JPM - Films vus à la télé - Mai 2012

Films vus à la télé - Mai 2012

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées : L’homme à l’affûtThe sniperNessuno mi salverà – Ouragan sur le Caine – Les sentiers de la gloire – ViridianaHalma – Nazarín – La Cène

Personnes citées : Luis Buñuel – Julio Alejandro – Benito Pérez Galdós – Léonard de Vinci – Edward Dmytryk – Harry Brown – Edna Anhalt – Edward Anhalt – Joseph McCarthy – Elia Kazan – Arthur Franz – Humphrey Bogart – Adolphe Menjou – James Joyce – Stanley Kubrick.

L’homme à l’affût

Mercredi 16 mai 2012 - Ciné+ Classic

D’Edward Dmytryk, en 1952. Titre original : The sniper. Scénario d’Harry Brown, d’après une histoire d’Edna Anhalt et Edward Anhalt. Durée, 1 heure et 28 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 9 mai 1952, en France le 4 février 1953.

En 1953, ce film a été proposé à l’Oscar du meilleur scénario – mais ne l’a pas remporté. En revanche, rien pour sa réalisation, qui est pourtant de qualité supérieure. C’est que le réalisateur, Edward Dmytryk, alors âgé de 44 ans et qui avait déjà tourné vingt-cinq films, traînait la honte d’avoir, non seulement fait six mois de prison pour flirt trop poussé avec le communisme (merci McCarthy !), mais surtout d’avoir dénoncé ses confrères, comme le fit aussi Elia Kazan. Bref, il était au ban de la profession.

Le sujet : à San Francisco (très bien filmée, avec des éclairages superbes), un homme jeune ne peut s’empêcher de tuer des femmes, en général avec un fusil et des cartouches de l’armée. Panique, la police le cherche, et finit par le trouver. Il faut dire que le tueur a supplié, en laissant une note, qu’on l’arrête ; d’ailleurs, en Italie, le film a été distribué sous le titre Nessuno mi salverà (en français, « Personne ne me sauvera »). Le dernier plan montre son visage en larmes au moment de son arrestation. L’acteur qui l’incarne, Arthur Franz, peu connu mais qui a joué dans 144 films et téléfilms, sera encore présent deux ans plus tard dans un autre film de Dmytryk, Ouragan sur le Caine, l’un des films les plus marquants de la carrière d’Humphrey Bogart.

Le policier âgé qui mène l’enquête est joué par Adolphe Menjou, né et mort aux États-Unis, mais d’un père français, apparenté à James Joyce par sa mère, et qui joua dans 149 films et téléfilms, dont le célèbre Les sentiers de la gloire, de Kubrick.

En bref : à voir absolument.Haut de la page

Viridiana

Jeudi 17 mai - Ciné+ Classic

De Luis Buñuel, en 1961. Scénario et dialogues de Luis Buñuel et Julio Alejandro, d’après le roman Halma de Benito Pérez Galdós. Durée, 1 heure et 30 minutes. Noir et blanc, format 1,66:1. Sorti en France le 19 mai 1961, au Festival de Cannes, et en Espagne, seulement le 23 mai 1977 .

Viridiana est une novice qui, à la veille de prononcer ses vœux, s’entend enjoindre par sa supérieure d’aller rendre visite à son oncle – sur la demande de celui-ci –, lequel a subventionné ses études mais ne s’est jamais occupé d’elle. À contrecœur, elle obéit, mais son oncle, frappé par sa ressemblance avec sa femme défunte, la demande en mariage ! Elle refuse, il la drogue, la caresse pendant son sommeil, puis, au matin, lui fait croire qu’il l’a possédée. Horrifiée – pourtant, cette gourde aurait bien dû s’apercevoir qu’elle était toujours vierge –, elle le repousse, et il se pend (avec la corde à sauter de la petite fille de sa domestique !).

L’héritage va à Viridiana et au fils adultérin de l’oncle. Mais, alors que ce fils, Jorge, ne songe qu’à mettre en valeur la propriété agricole de son père, Viriadiana, ayant renoncé à devenir religieuse, veut créer un refuge pour les déshérités. Hélas, ces ingrats se montrent vandales et vulgaires, et Jorge les chasse.

Il faudra quelque jour qu’on remette en question les films de Buñuel, qui, dans sa jeunesse, accumulait les provocations anti-religieuses d’un niveau primaire, comme cette imitation de la Cène par Léonard de Vinci, mal fichue et bêtasse. Toute la séquence du banquet des mendiants est pénible à voir, fort laide, et très inférieure, par exemple, à son Nazarín deux ans plus tôt.

La critique avait encensé le film, car le réalisateur avait toujours été intouchable. Pourtant, il a réalisé une série de navets, surtout dans sa période mexicaine, où il ne travaillait que pour gagner sa vie. On raconte que la scène de la fin, le début d’une partie de cartes entre le cousin, la domestique et l’ex-novice, a remplacé une séquence de partouze qui était prévue mais à laquelle la censure franquiste avait fait obstacle. Bien entendu, la critique a poussé des cris d’admiration et trouvé que cette scène était beaucoup plus forte !

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

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Dernière mise à jour de cette page le lundi 9 juillet 2012.