JPM - Films vus à la télé - Juillet 2013

Films vus à la télé - Juillet 2013

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées : Le gouffre aux chimèresAce in the hole – Stalag 17 – The front page – Un été en LouisianeThe man in the Moon – Du silence et des ombres – To kill a mockinbird – La reine de BroadwayCover girl – Singin’ in the rain – L’aventure, c’est l’aventure – La bonne année – Peur primalePrimal fear – Titanic – La défense Lincoln – La faille

Personnes citées : Billy Wilder – Robert Mulligan – Reese Witherspoon – Jason London – Charles Vidor – Virginia Van Upp – Erwin S. Gelsey – Marion Parsonnet – Paul Gangelin – John H. Kafka – Gene Kelly – Rita Hayworth – Martha Mears – Ira Gershwin – George Gershwin – Fred Astaire – Jerome Kern – Calude Lelouch – Jacques Brel – Aldo Maccione – Gregory Hoblit – Leonardo DiCaprio – Martin Scorsese – Ryan Gosling

Le gouffre aux chimères

Dimanche 8 juillet - TCM

De Billy Wilder, en 1951. Titre original, Ace in the hole. Scénario du réalisateur et de Lesser Samuels, Walter Newman et Victor Desny. Durée, 1 heure et 51 minutes. Noir et blanc, format 1,375:1. Sorti aux États-Unis (à Albuquerque) le 14 juin 1951, en France le 2 avril 1952.

Billy Wilder, grand spécialiste de la comédie satirique, n’en a pas moins réalisé quelques drames, comme Stalag 17. Ici, il tire à boulets rouges sur les journalistes sans scrupules, comme il devait le faire encore en 1974 dans The front page, où il faisait beaucoup rire avec la dernière nuit d’un condamné à mort ! C’est dire que les sujets brûlants ne le faisaient pas reculer.

Dans ce film, Kirk Douglas, toujours efficace, incarne Chuck Tatum, journaliste qui s’est fait virer d’un peu partout pour ses méthodes reposant sur le bidonnage et le harcèlement. Engagé à salaire réduit, sur son culot, par un petit journal de province, il découvre, près d’Albuquerque, qu’un ouvrier est enseveli dans une mine qui s’est éboulée. Flairant la bonne affaire, il prend en main les opérations de récupération du pauvre homme, et s’arrange pour... retarder son sauvetage, le temps de faire monter la mayonnaise à coups d’articles à sensation. Cela réussit tellement bien que l’endroit devient un lieu où les touristes affluent, ce qui est excellent pour les affaires locales et les siennes propres. Mais Tatum en a trop fait en suggérant qu’on devrait récupérer l’ouvrier en perdition, non pas en l’évacuant par le conduit le plus direct, mais... en creusant la montagne par le dessus ! Le temps passant, la victime finit par mourir de suffocation.

Le scénario est très bien conduit. Les acteurs sont bons, à l’exception de la vedette féminine, qui n’est guère attrayante. On remarque, dans le rôle du jeune journaliste devenu le protégé de la canaille interprétée par Douglas, le jeune Robert Arthur, qui, sans jamais devenir vedette, a fait une longue carrière, surtout à la télévision, et qui crève l’écran, comme on dit.

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Un été en Louisiane

Lundi 9 juillet 2013 - TCM

De Robert Mulligan, en 1991. Titre original, The man in the Moon. Scénario de Jenny Wingfield. Durée, 1 heure et 49 minutes. Couleurs, format 1,85:1. Sorti aux États-Unis le 9 septembre 1991, en France le 24 décembre 1991.

Dani, âgée de quatorze ans, tombe amoureuse de Court, le fils de la voisine, âgé de dix-sept ans. Mais Court, malgré un premier baiser très pudique, ne voit en elle qu’une gentille amie, et il éprouve un coup de foudre pour Maureen, la sœur de Dani et qui a son âge. Hélas, fou de joie d’avoir accédé à un amour réciproque, Court commet une imprudence et meurt d’un accident. Dani en veut à sa sœur, mais, constatant son chagrin sincère, elle se rapproche d’elle.

