JPM - Films vus à la télé - Septembre 2012

Films vus à la télé - Septembre 2012

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées : Despair – Le monde sur le fil – Le mariage de Maria Braun – Sunset boulevard – The Shanghai gesture – Empire du Soleil

Personnes citées : Rainer Werner Fassbinder – Tom Stoppard, – Vladimir Nabokov – Dirk Bogarde – Andréa Ferréol – Bernhard Wicki – Cecil B. DeMille – Josef von Sternberg – John Colton – Geza Herczeg – Jules Furthman – Karl Vollmöller

Despair

Samedi 8 septembre 2012 - Ciné+ Club

De Rainer Werner Fassbinder, en 1978. Scénario de Tom Stoppard, d’après un roman de Vladimir Nabokov. Durée, 1 heure et 59 minutes. Couleurs (Eastmancolor), format 1,66:1. Sorti en Allemagne et au Festival de Cannes le 19 mai 1978. Sorti en France le 20 septembre 1978.

La télévision diffuse ce film parce que sa sortie en DVD et en Bluray, dans une version rénovée, est prévue pour le 19 de ce mois.

On est d’abord alléché par le générique (Nabokov !), où figurent Dirk Bogarde et Andréa Ferréol, et même, dans un petit rôle, Bernhard Wicki, réalisateur connu. Et il est vrai qu’on retrouve la manière de filmer de Fassbinder, savante et raffinée, toute en mouvements d’appareil sinueux et en jeux de miroir. Malheureusement, le film déçoit, parce que, d’une part, on met beaucoup de temps avant d’entrer dans le vif du sujet, et aussi, parce que le scénario est obscur et peu crédible !

À Berlin en 1930, alors que les nazis commencent à s’intaller et que les brimades contre les Juifs se multiplient, Hermann Hermann, un émigré russe qui dirige une fabrique de chocolat, est marié avec une idiote qui couche avec son cousin, un peintre sans talent qui s’habille volontiers en femme. Or cet Hermann, qui a pris une assurance-décès (pas une « assurance-vie », comme dit la traduction !), projette de toucher cet argent en tuant un marginal dont il s’est mis en tête qu’il lui ressemblait : censé mort, l’argent tombera dans sa poche... Mais, lorsque la police trouve le cadavre portant les vêtements et le passeport de l’assassin, elle a vite fait de l’arrêter, car il n’avait pas vu ce que le public a constaté dès la première minute : que la victime ne lui ressemblait pas du tout ! (Le rôle est joué par Klaus Löwitsch, un très bon acteur que Fassbinder avait déjà employé en 1973 dans son téléfilm interminable et abscons Le monde sur le fil, et qu’il fera encore jouer dans Le mariage de Maria Braun en 1979). Bref, Herrmann était fou, ce qui était évident.

La dernière scène le confirme, car elle est visiblement calquée sur la scène finale de Sunset boulevard : alors que les policiers viennent l’arrêter, Hermann, comme Norma Desmond, croit qu’il est acteur et qu’on tourne un film ; c’est tout juste s’il ne réclame pas la présence de Cecil B. DeMille !

 

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

The Shanghai gesture

De Josef von Sternberg, en 1941. Scénario du réalisateur, d’après la pièce de John Colton, collaboration de Geza Herczeg, Jules Furthman et Karl Vollmöller. Durée, 1 heure et 39 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 25 décembre 1941, en France le 2 décembre 1947.

Le film de Sternberg, qui n’était pas plus von que Stroheim ou Trier (!), met très longtemps avant de démarrer. Il raconte la vengeance d’une femme asiatique naguère abandonnée par son amant et devenue toute puissante, mais on ne comprend où les auteurs veulent en venir que dans le dernier quart de l’histoire.

Entièrement tourné en studio, le film démontre combien le tournage en décors artificiels peut se prêter, mieux que celui en extérieurs, aux histoires romanesques. À l’exception de deux ou trois plans montrant le Bund (on y entend néanmoins la fameuse réplique des gamins mendiants de Shanghai « No papa, no mama, no whishy soda », reprise par Spielberg dans Empire du Soleil), il trahit son origine scénique : la pièce avait été jouée 206 fois à Broadway.

En bref : à voir.Haut de la page

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le mercredi 10 octobre 2012.