JPM - Films vus - Notules - Novembre 2008

Notules - Novembre 2008

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres citées (en italiques, autre que des films) : Secret défense (2008) – Secret défense (1998) – Les Dalton – Bella ciao – Lila dit ça – 99 francs – Hellboy II, les légions d’or mauditesHellboy II: the golden army – Le labyrinthe de Pan – La guerre des étoiles – RiparoRiparo - Anis tra di noiBouquet final – C.R.A.Z.Y. – Le premier jour du reste de ta vie – La très très grande entreprise – La fille de Monaco – HomeSaw VMensonges d’étatBody of liesAlias – La chute du faucon noir – VilaineL’échangeChangelingQuatre nuits avec Anna – Deep end – L’ennemi public n° 1 – L’instinct de mort – À bout de souffle – The duchessLes grandes personnesLa vie moderne Moscow, BelgiumAanrijding in MoscouFrangins malgré euxStep brothersSerbisLe plaisir de chanterJ’irai dormir à HollywoodMusée haut, musée basPalace

Personnes citées : Philippe Haïm – Jacques Rivette – Vahina Giocante – Mélanie Laurent – Gérard Lanvin – Nicolas Duvauchelle – Guillermo del Toro – Marco Simon Puccioni – Marc-André Grondin – Didier Bourdon – Bérénice Béjo – Pierre Jolivet – Roschdy Zem – Adrien Jolivet – Vikash Dhorasoo – Olivier Gourmet – Ursula Meier – Leonardo DiCaprio – Russel Crowe – Ridley Scott – Vladimir Poutine – Clint Eastwood – Christine Collins – Walter Collins – Caryl Chessmann – Jerzy Skolimowski – John Moulder-Brown – Diana Dors – Jean-François Richet – Jacques Mesrine – Vincent Cassel – Keira Knightley – Diana Spencer – Jean-Pierre Darroussin – Raymond Depardon – John C. Reilly – Will Ferrell – Richard Jenkins – Brillante Mendoza – Ilan Duran Cohen – Antoine de Maximy – Charles Martel – Steven Spielberg – George Clooney – Jean-Michel Ribes

Secret défense

Vu le samedi 1er novembre 2008 - Sorti le mercredi 10 décembre 2008

Réalisé par Philippe Haïm

Sorti aux États-Unis (American Film Market) le 8 novembre 2008

Sorti en France le 10 décembre 2008

Illustre la lutte entre le terrorisme islamique et notre DGSE. Le film tend à montrer que, du point de vue des chefs des deux camps, tous les moyens sont bons, y compris les pires. À ce détail près, néanmoins, que les services secrets français ne donnent pas dans la barbarie au service du fanatisme religieux : le « Rainbow Warrior », c’était une belle connerie, mais ça ne visait pas à tuer, même si cela a coûté une vie.

Le film est dû, non pas à Jacques Rivette, qui a déjà utilisé ce titre en 1998, mais à Philippe Haïm, dont je n’avais vu jusqu’ici que Les Dalton, qui brillait surtout par son inventivité visuelle, mais guère par son scénario. Ici, le scénario, bâti sur une idée du réalisateur, est excellent, et le récit, bien documenté, se trouve filmé avec clarté. Le budget – 11 millions d’euros –, pour une fois, est dépensé intelligemment. La vision de ce film d’action est assez pessimiste, mais on voit mal comment il pourrait en être autrement.

Les acteurs sont bons, et Vahina Giocante, déjà vue dans Bella ciao, dans le navrant Lila dit ça et dans le très raté 99 francs, va certainement, et enfin, accéder au vedettariat à part entière. Elle remplace l’actrice prévue au départ, Mélanie Laurent, et on ne s’en plaindra pas. Gérard Lanvin est un bloc de cynisme, et Nicolas Duvauchelle est pour une fois touchant dans le rôle d’un paumé recruté pour jouer les kamikazes.

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Hellboy II, les légions d’or maudites

Lundi 3 novembre 2008

Réalisé par Guillermo Del Toro

Titre original : Hellboy II: the golden army

Sorti aux États-Unis (Los Angeles Film Festival) le 28 juin 2008

Sorti en France le 29 octobre 2008

Ceux des critiques pétrifiés de peur à l’idée de rater le dernier train ont dégouliné d’admiration devant ce film, parce qu’il est réalisé par Guillermo Del Toro, un homme « qui a la carte ». Mais l’invention visuelle n’est pas tout. Del Toro avait fait Le labyrinthe de Pan, qui avait plu à beaucoup parce qu’il mêlait le pamphet antifranquiste à la bande dessinée fantastique. J’avais pourtant trouvé ce mélange indigeste, et le résultat, pénible et assez moche. Avec ce dernier film, on n’a même plus l’alibi politique, puisque tout relève de la bande dessinée pour jeunes attardés.

