JPM - Films vus à la télé - Mars 2017

Films vus à la télé - Mars 2017

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées : L’affaire MauriziusLes inconnus dans la maisonCompartiment tueurs – Z Madame de... – Lola Montès – Vendetta

Personnes citées : Julien Duvivier – Jakob Wassermann – Charles Vanel – Madeleine Robinson – Daniel Félin – Anton Walbrook – Costa-Gavras – Sébastien Japrisot – Françoise Arnoul – Claude Berri – Henri Decoin – Henri-Georges Clouzot – Georges Simenon – Raimu – Marcel Mouloudji – Max Ophüls – Marcel Achard – Annette Wademant – Howard Hugues – Danielle Darrieux – Oscar Straus – Georges Van Parys.

L’affaire Maurizius

Dimanche 4 mars 2017 - France 3

De Julien Duvivier, en 1954. Scénario du réalisateur, d’après un roman de Jakob Wassermann. Durée, 1 heure et 50 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti en France le 4 juin 1954.

Le film a été tourné à Berne, capitale de la Suisse. Là, une future gloire du Parquet a réussi à faire condamner à une lourde peine de prison un professeur d’université, Léonard Maurizius, accusé d’avoir tué sa femme plus âgée. Or il n’y avait aucune preuve, seulement des présomptions. Dix-huit ans plus tard, Maurizius étant toujours incarcéré, le fils du procureur, Etzel, lycéen âgé de seize ans et très attaché à la notion morale du justice, soupçonne que cette condamnation était injustifiée, et se met à enquêter sans en parler à son père. Lequel, pendant ce temps, ayant reçu un dossier du père de Maurizius fournissant des arguments en faveur du condamné, réussit à faire grâcier celui qu’il avait fait condamner.

Maurizius, tout en maintenant la thèse de son innocence, accepte sa grâce, qui n’inclut pas sa réhabilitation. Révolté, Etzel maudit son père et quitte le foyer familial, et Maurizius se suicide en se jetant d’un train.

Ce film, très dramatisé, adapté d’un roman à succès publié en Allemagne en 1928, sous la République de Weimar, est donc un pamphlet contre les méthodes de la justice, qui répugne à reconnaître ses torts et à réparer ses erreurs. Parfaitement réalisé, il est joué par de grands acteurs, Charles Vanel, Madeleine Robinson, Daniel Félin et Anton Walbrook. Tout au plus a-t-on en général estimé que de dernier en faisait un peu trop.

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Les inconnus dans la maison

Mercredi 15 mars 2017 - France 3

D’Henri Decoin, en 1942. Scénario d’Henri-Georges Clouzot, d’après un roman de Georges Simenon. Durée, 1 heure et 35 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti en France le 16 mai 1942.

Hector Loursat, que joue Raimu (et c’est le principal attrait du film) est un avocat qui ne plaide plus, boit, et ne communique guère avec sa fille Nicole, depuis que, dix-huit ans plus tôt, sa femme l’a quitté pour un autre homme. Puis, une nuit, un homme est trouvé assassiné dans sa propre maison, et Loursat découvre que sa fille avait une vie secrète, chez lui, en compagnie d’un groupe de jeunes bourgeois désœuvrés de sa ville, et que le mort était un délinquant, bien connu de ces jeunes gens.

La police arrête Émile, le petit ami de Nicole, qui prend Loursat comme avocat. Et l’essentiel du film se pase alors dans la salle daudience, où Loursat, qui n’intervient pas au début, finit par prendre la parole et accuser tous les bourgeois de la ville, ramenant à la barre tous les témoins qu’il n’a pas interrogés. Il parvient à démasquer le véritable coupable, Luska, le seul à ne pas s'être prétendu amoureux de Nicole, ce qui était faux, et qui a voulu faire accuser Émile d’un crime pour se débarrasser de son rival.

Luska est joué par Marcel Mouloudji, le seul personnage émouvant et pitoyable. Mais Raimu domine la distribution, et surprend aux deux-tiers du film, lorsque l’avocat qu’il interprète, et qu’on croyait éteint définitivement, se mue en procureur des habitants de la ville. Mais la toute fin du film apparaît un peu bâclée.

