JPM - Films vus à la télé - Mars 2012

Films vus à la télé - Mars 2012

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : L’enfance d’IvanIvanovo detstvoIvan – Andrei Roublev – M le mauditMIn the hall of the Mountain KingPeer Gynt – Human desire – La conspiration – The conspirator

Personnes citées : Andrey Tarkovskiy – Eduard Abalov – Vladimir Bogomolov – Mikhail Papava – Andrey Konchalovskiy – Nikolay Burlyaev – Fritz Lang – Thea von Harbou – Egon Jacobson – Edvard Grieg – Peter Lorre – Glenn Ford – Robert Redford

L’enfance d’Ivan

Jeudi 1er mars 2012 - Ciné+ Classic

D’Andrey Tarkovskiy et Eduard Abalov, en 1962. Titre original : Ivanovo detstvo. Scénario de Vladimir Bogomolov, Mikhail Papava, Andrey Konchalovskiy et Andrey Tarkovskiy, d’après le livre Ivan de Vladimir Bogomolov. Durée, 1 heure et 35 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti en Union Soviétique le 6 avril 1962, en France à une date inconnue.

D’abord, un détail : Eduard Abalov, acteur et réalisateur de deux autres films, a co-réalisé celui-ci, mais a été renvoyé, et son nom est absent du générique. C’est en tout cas le premier long-métrage de Tarkovskiy, et il a gagné au Festival de Venise la plus haute récompense, le Lion d’Or, ainsi que le Golden Gate Award du meilleur réalisateur au Festival de San Francisco. Il faut dire que le film, très étonnant et fascinant, méritait bien ces deux prix. Le réalisateur avait alors trente ans, et son succès dans son pays ne laissait pas prévoir les ennuis qu’il y aurait ensuite, puisqu’il dut émigrer en France (il est mort en 1986, d’un cancer des poumons... à Neuilly).

L’histoire, dont le titre est trompeur puisqu’elle ne recèle pas le moindre atome de mièvrerie, est entièrement centrée sur un garçon de douze ans, orphelin (toute sa famille a été tuée par les nazis), et qui est devenu agent secret dans l’Armée soviétique ! Il est si compétent que, tout au long du récit, les adultes, lieutenant, capitaine, lieutenant-colonel, lui témoignent une déférence qu’on n’a jamais vu nulle part ailleurs : il leur tient tête, refuse d’être envoyé dans une école de cadres de l’armée, et finira par se faire tuer. Ses amis, tous officiers, lui obéissent et le traitent comme leur chef.

Il faut noter que le jeune acteur, Nikolay Burlyaev, qui en était à son quatrième film, est lui-même surprenant ; il est vrai qu’il n’avait pas douze ans, mais seize, et c’est lui qui, quatre ans plus tard, fut le fondeur de cloches d’Andrei Roublev, autre film de Tarkovskiy, œuvre qui eut les pires ennuis en Union Soviétique. Il a fait une belle carrière, quarante-quatre films, et en a réalisé un. Le film est un bizarre chef-d’œuvre, et sa musique, très à l’écart de tout ce qu’on fait habituellement au cinéma, y est pour beaucoup.

En bref : à voir absolument.Haut de la page

M le maudit

Dimanche 18 mars 2012 - Ciné+ Classic

De Fritz Lang, en 1931. Titre original : M. Scénario du réalisateur et de Thea von Harbou, d’après un article d’Egon Jacobson. Durée, 1 heure et 57 minutes. Noir et blanc, format 1,20:1. Sorti en Allemagne le 11 mai 1931, en France le 8 avril 1932.

Un assassin d’enfants (des petites filles uniquement) rôde dans les rues de Berlin. La population est terrorisée, et tend à accuser n’importe qui, mais la police ne parvient pas à le retrouver. De lui, on ne sait que deux détails : il leur offre des bonbons ou des ballons pour les amadouer, et il a la manie de siffloter In the hall of the Mountain King, une mélodie de Grieg extraite de Peer Gynt. Outre cela, il écrit aux journaux, comme le faisait Jack l’Éventreur ! Face à la police débordée, la pègre, sans cesse dérangée dans son « travail », décide de s’occuper de lui. Effectivement, elle le trouve, le juge et le condamne à mort. Mais il plaide qu’il ne peut pas s’empêcher de tuer : vous, si vous commettez le mal, c’est parce que vous êtes trop paresseux pour travailler ; moi, je ne peux rien faire contre mes obsessions. Les coupables, c’est vous !

Le film ne conclut pas et se termine de façon très abrupte, par un commentaire d’une mère, qui affirme que rien ne leur rendra leurs enfants tués, et que toutes feront mieux de surveiller leur progéniture de plus près, à l’avenir. Le spectateur est un peu désarçonné par cette platitude.

Le personnage de l’assassin est joué par Peter Lorre, acteur de théâtre qui jouait là son quatrième rôle au cinéma. Il quitta l’Allemagne immédiatement après la sortie du film, et fit ensuite une carrière très fournie, avec 113 films et téléfilms, parfois comiques, toujours dans des rôles de composition. À noter qu’il ne savait pas siffler, et que c’est Fritz Lang en personne qui s’est chargé de le doubler ! Lang faisait d’ailleurs là son premier film sonore, qui fut interdit par les nazis en juillet 1934. On raconte qu’ayant fait dévaler un escalier par son principal acteur une bonne douzaine de fois, celui-ci refusa ensuite de tourner avec lui, même vingt ans après, pour Human desire. Et Lang se rabattit sur... Glenn Ford, qui ne ressemblait pas du tout à Peter Lorre !

En bref : à voir absolument.Haut de la page

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Dernière mise à jour de cette page le lundi 9 juillet 2012.