JPM - Films vus à la télé - Décembre 2009

Films vus à la télé - Décembre 2009

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : Sur les quaisOn the waterfront – West side story – Lettres d’une inconnueLetter from an unknown womanUn sospiroSylvie et le fantômeLa souris qui rugissaitThe mouse that roared – Bonjour tristesse – À bout de souffle – L’homme qui rétrécit – Les chaussons rougesThe red shoesLa cité sans voilesThe naked cityAnother country – If...

Personnes citées : Elia Kazan – Budd Schulberg – Malcolm Johnson – Joseph McCarthy – Marlon Brando – Karl Malden – Leonard Bernstein – Max Ophüls – Howard Koch – Stefan Zweig – Joan Fontaine – Louis Jourdan – Franz Liszt – Claude Autant-Lara – Jean Aurenche – Alfred Adam – Jean Desailly – Odette Joyeux – François Périer – Jacques Tati – Jack Arnold – Jean Seberg – Michel Powell – Emeric Pressburger – Keith Winter – Hans-Christian Andersen – Anton Walbrook – Ludmilla Tcherina – Jules Dassin – Malvin Wald – Albert Maltz – Marek Kanievska – Julian Mitchell – Lindsay Anderson – Rupert Everett – Guy Burgess – Cary Elwes

 

Sur les quais

Mercredi 2 décembre 2009 - Ciné Cinéma Classic

D’Elia Kazan, en 1954. Titre original : On the waterfront. Scénario de Budd Schulberg, d’après des histoires de Malcolm Johnson. Durée, 1 heure et 48 minutes. Noir et blanc, format 1,85:1. Sorti au Japon le 24 juin 1954, aux États-Unis le 28 juillet 1954, en France le 14 janvier 1955.

Kazan est unanimement considéré comme un réalisateur majeur, mais je n’ai apprécié aucun de ses films, qui m’ennuient. En outre, l’homme lui-même était détestable : il a dénoncé ses collègues cinéastes devant la commission McCarthy, qui faisait la chasse aux communistes, peu avant le tournage du présent film... où il fait l’apologie de la dénonciation ! Certes, son personnage, incarné par Marlon Brando et conseillé par un prêtre catholique joué par Karl Malden, dénonce les responsables d’un syndicat de dockers coupables de maintes exactions, dont quelques meurtres, mais c’est la confiture qui fait avaler la pilule.

Reste une distribution éblouissante et une photographie de grande qualité. On peut faire des réserves sur le jeu de Marlon Brando, qui a toujours été du genre maniéré. La musique est de Leonard Bernstein, grand compositeur qui devait écrire celle de West side story sept ans plus tard.

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Lettres d’une inconnue

Mercredi 9 décembre 2009 - Ciné Cinéma Classic

De Max Ophüls, en 1948. Titre original : Letter from an unknown woman. Scénario du réalisateur et d’Howard Koch, d’après une histoire de Stefan Zweig. Durée, 1 heure et 26 minutes. Noir et blanc, format 1,37/1. Sorti aux États-Unis le 28 avril 1948, en France le 5 novembre de la même année.

Une femme s’éprend d’un homme, a une aventure avec lui, mais il disparaît pendant dix années, et ne saura pas qu’elle a mis au monde leur enfant. Lorsqu’ils se retrouvent par hasard, il ne la reconnaît pas. Constatant qu’elle a aimé un homme futile, et parce que son enfant est mort accidentellement, elle s’enfuit, mais, de l’hôpital où elle est près de mourir, elle lui écrit une lettre, qu’on trouvera après sa mort et qui sera ainsi envoyée à son destinataire. Alors, comprenant qu’il a gâché sa vie et celle des autres, l’homme va vers un duel qu’il comptait fuir pour épargner sa propre vie.

Manifestement, un mélo, qui n’est regardable que grâce au style raffiné d’Ophüls, et à l’adéquation parfaite de Joan Fontaine à son personnage, qui est la douceur et la bonté personnifiées. Louis Jourdan, l’un des rares acteurs français qui aient réussi aux États-Unis, joue le personnage masculin. Mais, à 31 ans, il n’est déjà plus aussi charmant qu’à ses débuts.

