JPM - Films vus à la télé - Février 2011

Films vus à la télé - Février 2011

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : La belle de MoscouSilk Stockings – Ninotchka – Blessures secrètesThis boy’s lifeLes marins de « L’orgueilleux »Down to the sea in ships – Le garçon aux cheveux verts – Code quantumPaniqueLes fiançailles de M. Hire – Voici le temps des assassins... – Mariage royalRoyal wedding – Easter parade – Les trois mousquetaires – Entrons dans la danse – Un Américain à Paris – Singin’ in the rain – Scaramouche – Les sept femmes de Barberousse – Brigadoon – Planète interdite

Personnes citées : Rouben Mamoulian – Leonard Gershe – Leonard Spigelgass – George S. Kaufman – Leueen MacGrath – Abe Burrows – Melchior Lengyel – Ernst Lubitsch – Adele Astaire – Fred Astaire – Cyd Charisse – Ann Miller – Ginger Rogers – Michael Caton-Jones – Robert Getchell – Tobias Wolff – Leonardo DiCaprio – Robert DeNiro – Martin Scorsese – Henry Hathaway – Sy Bartlett – John Lee Mahin – Elmer Clifton – Lionel Barrymore – Richard Widmark – Dean Stockwell – Joseph Losey – Julien Duvivier – Charles Spaak – Georges Simenon – Jean Gabin – Stanley Donen – Alan Jay Lerner – Elisabeth Windsor – Philip d’Edimbourg – Winston Churchill – Fred Astaire – Warren Newcombe

La belle de Moscou

Jeudi 3 février 2011 - Ciné Cinéma Classic

De Rouben Mamoulian, en 1957. Titre original, Silk stockings (ce qui signifie « bas de soie »). Scénario de Leonard Gershe et Leonard Spigelgass, d’après une histoire de George S. Kaufman, Leueen MacGrath et Abe Burrows (l’histoire de Melchior Lengyel et le film Ninotchka d’Ernst Lubitsch, de 1935). Durée, 1 heure et 57 minutes. Couleurs (Metrocolor), format 2,35:1. Sorti aux États-Unis le 18 juillet 1957, en France le 10 janvier 1958.

Le film est une satire de l’Union Soviétique, de son atmosphère sinistre, de sa bureaucratie, de son espionnite, de sa propagande, et de tout ce qui fait le charme de ces prétendues dictatures du prolétariat que les prolétaires n’ont pas choisies. À Moscou, le commissariat aux Arts décide de rapatrier un illustre musicien ayant le désavantage d’être vivant et qui s’attarde en France, parce qu’un producteur d’Hollywood l’a engagé pour écrire la musique de son film, qui doit se dérouler à Paris. On lui envoie d’abord trois camarades, qui se laissent vite corrompre par le malin producteur (c’est Fred Astaire, qui a eu l’habileté de leur jeter dans les pattes trois « petites femmes de Paris »), puis une camarade très rigide (c’est Cyd Charisse, parfaite), plus coriace, mais qui succombera aux charmes conjoints de Paris et du séduisant producteur.

Les quelques numéros où Fred danse ne sont pas, pour une fois, l’attrait principal du film, car ils n’ont rien de mirobolant. La véritable vedette, c’est Cyd Charisse, aussi belle que merveilleuse danseuse, et qui fut au cinéma sa meilleure partenaire, seule Ann Miller possédant autant de qualités qu’elle. Je ne sous-estime pas Ginger Rogers, mais elle jouait dans un autre style, plus viril et plus comique.

Le nom du réalisateur Rouben Mamoulian est injustement peu connu des cinéphiles, car c’était un excellent artiste.

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Blessures secrètes

Dimanche 13 février 2011 - Ciné Cinéma Star

De Michael Caton-Jones, en 1993. Titre original, This boy’s life. Scénario de Robert Getchell, d’après le livre de Tobias Wolff. Durée, 1 heure et 55 minutes. Couleurs (Technicolor), format 2,35:1. Sorti aux États-Unis le 9 avril 1993, en France le 22 juin 1994.

Un des innombrables films tirés d’une histoire vraie, celle d’un garçon dont le père a quitté le foyer pour se remarier. La mère, seule avec un fils, Toby, a de la peine à subsister, en dépit d’un optimisme inaltérable. Elle finit par tomber sur un homme qui n’est qu’un rustre vantard et qui, déjà père de deux enfants, a des idées très passéistes sur l’éducation. Toby fait de son mieux pour résister à son influence, et finira, en trichant, par être admis dans une bonne école. Lui et sa mère quittent le rustre et vont vivre leur vie ailleurs.

C’est le premier film où Leonardo DiCaprio affronte Robert DeNiro (il y en a eu un autre ensuite), et la vérité oblige à dire que, si le jeu du second ne dépasse pas le niveau de ce que peut faire un acteur expérimenté, le premier le surclasse, et de très loin. Leonardo va rester un comédien extraordinaire, jusqu’à sa rencontre fatale avec Scorsese, qui, en quatre films, lui a enseigné tous les tics faisant de lui, désormais, un mauvais acteur.

Une séquence intéressante : poussé par ses copains débiles, Toby traite d’« homo » un garçon de leur âge, Arthur, qui l’est d’ailleurs réellement ; celui-ci se rebiffe et lui flanque une raclée mémorable, à quoi le premier ne s’attendait pas du tout. Les deux garçons deviennent ensuite les meilleurs amis du monde.

