JPM - Films vus à la télé - Mai 2011

Films vus à la télé - Mai 2011

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : Le jour le plus longThe longest dayAnna et le roiAnna and the king – The king and I – Le roi et moi – Le plaisirLe masqueLa maison TellierLe modèle

Personnes citées : Ken Annakin – Andrew Marton – Bernhard Wicki – Darryl F. Zanuck – Cornelius Ryan – Romain Gary – James Jones – David Pursall – Erich Maria-Remarque – Jack Seddon – Pauline Carton – Sean Connery – Bourvil – Peter Lawford – John Wayne – Robert Mitchum – Henry Fonda – Sacha Guitry – Max Ophüls – Jacques Natanson – Guy de Maupassant – Danielle Darrieux – Madeleine Renaud – Jean Gabin – Paulette Dubost – Ginette Leclerc – Héléna Manson – Mathilde Casadesus – Gaby Morlay – Claude Dauphin

 

Le jour le plus long

Dimanche 9 mai 2011 - Ciné Cinéma Classic

De Ken Annakin (séquences britanniques en extérieurs), Andrew Marton (idem pour les États-Unis), Bernhard Wicki (séquences allemandes) et Darryl F. Zanuck, en 1962. Titre original, The longest day. Scénario de Cornelius Ryan, d’après son livre, avec des ajouts de Romain Gary, James Jones, David Pursall, Erich Maria-Remarque et Jack Seddon. Durée, 2 heures et 58 minutes. Noir et blanc, format 2,20:1. Tournage dans le Calvados, au château de Chantilly, aux studios de la Fox à Boulogne-Billancourt, à Saint-Florent (Corse), à Sainte-Mère-Eglise (Manche) et dans l’Île de Ré. Sorti en France le 25 septembre 1962, aux États-Unis le 4 octobre suivant.

Un film dont le générique fait se cotoyer Pauline Carton et Sean Connery, et où Bourvil embrasse Peter Lawford, on ne voit pas cela tous les jours. En fait, il emploie soixante acteurs connus, dont de grandes vedettes comme John Wayne, Robert Mitchum et Henry Fonda, souvent pour de petits rôles, quasiment de figuration. Quelques acteurs, surtout français, ont été coupés au montage, d’ailleurs.

 

The longest day

 

Bien que trois réalisateurs professionnels aient tourné un grand nombre de séquences, le producteur, Zanuck, en a réalisé lui-même beaucoup, et le résultat est remarquable de cohérence. D’honnêteté aussi. Comme les trucages numériques n’existaient pas encore, tout ce que montrent les images a dû être apporté ou construit sur place.

Lorsque ce film est sorti, ce type de production n’avait aucun prestige aux yeux des critiques ; aujourd’hui, on voit bien que le film est un chef-d’œuvre, et beaucoup moins porté sur les mots d’auteur que, par exemple, les films de Guitry, qui datent de la même époque et se contentent de faire défiler des vedettes connues sans adopter le moindre point de vue sur l’histoire.

En bref : chef-d’œuvre.Haut de la page

Anna et le roi

Dimanche 15 mai 2011 - Ciné Cinéma Émotion

D’Andy Tennant, en 1999. Titre original : Anna and the king. Scénario de Steve Meerson et Peter Krikes, d’après les journaux de Anna Leonowens. Durée, 2 heures et 28 minutes. Couleurs (Technicolor), format 2,35:1. Sorti en Malaisie le 6 décembre 1999, en France le 26 janvier 2000.

C’est l’histoire bien connue, car déjà adaptée au cinéma, de cette institutrice britannique, recrutée par correspondance à Bombay pour instruire le fils du roi du Siam, et qui découvre, arrivée à Bangkok, qu’elle devra se charger de tous les enfants du roi, une petite soixantaine. Son influence sur le roi et sur les enfants sera énorme et aboutira à l’abolition de l’esclavage et à la liberté de culte.

Ce film offre de grosses différences avec The king and I (en français, Le roi et moi), avec Yul Brynner et Deborah Kerr. D’abord, parce que ce n’est pas une comédie musicale ; puis, parce que tout y est idyllique jusqu’au procès de la jeune Tuptim, qui offre l’occasion du premier conflit sérieux entre Anna et le roi ; parce que la dernière partie raconte un épisode guerrier entre le Siam et la Birmanie, soutenue par l’Angleterre ; enfin, parce que le tournage, qui a eu lieu essentiellement en Malaisie, est tout en extérieurs et compte une figuration nombreuse, alors que la comédie musicale a été faite entièrement en studio, d’après la pièce qui se joua des années à Broadway (Yul Brynner l’a interprétée des milliers de fois), et que les deux personnages y étaient en conflit permanent, le roi incarné par le célèbre chauve étant tout le contraire d’un humaniste ! De plus, la comédie musicale faisait souvent rire, même si le roi mourait à la fin.

Et puis, la partition du premier film était brillante, et on n’a pas oublié la séquence de la présentation des enfants royaux, où les caractères sont décrits uniquement par la musique et les gestes, un grand moment qui n’avait que l’inconvénient de se trouver au début du récit, faisant apparaître un peu pâle la suite du film. Ici, rien de tout cela.

Néanmoins, Anna et le roi est un film honnête, et les prises de vue sont magnifiques.

En bref : à voir.Haut de la page

Le plaisir

Vendredi 27 mai 2011 - Ciné+ Classic

De Max Ophüls, en 1952. Scénario du réalisateur et de Jacques Natanson, dialogues de Jacques Natanson, d’après trois nouvelles de Guy de Maupassant. Durée, 1 heure et 37 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti en France (avant-première à Fécamp) le 14 février 1952.

On a rarement le plaisir, c’est le cas de le dire, de voir dans la même scène Danielle Darrieux, Madeleine Renaud, Jean Gabin, Paulette Dubost, Ginette Leclerc, Héléna Manson et Mathilde Casadesus. Sans compter les vedettes qui apparaissent dans les autres séquences. Des trois nouvelles de Maupassant, Le masque, La maison Tellier et Le modèle, c’est la deuxième qui est la plus développée et la plus intéressante : sous la direction de leur sous-maîtresse madame Tellier (Madeleine Renaud), les pensionnaires d’une maison accueillante se rendent à la campagne pour assister à la communion de la nièce de madame, et il faut dire qu’elles sont bien convenables et bien pieuses, ces dames : pendant la cérémonie à l’église, tout le monde pleure, même les hommes !

Le première partie, très courte, montre un vieillard qui fréquente nuitamment les bals, sous un masque afin de paraître plus jeune, et qui, pris d’un malaise, est ramené chez sa femme, Gaby Morlay, par le médecin Claude Dauphin, deux acteurs de théâtre qu’on a vu trop rarement au cinéma. C’est assez sinistre, tout autant que la troisième partie, histoire d’un jeune peintre qui s’éprend d’un modèle, une jolie fille qui devient rapidement envahissante et se jette par la fenêtre lorsqu’il tente de la larguer. Elle en réchappe, finit dans un fauteuil roulant, et, pris de remords, il l’épouse sans l’aimer. Sinistre, là encore.

La caméra de Max Ophüls, comme presque toujours, balaie longuement les décors très compliqués, tout en mettant en valeur les nombreux personnages. C’est beau, soigné, bien fait, et presque toutes les vedettes françaises de l’époque sont présentes.

 

NB : les chaînes de télévision Ciné Cinémas ont été rebaptisées « Ciné+ », afin de souligner qu’elles appartiennent à Canal Plus.

En bref : à voir.Haut de la page

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Dernière mise à jour de cette page le mercredi 19 mars 2014.