La totalité du film est refaite à l’ordinateur, via les images de synthèse dont nous sommes gavés depuis des années. Le scénario est complètement stupide (c’est encore plus bête que La guerre des étoiles), et les personnages, fort laidement maquillés, sont inexistants.

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Riparo

Mardi 4 novembre 2008

Réalisé par Marco Simon Puccioni

Titre original : Riparo - Anis tra di noi

Sorti en Allemagne (Berlin International Film Festival) le 13 février 2007

Sorti en France le 29 octobre 2008

Le titre complet en italien signifie « Abri : Anis parmi nous », et cet abri est le refuge provisoire qu’une touriste italienne, Anna, offre à un jeune Marocain, Anis, qui s’est caché dans le coffre de sa voiture lorsqu’elle a quittté la Tunisie en compagnie de Mara, laquelle partage sa vie. Très innocent au début, Anis n’a pas compris qu’il avait affaire à deux lesbiennes, et s’étonne de les voir vivre sans homme.

Une fois en Italie, engagé dans l’usine de chaussures que possède la mère d’Anna et où son frère gère le personnel, Anis, consciencieux, se débrouille très bien. Mais l’inévitable cliché scénaristique se produit, et Anis couche avec Mara. Alors, Anna demande à son frère de renvoyer le garçon, sous le prétexte qu’il n’a aucun papier. Conclusion des deux filles : « Toi et moi sommes des merdes, mais on se mérite ».

Le récit est bien conduit, quoique ne réservant aucune surprise, et les caractères sont dessinés avec pertinence. Un tout petit film, oui, mais sans prétention.

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Bouquet final

Mercredi 5 novembre 2008

Réalisé par Michel Delgado

Sorti en France le 5 novembre

Une farce sur les pompes funèbres. Beaucoup de blagues d’inspiration cynique ou macabre, mais comment faire autrement avec un tel sujet ? Le scénario est assez serré pour qu’il n’y ait aucun temps mort, et les acteurs s’en donnent à cœur joie. Le jeune acteur québécois Marc-André Grondin, déjà vu dans C.R.A.Z.Y. et dans Le premier jour du reste de ta vie, ne quitte guère l’écran, et c’est tant mieux, car il est plein de vie et déborde de talent.

Au fait, si vous voulez rire un brin et sainement, voyez donc, dans « Illimité », le canard publicitaire de l’UGC, la manière dont le rédacteur de service raconte le film... qu’il n’a pas vu. Il confond Marc-André Grondin et Didier Bourdon, et fait de Bérénice Béjo la femme du personnage de ce dernier, quand elle n’est que la petite amie du premier. C’est beau, les compétences !

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La très très grande entreprise

Jeudi 6 novembre 2008

Réalisé par Pierre Jolivet

Sorti en France le 5 novembre

Les activités polluantes de la société Naterris ont causé de gros dommages à l’environnement et ruiné de petits commerces. En justice, les plaignants ont été indemnisés avec une aumône de 12 000 euros. Pour toucher davantage, il faut aller en appel, donc trouver un fait nouveau. Quatre victimes décident pour cela de cambrioler le siège de la société, avec des moyens artisanaux. Ils se font prendre, mais un avocat venu de l’Inde (!) amène des témoins étrangers, et le nouveau procès est gagné.

Rien n’est crédible dans cette comédie de Pierre Jolivet, et ce n’est pas le but, donc il est inutile de gémir sur l’invraisemblance de cette histoire ; encore moins, de croire au discours pseudo-politique du réalisateur, qui fait semblant d’avoir voulu dire quelque chose avec son film. Il ne s’agit que de s’amuser avec les quatre acteurs principaux. Parmi eux, Roschdy Zem refait son numéro de La fille de Monaco, Adrien Jolivet est bon dans un rôle conventionnel de jeune branché, et le footballeur Vikash Dhorasoo est très sympathique en avocat..

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Vendredi 7 novembre 2008

Réalisé par Ursula Meier et Thierry Spicher

Sorti en France (Festival de Cannes) le 18 mai 2008

Sorti en France le 29 octobre 2008

Pourquoi un titre anglais ? Le film, franco-belgo-suisse, est francophone. Il pourrait donc s’intituler « Chez soi ».

Une famille habite à quelques mètres d’une autoroute dont la construction a été apparemment abandonnée. La chaussée leur sert de parking aux parents et de terrain de jeu aux enfants. Ils sont heureux et rigolent bien. Puis l’autoroute est remise en état, et leur vie devient un enfer – même si, au début, ils prennent cela très bien et trouvent la nouvelle ambiance plutôt amusante. Jusqu’ici, le film est réussi, parce que c’est originalement décrit.

Ensuite, cela devient pesant : le père, joué par Olivier Gourmet, devient zinzin et transforme la maison en blockhaus, vite irrespirable. Mais la mère n’en peut plus et démolit à coups de masse le panneau de parpaings qui condamne la porte. Le retour à l’air libre est une délivrance. Ils quittent la maison et partent vivre ailleurs.

