JPM - Films - Notules - Avril 2003

Notules - Avril 2003

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres citées (en italique, autres que des films) : Pinocchio – Bienvenue chez les Rozes – Que la bête meure – Le boucher – La femme infidèle – Laisse tes mains sur mes hanches – Chouchou – Destination finale 2 – Scream – Scary movies – Duel – Le miraculé – Antwone Fisher – Moi, Asimov

Personnes citées : Roberto Benigni – Ninetto Davoli – Pier Paolo Pasolini – Claude Chabrol – Jean Yanne – Chantal Lauby – David Saracino – Micheline Presle – Claude Brasseur – Catherine Frot – Gad Elmaleh – Roschdi Zem – Steven Spielberg – Jean-Pierre Mocky – Jean Poiret – Denzel Washington – Isaac Asimov – Pierre Vassiliu

Pinocchio

Mercredi 1er avril 2003

Pinocchio n’a aucun succès. C’est visuellement très beau, parfois, mais sans surprise. Benigni a l’exubérance qui lui permet de passer pour un enfant. Il fait penser à Ninetto Davoli, l’interprète fétiche de Pasolini.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Bienvenue chez les Rozes

Vendredi 3 avril 2003

Bienvenue chez les Rozes part d’une bonne intention : l’intrusion d’un tandem de prisonniers évadés dans une famille bourgeoise, qu’ils prennent en otage, veut montrer que lesdits bourgeois sont pires que leurs agresseurs. Mais la comédie tourne au ridicule, tant l’accumulation est lourde. C’est toujours pareil, tous les films qui visent à déglinguer la bourgeoisie – louable intention – forcent la note jusqu’à devenir grotesques, et rater leur but.

Prenez Chabrol, par exemple. On dit de lui qu’il tape sur la bourgeoisie depuis plus de quarante ans. Mais ses meilleurs films, pratiquement les seuls bons, ne relèvent pas de ce genre-là. Dans Que la bête meure, le méchant, Jean Yanne, est un simple garagiste enrichi qui n’a rien d’un bourgeois, il fait même plutôt populo. Dans Le boucher, pas davantage, puisqu’il est boucher, amoureux d’une institutrice. Et le couple de bourgeois de La femme infidèle n’est pas du tout traité de manière satirique, mais vu plutôt avec sympathie.

Ce doit être mission impossible.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Pinocchio

Vendredi 3 avril 2003

Selon moi, l’insuccès de Pinocchio vient de ce que l’histoire est filmée à la lettre, et qu’il n’y a aucune surprise, à aucun moment. C’est beau à voir, mais trop connu, probablement.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Laisse tes mains sur mes hanches

Samedi 4 avril 2003

Laisse tes mains sur mes hanches, le film de Chantal Lauby, est long, narcissique, sinistre et sans intérêt. Ni dans le dialogue, ni dans les péripéties, ni dans l’interprétation, on ne trouve quoi que ce soit à sauver. Seule la présence d’un beau garçon, David Saracino, dans un petit rôle, vaut qu’on garde les yeux ouverts.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Chouchou

Mardi 7 avril 2003

Chouchou, histoire d’un homosexuel algérien émigré en France, est un Himalaya d’imbécillité. Que font là-dedans Micheline Presle, Claude Brasseur et Catherine Frot ? Mystère... Ce n’est pas vraiment un film sur l’homosexualité. Il est d’ailleurs très caricatural, très « cage aux folles », et les homos ne doivent pas aimer ça. Ce n’est qu’un film commercial pour exploiter un personnage créé par la vedette du film, Gad Elmaleh. La vraisemblance n’y trouve pas son compte. On y fait même jouer un curé par Roschdi Zem !

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Destination finale 2

Vendredi 10 avril 2003

Destination finale 2, deuxième épisode d’une série cinématographique, est un film d’horreur assez réjouissant, et il a cet avantage sur les Scream et autres Scary movies de ne pas être parodique, mais plutôt sarcastique. L’idée centrale est que, lorsque la Mort vous a choisi, vous ne pouvez y échapper ; que, si par hasard quelque chose vous sauve la vie in extremis, vous y passerez néanmoins et bientôt, que le sursis sera court !

Moyennant quoi, quelques personnages échappent en effet à la mort, mais pour être happés un peu plus tard, et jamais de la façon attendue. Je ne citerai que deux épisodes : un jeune garçon manque d’étouffer chez son dentiste (qui l’a laissé seul un instant sur son fauteuil parce qu’un pigeon s’est introduit dans la salle d’attente voisine). Il en sort indemne, mais, une fois dans la rue, flanque un coup de pied à un de ces sacrés pigeons, qui s’envole, se prend dans le câble d’une grue transportant du matériel de construction... et le garçon finit écrabouillé par une plaque de verre énorme que la grue soulevait ! Un autre garçon, du genre célibataire très bohême, veut se faire à manger chez lui. Pour libérer la poêle à frire, ce dégueulasse balance par la fenêtre les spaghettis de la veille qu’elle contenait. Maladroit, il provoque un incendie. Il en réchappe en passant par la fenêtre, l’échelle de secours se coince, il parvient néanmoins jusqu’au sol... et glisse sur les spaghettis qu’il a jetés. Il s’étale sur le trottoir, l’échelle se décoince et l’empale.

Tous les accidents sont très spectaculaires, notamment le carambolage sur l’autoroute, et mis en scène avec une maîtrise qui m’a rappelé le Spielberg des débuts, celui de Duel. Il y a longtemps que je ne m’étais pas amusé au cinéma. Je conseille fortement ce film.

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Le miraculé

Mardi 14 avril 2003

Vous avez vu Le miraculé, de Jean-Pierre Mocky ? Jean Poiret y jouait un petit escroc qui se faisait passer pour paralysé afin de toucher de l’argent de la Sécu. Lors d’un voyage à Lourdes, il tombe accidentellement dans la piscine des malades en pèlerinage, et là, miracle ! Quand il en sort, il est vraiment devenu paralysé ! Je m’étais bien marré.

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Antwone Fisher

Vendredi 17 avril 2003

Pas encore vu Antwone Fisher, le film de Denzel Washington, mais je me permets de me marrer devant la modestie de violette déployée par son scénariste, qui s’appelle Antwone Fisher. C’est un peu comme si j’écrivais le récit de ma vie et que je l’intitulais Jean-Pierre Marquet.

Remarquez, l’une des trois autobiographies d’Isaac Asimov s’appelait Moi, Asimov, mais enfin, Asimov n’était pas la moitié d’un con.

Il faudra que j’écrive un petit Entracte sur cette manie de donner à un film, une pièce, un livre, un opéra, le nom du personnage principal. La plupart des auteurs sont tombés dans ce travers. Comme si l’imagination ne faisait pas partie du processus de création.

Quant au film Antwone Fisher que j’ai vu tout à l’heure, il m’a rappelé une chanson de Pierre Vassiliu, qui disait :

 

C’était un p’tit gars
Qui s’app’lait Armand,
’l’avait pas d’papa,
’l’avait pas d’maman.

 

Les films de psychanalyse dans lesquels le malade tombe sur un psy génial qui le guérit à la fin, on a bien dû en voir dix mille depuis le début du cinéma parlant.

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Dernière mise à jour de cette page le dimanche 30 novembre 2008.