JPM - Films vus à la télé - Février 2015

Films vus à la télé - Février 2015

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées : L’or du HollandaisThe badlandersArsenic et vieilles dentellesArsenic and old laceLes nuits blanchesLe notti bianche – Nuits blanches sur la jetée – Nous avons gagné ce soirThe set-up24 jours

Personnes citées : Delmer Daves – Richard Collins – William Riley Burnett – Alan Ladd – Ernest Borgnine – Katy Jurado – Frank Capra – Julius J. Epstein – Philip G. Epstein – Joseph Kesselring – Cary Grant – Luchino Visconti – Suso Cecchi D’Amico – Fédor Dostoievski – Paul Vecchiali – Dirk Sanders – Nino Rota – Marcello Mastrioanni – Maria Schell – Jean Marais – Robert Wise – Art Cohn – Joseph Moncure March – Robert Ryan – Milton Krasner – Alexandre Arcady – Émilie Frèche – Antoine Lacomblez – Ilan Halimi – Zabou Breitman – Youssouf Fofana – Alexandre Aja

L’or du Hollandais

Mardi 3 février - Ciné+ Classic

De Delmer Daves, en 1958. Titre original, The badlanders. Scénario de Richard Collins, d’après un roman de William Riley Burnett. Durée, 1 heure et 25  minutes. Couleurs (Metrocolor) , format 2,35:1. Sorti aux États-Unis le 3 septembre 1958, en France le 29 avril 1959.

Delmer Daves était un bon metteur en scène, réputé pour ses westerns, quoique celui-ci, un simple film de commande, est considéré comme l’un de ses moins bons. L’histoire commence dans un pénitencier, à la fin du dix-neuvième siècle, et Peter Van Hoek (Alan Ladd), surnommé « le Hollandais », empêche John McBain (Ernest Borgnine), sur le point d’être libéré, de frapper un gardien sadique. Du coup, les deux hommes sont libérés le lendemain. Or Peter, emprisonné sur l’accusation d’avoir volé un filon d’or dans la mine où il travaillait, veut se venger en volant réellement cet or, et John, qui a aussi une revanche à prendre (jadis, un gros propriétaire de la région avait voulu accaparer ses terres, et John l’avait tué), accepte de s’associer avec lui. Évidemment, ils vont y parvenir.

Cette histoire se double, pour chacun, d’une romance : John, avec une femme mexicaine, que joue très bien Katy Jurado, et Peter, avec la femme du propriétaire dont il veut se venger. La première aventure est émouvante et crédible, la seconde pas du tout !

Le réalisateur n’aimait pas le scénario, et avait accepté de le tourner pour rendre service à sa vedette Alan Ladd, qui avait déjà signé son contrat. Il faut dire que Ladd jouait toujours les héros positifs, or il devait interpréter ici un homme qui veut voler de l’or ! Daves a donc soigné plutôt les détails de la principale histoire d’amour, assez émouvante et teintée d’antiracisme, et de la naissance de l’amitié entre les deux hommes, qui était inexistante au début du récit.

Détail curieux : les quatre responsables de la musique ne sont pas cités au générique, car une grève des compositeurs avait éclaté à l’époque du tournage.

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Arsenic et vieilles dentelles

Dimanche 8 février 2015 - Ciné+ Classic

De Frank Capra, en 1944. Titre original, Arsenic and old lace. Scénario de Julius J. Epstein et Philip G. Epstein, d’après une pièce de Joseph Kesselring. Durée, 1 heure et 58 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 23 septembre 1944, en France le 20 décembre 1946.

Comédie très connue, quasiment un classique. Néanmoins, elle n’est pas sans défauts. D’abord, elle est beaucoup trop longue : presque deux heures avec un argument aussi mince, cela finit par sembler un peu exagéré, voire pesant. Ensuite, c’est d’un artificiel peu commun : l’auteur d’un livre contre le mariage, interprété par un Cary Grant qui surjoue énormément, se marie et va présenter sa femme à ses deux vieilles tantes, deux dames charmantes que leur esprit charitable pousse à... expédier dans l’autre monde les gens de leur entourage dès qu’elles estiment qu’ils ne sont pas assez heureux pour continuer à vivre. C’est ainsi qu’elles ont enterré douze corps dans leur cave ! Là-dessus arrive le frère assassin de l’écrivain, accompagné par un médecin, le docteur Einstein (sic) qui lui refait sans cesse le visage pour le faire échapper à la police, et qui a lui aussi tué douze personnes. D’où une compétition absurde. À ceux-là s’ajoutent d’autres personnages tout aussi loufoques, venus compliquer une situation sans doute trop simple...

On rit, bien sûr, mais un peu moins que prévu.