À noter que le morceau célèbre de Franz Liszt, Un sospiro, est abondammment utilisé, cependant le générique n’en fait aucune mention.

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Sylvie et le fantôme

Mercredi 16 décembre 2009 - Ciné FX

De Claude Autant-Lara, en 1946. Scénario de Jean Aurenche, d’après la pièce d’Alfred Adam, acteur très connu (107 films et téléfilms, sans compter les pièces de théâtre). Durée, 1 heure et 30 minutes. Noir et blanc, format 1,37/1. Sorti en France le 6 février 1946.

L’œuvrette est considérée comme un très bon film, mais, à mon grand regret, je ne partage pas cet avis. L’histoire m’a semblé assez nunuche, la photographie n’est pas bonne (à moins que ce soit une mauvaise copie du film que la télévision a diffusée), et le tout est parsemé de détails qui provoquent le ricanement ; ainsi, quand Jean Desailly dit qu’il a dix-sept ans (il en avait vingt-six) ou Odette Joyeux, qu’elle a seize ans (elle en avait trente-deux. En outre, elle n’est ni jolie ni très bonne comédienne). Et puis, à entendre François Périer dire « Est-ce que vous vous rappelez DE lui ? », on a du mal à croire que le film a eu des auteurs et un tel interprète qui passaient pour cultivés. Quant aux trucages destinés à figurer le fantôme, ils sont simplistes et reposent uniquement sur la surimpression.

Finalement, le seul détail curieux est la présence de Jacques Tati, pas encore auteur-réalisateur, dans le rôle du fantôme, où il ne dit pas un mot. Il s’entraînait pour M. Hulot ?

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La souris qui rugissait

Mercredi 23 décembre 2009 - Ciné Cinéma Classic

De Jack Arnold, en 1959. Titre original : The mouse that roared. Scénario de Roger MacDougall et Stanley Mann, d’après le roman de Leonard Wibberley. Durée, 1 heure et 23 minues. Couleurs (Eastmancolor), format 1,85/1. Sorti au Royaume-Uni le 17 juillet 1959.

Une fantaisie charmante : le duché de Fenwick, modeste État d’Europe (24 kilomètres carrés), vit de la vente de son vin aux États-Unis, mais, lorsqu’un Yankee se lance dans la production d’un breuvage contrefait, la ruine se pointe au Fenwick. Or le Premier ministre, finaud, a observé que les pays en guerre contre le gendarme du monde, forcément vaincus, sont ensuite inondés de dollars par le vainqueur – voir l’Allemagne et le Japon. Décision est donc prise d’attaquer l’Oncle Sam, avec les seules armes utilisés au Fenwick, l’arc et les flèches, et la totalité de l’armée fenwickoise, vingt guerriers. Malheureusement, c’est le Fenwick qui gagne !... Les négociations qui suivront seront serrées : les États-Unis veulent verser un milliard de dollars, le Fenwick n’exige qu’un million. Situation difficile.

Peter Sellers joue trois rôles : celui de la grande duchesse, celui du Premier ministre, et celui du garde-chasse et chef de l’armée. Il y a aussi Jean Seberg dans son troisième rôle, entre Bonjour tristesse et À bout de souffle. Le film est dû à Jack Arnold, qui avait réalisé deux ans auparavant ce chef-d’œuvre qu’était L’homme qui rétrécit.

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Les chaussons rouges

Jeudi 24 décembre 2009 - Ciné Cinéma Classic

De Michel Powell et Emeric Pressburger, en 1948. Titre original : The red shoes. Scénario des réalisateurs et de Keith Winter pour le dialogue additionnel, d’après un conte de Hans-Christian Andersen. Durée, 2  heures et 13 minutes (2 heures et 16 minutes au Japon). Couleurs (Technicolor), format 1,37/1. Sorti au Royaume-Uni le 6 septembre 1948, en France le 10 juin 1949.