Reese Witherspoon, à quinze ans, jouait son premier rôle, et elle est épatante, mais son partenaire Jason London, qui apparaît aussi à dix-neuf ans dans son premier film de cinéma, est lui aussi très attrayant. Il a fait une belle carrière, principalement à la télévision.

Le réalisateur Robert Mulligan montre ici toute sa pudeur et sa sensibilité. C’était là son dernier film. Son seul échec artistique fut un film mal construit sorti en 1962, Du silence et des ombres (en anglais, To kill a mockinbird), toujours cité bien qu’abusivement porté aux nues.

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La reine de Broadway

Samedi 13 juillet 2013 - TCM

De Charles Vidor, en 1944. Titre original, Cover girl. Scénario de Virginia Van Upp, d’après une histoire d’Erwin S. Gelsey, adaptation de Marion Parsonnet et Paul Gangelin, collaboration de John H. Kafka. Durée, 1 heure et 47 minutes. Couleurs (Technicolor), format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 30 mars 1944, en France le 12 février 1947.

L’histoire d’une danseuse qui travaille dans le modeste cabaret de son fiancé, à Brooklyn, et qui devient vedette dans un grand théâtre de Manhattan. Mais elle n’est pas heureuse et retrouve au dénouement celui qu’elle aime toujours.

Film très brillant d’un spécialiste du genre, même si Gene Kelly, en fait, a supervisé toute la mise en scène, avec carte blanche, ou presque, de la part de la Columbia. On lui doit notamment cette séquence de danse dans la rue, qui éclipse quasiment celle, sous la pluie, de Singin’ in the rain : Gene y danse avec son double en surimpression, et on n’oubliera pas le passage où celui-ci, prenant appui sur les épaules de l’original, saute par-dessus lui. C’est très brillant, mais Gene était familier de ce genre d’exploit. Voyez-le ICI.

Rita Hayworth n’est pas ridicule et danse très bien, mais elle avait été doublée par Martha Mears pour le chant. On doit aussi noter que, si les paroles de la chanson Put me to the test étaient d’Ira Gershwin, on avait renoncé à utiliser la musique de son frère George, qu’on avait déjà entendue en 1937 dans un autre film avec Fred Astaire. La nouvelle musique était donc de Jerome Kern.

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L’aventure, c’est l’aventure

Lundi 15 juillet 2013 - Paris Première

De Claude Lelouch, en 1972. Scénario du réalisateur et de Pierre Uytterhoeven. Durée, 2 heures. Couleurs (Eastmancolor), format 1,85:1. Sorti en France le 4 mai 1972.

Avec La bonne année, qui est de la même veine humoristique et a été réalisé l’année suivante, L’aventure, c’est l’aventure fait partie des films purement distrayants de Lelouch, ceux où il ne tente pas de philosopher, ce en quoi il ne réussit jamais – échecs qui lui valent des critiques injustes et infondées, car c’est un bon réalisateur, possédant une grande culture du cinéma.

Le film a remporté un important succès, interprété qu’il était par des acteurs populaires n’hésitant pas à se tourner eux-mêmes en dérision, pour figurer un quintette de charlots s’étant lancé dans l’escroquerie à base de kidnappings. À la fin, les cinq enlèvent le pape !

On s’amuse beaucoup, notamment en voyant Jacques Brel imitant la démarche d’Aldo Maccione !...

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Peur primale

Lundi 24 juillet 2013 - Ciné+ Frisson

De Gregory Hoblit, en 1996. Titre original, Primal fear. Scénario de Steve Shagan et Ann Biderman, d’après un roman de William Diehl. Durée, 2 heures et 9 minutes. Couleurs, format 1,85:1. Sorti aux États-Unis le 3 avril 1996, en France le 5 juin 1996.

