi, on trouve déjà l’ébauche d’un thème qui resservira douze ans plus tard dans L’homme qui tua Liberty Valance, l’opposition entre légende et vérité historique.

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Les briseurs de barrage

Lundi 31 août 2009 - Ciné Cinéma Classic

De Michael Anderson, en 1654. Titre original : The dam busters. Scénario de R.C. Sherriff, d’après le livre Enemy Coast Ahead de Guy Gibson, et le livre de Paul Brickhill. Durée, 1 heure et 4 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti à Londres le 24 mai 1955, à Paris le 7 mars 1956.

Il s’agit d’une histoire vraie, et le film est tiré de deux livres, dont l’un a été écrit par le lieutenant-colonel d’aviation Guy Gibson, que joue ici Richard Todd. Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, la R.A.F. avait conçu le projet de détruire trois barrages de la Ruhr, en vue d’inonder ce territoire allemand et de priver les nazis d’une partie de leur électricité. Mais les difficultés techniques d’un bombardement étaient inouïes, et le film raconte la préparation du raid et son accomplissement, d’ailleurs couronné de succès.

L’histoire est très bien racontée, sans fioriture, sans histoire d’amour annexe paralysant le récit comme on l’aurait fait à Hollywood, en ne s’écartant jamais du sujet. Ce qui, malgré la longueur relative du film, en fait un spectacle passionnant.

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Dernière mise à jour de cette page le mercredi 19 mars 2014.