Kinopoivre, les films critiqués par Jean-Pierre Marquet - Vite !

Vite !

Les critiques et notules de ce site peuvent sembler longues aux lecteurs pressés. Pour eux, ces aperçus en peu de mots. Ils sont classés par pages, en suivant l’ordre alphabétique. Au sommaire de celle-ci, Echo Park, L.A., Et là-bas, quelle heure est-il ?, Eyes wide shut.

Chiffres A1 A2 A3 B C D E F G H I J K L1 L2 L3 L4 L5 L6 L7 L8 M1 M2 N O P Q R S T U V W Y

 

Barême :

Classique 4 étoiles

À voir absolument 3 étoiles

À voir 2 étoiles

À voir à la rigueur 1 étoile

Inutile de se déranger 0 étoile

À fuir À fuir

E

Echo Park, L.A.À fuir
de Richard Glatzer et Wash Westmoreland
avec Emily Rios, Jesse Garcia, Chalo González, David W. Ross, Ramiro Iniguez, Araceli Guzman-Rico

Le titre original, Quinceañera, désigne la fête de quinzième anniversaire des jeunes filles hispaniques aux États-Unis, censée marquer leur entrée dans la vie adulte. Mais Madgalena rate la sienne, puisqu’elle se retrouve enceinte... sans avoir couché avec son petit ami Herman ! Le père de Magdalena la renie, si bien qu’elle quitte le domicile parental pour aller se réfugier chez un homme de 84 ans, que chacun appelle « oncle Tomas ». Déjà il héberge Carlos, également renié par son père qui l’a surpris sur un site Internet homo. Ce Carlos fait la connaissance des voisins et propriétaires d’oncle Tomas, un couple de gays du genre gauche caviar, installé dans le quartier pour profiter de l’augmentation attendue du prix des logements, et qui ne tardent pas à se partager Carlos. Les deux méchants homos ne tardent pas à exiger l’expulsion de l’oncle Tomas pour mettre la main sur sa maison et son jardin, et Tomas meurt de chagrin, permettant à Carlos de prononcer son oraison funèbre. Puis le père de Magdalena demande pardon à sa fille, déclarée vierge et enceinte par la Faculté, et le jeune homo l’épouse à l’église, promettant de chercher un boulot stable.

Ce scénario d’une crédibilité sans faille a valu deux récompenses au film, lors du festival de Sundance, la Mecque du politiquement correct.

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Et là-bas, quelle heure est-il ?2 étoiles
de Ming-liang Tsai
avec Lee Kang-Sheng, Chen Shiang-Chyi, Jean-Pierre Léaud, Lu Yi-Ching, Miao Tien, Cecilia Yip, Chen Chao-Jung, Tsai Guei, Arthur Nauczyciel

Le meilleur cinéaste asiatique en est à son septième film de cinéma, dont deux courts-métrages, tous avec le même interprète, Lee Kang-Sheng. Ses films sont dépourvus de musique, et la caméra ne bouge que très rarement. Lee joue Hsiao-Kang, un jeune homme assez bizarre et un peu flemmard, qui gagne sa vie en vendant des montres dans la rue, mais habite chez ses parents – un appartement étroit, lugubre et pas très propre. Le père meurt d’un cancer, la mère refuse d’y croire et devient folle : elle attend désormais le retour imminent de son époux. Hsiao-Kang vend sa propre montre à une jeune fille, Shiang-chyi, qui a beaucoup insisté pour la lui acheter, et qui part faire du tourisme à Paris. Dès lors, il est obsédé par elle. Pour la rejoindre par la pensée, il met à l’heure de Paris toutes les pendules qu’il trouve, dans les lieux publics, dans les magasins, et bien entendu chez lui (la mère, croyant à une manifestation du défunt, fait exorciser la pendule par un prêtre !), et se passe en boucle la cassette du film de Truffaut Les quatre cents coups, seul film sur Paris qu’il a pu dénicher.

Pendant ce temps, à Paris, Shiang-chyi est déprimée, mange n’importe quoi, boit trop de café au point de vomir dans les toilettes d’un bistrot, rencontre dans un cimetière Jean-Pierre Léaud qui lui donne son numéro de téléphone, finit la nuit avec une fille venue de Hong-Kong, et se retrouve en larmes au petit matin sur une chaise des Tuileries, où elle s’endort. Passe un homme mûr, qui repêche, flottant dans le grand bassin, une valise – celle précisément dérobée à Taipeh par la prostituée –, puis s’en va. C’était le père défunt ! Fin du film.

On est intrigué, captivé, amusé par les manies bizarres de Hsiao-Kang, rarement ému il faut le reconnaître, car l’univers de Ming-liang Tsai est assez glacial. Comme le principal sujet se trouve être la solitude, le traitement est tout à fait approprié.

C’est la deuxième fois que le fantastique apparaît dans l’œuvre de Ming-liang Tsai, mais il existe une autre interprétation qui évite le fantastique : le récit n’est-il pas, au fond, le produit de l’imagination de Hsiao-Kang ? Cela expliquerait la présence, dans ce fantasme, de la valise volée ainsi que de son propre père défunt.

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Eyes wide shut0 étoile
de Stanley Kubrick
avec Tom Cruise, Nicole Kidman, Sydney Pollack

Eyes wide shut est un mauvais film, bien qu’il soit de Kubrick, l’un des plus grands réalisateurs, aujourd’hui décédé. L’intrigue est digne d’un roman-photo, qui montrerait un ménage bourgeois affligé de problèmes « de couple » : madame fantasme sur une aventure qu’elle aurait pu avoir avec un amant de passage, monsieur s’en montre jaloux et s’efforce, une nuit durant, de lui rendre la politesse, mais en vrai. Il se tapera bide sur bide, et même, risquera un peu sa peau, du moins il l’imagine. Puis il rentrera au bercail entendre bobonne tirer la conclusion de cette prodigieuse saga : ce qu’il importe de faire urgemment, c’est de « baiser ».

Je vous passe le prétendu mystère censé pimenter tout cela : le complot des tenants partouzards de la jet-set, travestis façon Ku-Klux-Klan, avec à la clé le meurtre présumé d’une prostituée trop bavarde, complot destiné à cacher au populo – qui s’en fout – les ébats libidineux d’une classe sociale privilégiée donc parasite et ne reculant devant rien, comme on le vérifie tous les jours.

Bref, Eyes wide shut, c’est le X-Files du cul.

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Dernière mise à jour de cette page le vendredi 11 mars 2011.