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Compartiment tueurs

Lundi 19 mars 2017 - Arte

De Costa-Gavras, en 1965. Scénario du réalisateur, d’après un roman de Sébastien Japrisot. Durée, 1 heure et 35 minutes. Noir et blanc, format 2,35:1. Sorti en France le 17 novembre 1965.

Comment ce réalisateur grec, après seulement un court métrage sorti sept ans plus tôt, a-t-il réussi à rassembler la moitié des célébrités du cinéma français ? Cela reste un mystère. On relève au générique de son film vingt-trois acteurs connus, voire très connus, sans compter les vingt-cinq qui ne sont pas mentionnés et n’ont parfois aucune réplique à donner, comme Françoise Arnoul ou Claude Berri.

Pourtant, cette histoire passablement obscure et au dialogue très bavard n’avait pas grand attrait pour séduire autant de gens. Il faut dire qu’elle provenait d’un roman de Sébastien Japrisot, littérateur tous terrains et gros fournisseur de scénarios, mais qu’il est permis d’estimer légèrement surfait. Néanmoins, le film va lancer Gavras, qui reprendra la plupart de ses acteurs dans son triomphe quatre ans plus tard, le célébrissime Z, pratiquement le seul film politique ayant eu une réelle répercussion, puisqu’il a largement contribué à faire tomber la dictature des colonels grecs !

Gavras est nommé président et administrateur de la Cinémathèque française depuis 2007.

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Madame de...

De Max Ophüls, en 1953. Scénario du réalisateur, de Marcel Achard et d’Annette Wademant. Durée, 1 heure et 45 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti en France le 16 septembre 1953.

Des vingt-cinq longs-métrages d’Ophüls, celui-ci est l’avant-dernier, deux ans avant Lola Montès. Je ne compte pas Vendetta, initié en 1950 par le producteur cinglé Howard Hugues, et dont il fut renvoyé... comme quatre autres réalisateurs. Le film s’intitule Madame de..., parce que l’un des rares gags de cette fausse comédie consistait à ne jamais prononcer le nom du personnage principal, à ne jamais non plus le montrer écrit. Cette femme est l’épouse d’un général très amoureux d’elle, et qui la couvre de cadeaux, en dépit du fait qu’il la trompe avec une maîtresse italienne !

Danielle Darrieux incarne donc cette femme, dépensière, gaspilleuse, menteuse et infidèle, mais elle le fait avec tant de classe que son mari, qui n’est pas dupe, lui pardonne tout, jusqu’au jour où elle va trop loin en revendant une paire de boucles d’oreilles qu’il lui avait offerte, prétendant l’avoir perdue. Mais le bijoutier rapporte le coûteux colifichet au mari, qui le lui rachète... et le donne à sa maîtresse, laquelle le revendra à Istanbul, où il sera racheté par un ambassadeur italien, qui va tomber amoureux de Madame de... et lui offrira l’objet, qu’évidemment elle ne peut porter.

Le chassé-croisé sur ce bijou se double d’un chassé-croisé amoureux, que les deux hommes vont conduire avec beaucoup de distinction, puisque ce sont des aristocrates, jusqu’au jour où le général, lassé, provoquera en duel son rival, et le tuera.

La séquence de fin montre la femme infidèle abandonnant ses boucles d’oreilles en les déposant sur l’autel d’une sainte dans son église favorite.

Le film, superbement interprété et réalisé, laisse une impression mi-figue mi-raisin, car ce n’est ni un drame ni une comédie. Ophüls, d’ailleurs, avait prévenu son acrice qu’elle devrait incarner la futilité, et Danielle Darrieux s’en tire magnifiquement.

Tout au plus peut-on critiquer l’omniprésence d’une musique sirupeuse, signée Oscar Straus et Georges Van Parys. Ils ont fait mieux !

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Dernière mise à jour de cette page le mercredi 12 avril 2017.