La première partie est belle et intéresse, parce que nous pénétrons dans l’univers d’une compagnie de ballets, dirigée d’une main de fer par un producteur qu’incarne superbement Anton Walbrook. La seconde partie déçoit un peu, puisque le récit tombe dans une histoire de jalousie possessive assez banale. Une belle idée, néanmoins : la danseuse vedette de la troupe, sommée par le producteur jaloux de choisir entre son amour pour le compositeur de la troupe et sa place de vedette, s’enfuit au moment d’entrer en scène. Elle se suicide alors, le producteur vient annoncer qu’elle ne jouera pas, mais... que le spectacle aura lieu quand même ! Et le ballet est donné en l’absence de la vedette, ses partenaires feignant qu’elle est là malgré tout (les projecteurs suivent ses déplacements imaginaires, etc).

Le film a eu un énorme succès au moment de sa sortie, et encore bien après. Ludmilla Tcherina y tient un petit rôle, c’était sa deuxième apparition à l’écran.

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La cité sans voiles

Dimanche 27 décembre 2008 - Ciné Polar

De Jules Dassin, en 1948. Titre original : The naked city. Scénario de Malvin Wald et Albert Maltz. Durée, 1 heure et 36 minutes. Noir et blanc, format 1,37/1. Sorti aux États-Unis le 4 mars 1948, en France le 13 mai 1949.

Le film, sans vedettes, adopte une apparence de documentaire, bien qu’il s’agisse d’une fiction. La police de New York recherche le meurtrier d’une jeune femme, retrouvée noyée dans sa baignoire, et dont le médecin-légiste prouve qu’elle a été assassinée. Le récit est parfaitement honnête et conduit avec une remarquable clarté. La fin est très belle : l’assassin est pourchassé sur un pont new-yorkais aux allures de Tour Eiffel, et termine par une chute vertigineuse et mortelle.

Sept ans après ses débuts, c’est le dixième film de Jules Dassin, qui n’est pas loin d’être son meilleur. Malheureusement, annoncé comme devant être diffusé en version originale sur une excellente chaîne, le film est passé en version doublée.

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Another country

Mercredi 30 décembre 2009 - Ciné Cinéma Club

De Marek Kanievska, en 1984. Scénario de Julian Mitchell, d’après sa pièce. Durée, 1 heure et 30 minutes. Couleurs, format inconnu (diffusé à la télévision en 16/9). Sorti en France (au festival de Cannes) en mai 1984, au Royaume-Uni en juin 1984, en France (en salles) le 9 janvier 1985.

Premier film de cinéma d’un réalisateur de télévision, qui avait débuté en 1977. Il n’a fait ensuite que trois autres films au cinéma, et celui-ci a une réputation flatteuse mais usurpée. En effet, il copie sans complexes mais sans audace le film de Lindsay Anderson If..., sorti en 1968, en reprenant partiellement les personnages et la trame, seulement édulcorée (le personnage central, joué par Rupert Everett, ne donne pas dans la révolution armée, il se contente de trahir au profit des Russes). Mais le tout, avec quelle timidité ! On parle beaucoup de révolte contre la société, et même de faire la révolution, mais on ne la fait pas, le personnage communiste de l’histoire tente même de rentrer dans le rang et de décrocher un poste plutôt représentatif de cette société qu’il dénigre. Guy Bennett, le personnage central, inspiré de l’espion Guy Burgess, est ouvertement homosexuel et se vante d’avoir couché avec tous les garçons du collège, mais jamais on ne le voit échanger ne serait-ce qu’un baiser avec James, le garçon dont il est amoureux et qui possède un regard si lumineux (joué par le beau Cary Elwes), ni avec qui que ce soit d’autre. Et l’on retrouve la plupart des scènes déjà vues dans If..., y compris celle des châtiments corporels, avec le fouetteur ôtant sa veste avant l’opération, le remettant après, puis serrant rituellement la main de celui qu’il vient de battre à coups de canne ! Mais cette scène, mal filmée, trop courte, n’a pas la force de celle qu’elle copie.

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Dernière mise à jour de cette page le mercredi 19 mars 2014.