Fait partie de ces films très prisés aux États-Unis et qui comportent des séquences de procès. Ils sont souvent passionnants, par ce qu’ils révèlent d’une façon de penser qui, Dieu merci, n’est pas la nôtre, et insistent beaucoup sur cette tare qu’est le juridisme exacerbé.

À Chicago, un archevêque a été massacré et mutilé, et son assassin (« présumé », comme il faut dire) est un garçon de dix-neuf ans, Aaron, joué par Edward Norton – dont on doit noter que, pour une fois, il est plus jeune que le personnage, puisqu’il débutait dans ce film à dix-sept ans, et qui est déjà le grand acteur qu’il va devenir (il est aussi bon que DiCaprio avant d’être tombé sous la coupe de Scorsese ; on avait d’ailleurs proposé le rôle à Leonardo, mais il l’a refusé pour jouer dans Titanic !). Aaron est un garçon très gentil, timide, introverti, un peu bègue, ayant beaucoup souffert dans son enfance ; il chantait dans la chorale qu’avait créée l’archevêque, et considérait celui-ci comme un père.

Ancien procureur, le grand avocat Martin Vail, joué par Richard Gere, le croit innocent et décide de le défendre gratuitement. Il a en face de lui une femme procureur, Janet Venable, qui a été naguère sa maîtresse et sa collaboratrice, et qui est bien décidée à envoyer Aaron dans le couloir de la mort : dans la société à laquelle elle appartient, on ne tue pas impunément un ponte de l’Église !

Comme Aaron, qui a été retrouvé couvert du sang de la victime, affirme ne se souvenir de rien et avoir parfois des pertes de mémoire, Martin fait examiner son client par une psychiatre, laquelle, parce qu’elle a assisté à une scène où Aaron est entré dans une colère folle et l’a menacée, pense qu’il est schizophrène : il souffre d’un dédoublement de la personnalité, et certains de ses actes ont pu être commis par son double, un garçon arrogant et malfaisant, Roy. Un peu comme, dans Psychose, Norman Bates tuait des filles lorsqu’il se prenait pour sa propre mère. L’avocat, qui avait d’abord choisi de plaider la non-culpabilité d’Aaron et la présence hypothétique d’un autre personnage sur les lieux, tente alors d’exploiter cette thèse et l’expose au tribunal.

Hélas, il a ainsi violé la loi : un avocat, aux États-Unis, n’a pas le droit de changer de système de défense en cours de procès ! Et le juge qui, en vertu du politiquement correct, est, comme presque toujours au cinéma, une femme (et même, une femme noire), lui inflige une amende de dix mille dollars et l’avertit que, s’il récidive, elle le fera radier du barreau.

Ne reste plus à Vail qu’à laisser les choses suivre leur cours : maladroitement, la représentante de l’accusation a provoqué la rage d’Aaron, qui se jette sur elle et tente de l’étrangler en pleine audience ! La preuve semble ainsi faite que sa personnalité est double, que le coupable est bien « Roy », et elle doit abandonner : Aaron est relaxé, sera soigné et n’ira pas en prison.

Naturellement, comme dans tout film, la fin est un retournement complet de la situation : l’avocat découvre qu’Aaron a tout simulé, qu’il n’est pas schizophrène et a bien assassiné l’archevêque, lequel lui imposait de jouer dans de courtes vidéos pornographiques, avec sa petite amie et un camarade. Mais un avocat ne peut dénoncer son client sous peine, encore une fois, d’être radié. Il doit donc se taire et accepter de s’être fait rouler. Cette fin est à rapprocher d’un autre film, La défense Lincoln, où, là encore, le client cru innocent au début était un abominable sadique, impossible à dénoncer, mais l’avocat était plus finaud et le faisait condamner pour un autre crime !

Peur primal, sans être un grand film, est très intéressant à suivre en dépit de sa relative longueur, et Norton, par son jeu subtil et varié, en fait tout le prix. Le réalisateur Gregory Hoblit a fait en 2007 l’excellent La faille, autre film sur la justice, qui a révélé Ryan Gosling.

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Dernière mise à jour de cette page le jeudi 20 mars 2014.