JPM - Films vus à la télé - Décembre 2013

Films vus à la télé - Décembre 2013

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées : La bandera – Hôtel du Nord – Deburau – Les enfants du paradis – Mon oncle – Les vacances de monsieur Hulot – Psychose – Les oiseaux – Les tontons flingueurs – Jour de fête

Personnes citées : Julien Duvivier – Charles Spaak – Pierre MacOrlan – Francisco Franco – Pierre Renoir – Anabella – Jean Gabin – Sacha Guitry – Jean-Gaspard-Baptiste Deburau – Jan Kašpar Dvorák – Georges Eugène Haussmann – Charles Deburau – Jean-Louis Barrault – Jacques Tati – Jacques Lagrange – Jean L’Hôte – Alfred Hitchcock

La bandera

Dimanche 1er décembre 2013 - Ciné+ Classic

De Julien Duvivier, en 1935. Scénario du réalisateur et de Charles Spaak, d’après le roman de Pierre MacOrlan. Durée, 1 heure et 36 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti en France le 25 septembre 1935.

Un homme a commis un meurtre à Paris, dont on ne saura jamais le mobile. Il fuit en Espagne sous le pseudonyme de Pierre Gilieth, puis, désargenté, s’engage dans la Légion étrangère espagnole, où l’on ne demande rien aux nouveaux engagés, et où se trouvent aussi des Français. Il est envoyé au Maroc, alors sous protectorat de la France et de l’Espagne. Mais un policier, Lucas, l’a suivi pour tenter de l’arrêter, et le suivra jusqu’à la mort – celle de Gilieth, car Lucas sera le seul survivant d’une opération très meurtrière.

Les légionnaires du film sont incarnés par des soldats espagnols que le général Franco, qui commandait alors les troupes espagnoles dans le nord marocain, avait prêté à la production, de sorte que le film lui avait été dédié lors de sa sortie. Naturellement, lorsque le film est ressorti après la guerre, on a fait sauter la dédicace, qui faisait mauvais genre... Et puis, le succès avait fondu, car on ne voyait plus alors la colonisation du même œil qu’en 1935 ! Il faut dire qu’on n’y désignait les rebelles marocains que sous le sobriquet de « salopards ».

Je dois à la vérité de dire que, si les acteurs masculins sont tous excellents, spécialement Pierre Renoir qui joue le capitaine baroudeur (il est balafré, a perdu un œil et une main, et a pris la tête de ses hommes quand il sait très bien que tout le monde va se faire tuer dans l’opération), on a beaucoup de mal à croire qu’Anabella joue une Marocaine. Elle sera très différente, trois ans plus tard, dans Hôtel du Nord, dans le rôle de la jeune suicidée qui échappe à la mort. J’ajoute que l’anecdote du policier – qui suit le même délinquant jusqu’au Maroc pour tenter de le mettre en prison – ne tient pas plus la route que celle de Javert pousuivant Jean Valjean pendant presque trente ans. Il est vrai que Gabin, qui joue ici Gilieth, jouera aussi Jean Valjean en 1958 ! Quand on a pris le pli...

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Deburau

Dimanche 15 décembre 2013 - Ciné+ Classic

De Sacha Guitry, en 1951. Scénario du réalisateur, d’après sa pièce. Durée, 1 heure et 33 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti en France le 29 juin 1951.

Le vrai Jean-Gaspard-Baptiste Deburau, né en Bohême en 1796, s’appelait Jan Kašpar Dvorák, et il fit toute sa carrière à Paris, comme mime. Son père était déjà artiste (danseur de corde), et il fut la vedette du théâtre des Funambules, sur le « boulevard du Crime » – que le baron Haussmann détruisit pour en faire l’actuelle Place de la République. Son fils Charles continua dans le même style et créa le personnage de Pierrot, et c’est justement le retrait de Jean-Baptiste et l’avèvenement de Charles qui a intéressé Sacha Guitry, pour en faire une pièce qu’il joua lui-même (dans le rôle-vedette, bien entendu !) entre 1918 et 1951. Mais on se permettra de penser que le personnage a été mieux incarné, quoique un peu édulcoré, par Jean-Louis Barrault dans Les enfants du paradis, en 1945.

Dans le film de Guitry, Deburau est en effet âgé, et il découvre que son jeune fils de vingt ans a la vocation. Un peu jaloux mais aimant, il lui donne les conseils d’usage (on peut en voir un extrait ICI, entre les temps 1:33 et 2:12), et la scène de fin laisse entendre que le fils connaîtra le succès – ce qui est conforme à la vérité historique. Mais Guitry lui-même, quoique marié cinq fois, n’a jamais eu d’enfant. Son film trahit-il un peu de regret ?

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Mon oncle

Vendredi 19 décembre 2013 - Ciné+ Classic

De Jacques Tati, en 1958. Scénario du réalisateur, de Jacques Lagrange et de Jean L’Hôte. Durée, 1 heure et 57 minutes. Couleurs (Eastmancolor), format 1,37:1. Sortie en France le 10 mai 1958.

Le film, trop connu pour être longuement commenté, est l’un des rares films français qui aient reçu un Oscar du meilleur film étranger aux États-Unis, l’année même de sa sortie (il a aussi remporté la Palme d’Or au Festival de Cannes). C’est d’autant plus justifié qu’il est l’un des deux chefs-d’œuvre de son auteur, avec Les vacances de monsieur Hulot.

À la télévision française, il est diffusé trop rarement, alors qu’il ne se passe guère de mois sans qu’un film d’Hitchcock soit programmé, généralement Psychose ou Les oiseaux. On le voit moins souvent que Les tontons flingueurs ! La précédente diffusion de Mon oncle avait eu lieu en juin 2011, sur Arte, et la chaîne l’avait massacré en incrustant une annonce sur le générique de début, et en couvrant la bande son avec une voix féminine lisant la liste des acteurs principaux.

Ici, Tati confirme la présence du personnage qu’il a créé, M. Hulot, bien plus drôle et plus humain que son personnage du facteur François dans Jour de fête. Son comique, basé sur l’observation des petites gens, n’est jamais méchant, et, s’il ne provoque pas de grands éclats de rire, il permet de sourire constamment. C’est rarissime au cinéma.

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Dernière mise à jour de cette page le vendredi 21 mars 2014.