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Les nuits blanches

Jeudi 12 février 2015 - OCS Géants

De Luchino Visconti, en 1957. Titre original, Le notti bianche. Scénario du réalisateur et de Suso Cecchi D’Amico, d’après une nouvelle de Fédor Dostoievski. Durée, 1 heure et 47 minutes. Noir et blanc, format 1,66:1. Sorti en Italie le 15 septembre  1957, en France le 8 mai 1958.

Si la télévision ressort ce film, beau mais qui n’a eu aucun succès, on se doute bien que c’est pour profiter de la sortie du film de Paul Vecchiali Nuits blanches sur la jetée, projeté depuis le 28 janvier : les deux films sont adaptés de la même nouvelle de Dostoievski, quoique traitée différemment. Vecchiali a tourné en décors réels, à Sainte-Maxime, avec seulement quatre acteurs dont lui-même, et sans vedettes, alors que Visconti a fait construire à Cineccittá le vaste décor d’une ville partiellement en ruines, et employé de nombreux figurants, venant appuyer quelques vedettes, dont le danseur Dirk Sanders, dont le remarquable numéro est un des clous du film.

La photographie est magnifique, la musique est de Nino Rota, comme souvent chez Visconti, et les personnages sont interprétés par Marcello Mastrioanni en amoureux déboussolé, Maria Schell en femme qui se croit abandonnée par son amant, et Jean Marais jouant ledit amant, qui revient à la fin et souffle son amoureuse au pauvre Marcello. Ce dénouement diffère ainsi de celui de Vecchiali, où l’amant ne revenait pas. La vision de l’histoire n’est donc pas du tout la même.

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Nous avons gagné ce soir

Vendredi 27 février 2015 - OCS Géants

De Robert Wise, en 1949. Titre original, The set-up. Scénario d’Art Cohn, d’après un poème de Joseph Moncure March. Durée, 1 heure et 13 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 29 mars 1949, en France le 14 octobre de la même année.

Un film « noir » sur la boxe et ses combines, avec un Robert Ryan excellent dans le rôle du boxeur (lui-même l’avait été) qui ne savait pas que l’on comptait sur lui pour perdre un match, et qui, pour avoir causé un préjudice financier à un malfrat ayant parié sur sa défaite, se voit en représailles briser la main à coups de brique. Néanmoins, ayant sauvé son honneur, il considère avoir gagné – d’où le titre français.

Le film est dû au grand réalisateur Robert Wise, et il présente la particularité d’avoir exactement la même durée que ce qu’il raconte, soixante-treize minutes. Et, pour bien affirmer cette volonté, Wise, de temps à autre, montre une pendule permettant au spectateur de vérifier qu’il tient son pari. Hélas, au bout de vingt minutes, il y a une erreur, puisque le cadran montré alors indique qu’il s’est écoulé une demi-heure ! Joli faux raccord, que personne ne voit. Eh oui, quand on veut trop montrer sa technique, on se plante souvent...

La photographie, due à Milton Krasner, est très bonne.

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24 jours

Samedi 28 février 2015 - OCS Max

D’Alexandre Arcady, en 2014. Scénario du réalisateur, d’Émilie Frèche et d’Antoine Lacomblez. Durée, 1 heure et 50 minutes. Couleurs, écran large non précisé. Sorti en France le 30 avril 2014.

Je n’avais pas pu voir ce film en salle, mais il est sorti rapidement à la télévision, sur la meilleure chaîne du moment, qui respecte le format et l’image, c’est-à-dire qu’elle ne la pollue pas par des annonces, au contraire de TOUTES ses concurrentes, y compris Arte et celles du groupe Canal Plus, tombées dans ce travers il y a quelques mois.

L’histoire est celle de l’envèvement d’un jeune Juif de vingt-quatre ans, Ilan Halimi, qu’un groupe de crétins baptisé « gang des Barbares », ayant à sa tête un Ivoirien qui les dirigeait depuis Abidjan et par téléphone, a enlevé en vue d’obtenir une rançon de sa famille, laquelle était loin de pouvoir payer, contrairement à ce que pensaient les ravisseurs, pour lesquels un Juif est forcément riche. Le garçon fut torturé, laissé sans aucune nourriture durant vingt-quatre jours, puis, relâché par l’un des malfrats qui l’arrosa de combustible et y mit le feu, mourut durant son transfert à l’hôpital.

Le scénario adapte le récit fait par sa mère, que joue Zabou Breitman, et le verdict du procès est donné à la fin : perpète avec une peine incompressible de vingt-deux ans pour le chef des bandits, Youssouf Fofana, que la Côte d’Ivoire a extradé vers la France puisqu’il avait un passeport français.

La deuxième équipe du film a été dirigée par le fils du réalisateur, Alexandre Aja, lui-même réalisateur de très bons films d’horreur. Les acteurs sont parfaits.

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Dernière mise à jour de cette page le dimanche 11 octobre 2015.