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Les marins de « L’orgueilleux »

Lundi 14 février 2011 - Ciné Cinéma Classic

D’Henry Hathaway, en 1940. Titre original, Down to the sea in ships. Scénario de Sy Bartlett et John Lee Mahin, d’après une histoire du premier. Durée, 2 heures. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 22 février 1949, en France en 1949, à une date inconnue.

Un excellent film, complètement ignoré, qui est d’ailleurs un remake d’un film muet portant le même titre, plus court, tourné en 1922 par Elmer Clifton, jamais sorti en France (il n’était sorti qu’aux États-Unis, au Portugal et en Finlande). Mais, alors que ce premier film sur la communauté des Quakers comportait des personnages féminins, il n’y en a strictement aucun dans le film d’Hathaway – il y en avait, mais dans des scènes coupées –, et les Quakers ont été gommés de l’histoire ! Et puis, une petite précision : le baleinier du film s’appelle, non pas « L’orgueilleux », mais « The pride of New Bedford ».

Le capitaine Bering Joy, qui doit son prénom au fait d’être né en pleine mer de Béring, sur le navire de la marine marchande qu’il commande aujourd’hui, se fait vieux, et les assurances ne veulent plus le couvrir. Avant de se résigner à rester à terre, il veut faire une dernière campagne afin d’éduquer son petit-fils Jed au métier de marin. Il embarquera donc, mais sera épaulé par un second du genre moderne, bien embarrassé de devoir, en plus, se charger d’instruire le jeune garçon, qui est plutôt cancre et rétif aux études. Mais ils vont finir par s’apprécier sans jamais se le dire, et une scène très pudique et très émouvante montre l’homme et l’enfant qui expriment sans un mot l’affection et le respect mutuel qu’ils ont fini par éprouver. L’enfant aura besoin d’un père, car son grand-père, incarnation du commandant rigoriste parce que s’estimant responsable, meurt en mer.

 

Dean Stockwell 

Ce chef-d’œuvre de pudeur, catalogue de sentiments non exprimés, bénéficie d’une interprétation parfaite. Lionel Barrymore est le vieux capitaine, Richard Widmark le second, et l’enfant est joué par Dean Stockwell, qui est d’une grande beauté tout autant que bon acteur ; presque constamment présent sauf dans les premières scènes, il est la véritable vedette de l’histoire, car tout tourne autour de son personnage. À neuf ans, Dean Stockwell en était à son treizième film, et avait joué l’année précédente dans le premier film de Joseph Losey, Le garçon aux cheveux verts, film plus connu. Il vit toujours et a fait une belle carrière : 191 films et téléfilms, dont la célèbre série Code quantum !

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Panique

Lundi 28 fvrier 2011 - France 3

De Julien Duvivier, en 1947. Scénario du réalisateur et de Charles Spaak, d’après le roman de Georges Simenon Les fiançailles de M. Hire. Durée, 1 heure et 31 minutes. Noir et blanc, format 1,37/1. Sorti en France le 15 janvier 1947.

On retrouve la noirceur habituelle de la vision du réalisateur : une femme a été assassinée, et l’assassin, avec l’aide de sa maîtresse, colle le meurtre sur le dos d’un innocent, Désiré Hire. Comme celui-ci, veuf, sans famille et du genre bourru, est antipathique à tout le monde, la foule est prête à le lyncher. Hire s’enfuit, grimpe sur un toit, tombe et se tue. Mais, photographe amateur, il avait pris une photo qui dénonce le véritable assassin, et un policier la trouve...

Un sujet voisin sera également tourné par Duvivier en 1956, Voici le temps des assassins..., où deux jeunes complices plumaient un pigeon joué par Jean Gabin, et donnera lieu à un traitement beaucoup plus brillant. Panique, néanmoins, comporte une belle séquence, celle de la chasse à l’homme quelques minutes avant la fin. Mais la copie du film a souffert, avec le temps, et le son n’est pas fameux.

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Mariage royal

Lundi 28 février 2011 - Ciné Cinéma Famiz

De Stanley Donen, en 1951. Titre original, Royal wedding. Scénario de Alan Jay Lerner. Durée, 1 heure et 33 minutes. Couleurs (Technicolor), format 1,37/1. Sorti aux États-Unis le 8 mars 1951, en France le 4 juillet 1952.

Ellen et Tom sont frère et sœur, comme Adele et Fred Astaire à leurs débuts, et partenaires à New York dans un numéro de danse à succès. Ils sont invités à se produire à Londres, pendant les festivités du mariage de la princesse Elisabeth avec Philip d’Edimbourg (les prises de vues ont été faites pendant le véritable défilé). Célibataires endurcis l’un et l’autre, ils vont rencontrer l’amour, Ellen, en la personne d’un lord, Tom en la personne d’une danseuse (jouée par la propre fille de Winston Churchill !).

 

Royal wedding

 

Ce film est surtout connu par le numéro le plus célèbre de Fred Astaire, la scène où il danse sur les murs et au plafond d’une chambre d’hôtel. Elle a été conçue par Warren Newcombe, qui a collaboré à 207 films, dont Easter parade, Les trois mousquetaires, Entrons dans la danse, Un Américain à Paris, Singin’ in the rain, Scaramouche, Les sept femmes de Barberousse, Brigadoon, Planète interdite, et tant d’autres triomphes hollywoodiens. Comme il travaillait à une époque où les trucages numériques n’existaient pas encore, comment cet homme peut-il n’être pas plus célèbre ?

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Dernière mise à jour de cette page le mercredi 19 mars 2014.