Cette histoire est nourrie de détails saugrenus et pittoresques, au moins jusqu’à mi-parcours, comme dit plus haut. Elle est admirablement conçue et réalisée, avec un tournage en Bulgarie. Le drame attendu est évité, c’est ce qui en fait un film à part.

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Saw V

Lundi 10 novembre 2008

Réalisé par David Hackl

Sorti en Australie et au Portugal le 23 octobre 2008

Sorti en France le 5 novembre 2008

Un peu moins horrifique, si l’on compare aux quatre premiers épisodes. Un peu mieux photographié, aussi. Mais cela reste aussi sadique, et le scénario est obscur, comme toujours. Tout ça n’a plus aucun intérêt.

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Mensonges d’état

Mardi 11 novembre 2008

Réalisé par Ridley Scott

Titre original : Body of lies

Sorti aux États-Unis le 5 octobre 2008

Sorti en France le 5 novembre 2008

Tout est dans le titre français : une histoire banale sur la CIA et sa lutte contre le terrorisme islamique, reposant sur un affrontement aigre entre un agent sur le terrain, Ferris (Leonardo DiCaprio), et son chef hiérarchique, Hoffmann (Russel Crowe), qui ne quitte guère son bureau à Langley ni sa petite famille, donc ne se mouille jamais. Au centre de l’histoire, une manipulation inventée par Ferris pour faire croire, au chef terroriste qu’il pourchasse, qu’un autre groupe terroriste est entré en activité ; il s’agit de l’obliger à réagir, donc se démasquer. Il y a l’inévitable scène de torture, où il laisse deux doigts, l’inévitable histoire d’amour avec une infirmière d’Amman – très chaste puisque les tourtereaux ne vont pas jusqu’à se serrer la main –, l’inévitable abandon par la CIA des agents qui ne lui sont plus utiles, et les inévitables sottises, digne du feuilleton Alias, sur les caméras aériennes ou satellitaires capables de suivre en plan rapproché n’importe quelle bousculade dans une rue du Moyen-Orient, avec zoom pour « augmenter la définition » (sic), exploit technique rigoureusement impossible ailleurs qu’au cinéma et à la télévision. Mais on peut compter sur Ridley Scott pour aménager les décors et faire passer le Maroc pour la Jordanie, puisqu’il avait déjà fait passer Salé pour Mogadiscio dans La chute du faucon noir. Même si, au passage, en arrière-plan, on repère la Koutoubia de Marrakech !

À part cela, le film ne se demande jamais si le fait que les États-Unis sont autant détestés du monde musulman (et pas seulement) ne serait pas un peu dû à l’action de la CIA elle-même. C’est donc le serpent qui se mord la queue...

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Vilaine

Jeudi 13 novembre 2008

Réalisé par Jean-Patrick Benes et Allan Mauduit

Sorti en France et en Belgique le 12 novembre 2008

Commence de manière assez plaisante : une fille peu gâtée par la nature et qui ne fait rien pour être plus séduisante est victime d’une mauvaise blague montée par ses trois copines. Trop gentille jusque là, elle décide de changer son fusil d’épaule et de se venger de tout ceux qui la méprisent, sa voisine, sa mère, son patron, et bien entendu les trois malfaisantes.

Malheureusement, et par manque de vigueur du scénario, la réalisation de tous ces beaux projets laisse le spectateur sur sa faim. On ne tarde pas à s’ennuyer. Et puis, comment croire à l’annulation de ce mariage à l’église, quand le seul mariage qui compte, c’est celui prononcé à la mairie, qui a lieu avant ? Je ne suis pas en train de chipoter, cela signifie que les deux réalisateurs n’ont pas soigné les détails et se sont trop reposés sur le postulat.

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L’échange

Vendredi 14 novembre 2008

Réalisé par Clint Eastwood

Titre original : Changeling

Sorti en France (Festival de Cannes) le 20 mai 2008

Sorti en France le 12 novembre 2008

Film mineur, mais qui se voit sans ennui. On doit avouer que c’est un étrange projet que de faire un pamphlet contre la police de Los Angeles telle qu’elle était... en 1928 ! Il n’y avait pas de sujet plus actuel ? D’autant plus que l’affaire scandaleuse contée ici, et qui a débouché sur la mise à l’écart de deux responsables, n’a rien réglé : l’enquête étouffée sur le Dahlia Noir, presque vingt ans plus tard, a bien montré le peu de capacités du régime états-unien à réformer ses tares en profondeur – contrairement à ce qu’on nous serine à longueur d’éditoriaux, simplement parce qu’un métis a pu se faire élire à la Présidence. Il en est de même dans les autres pays, d’ailleurs : même l’effondrement du communisme en URSS n’a pas empêché la Russie d’être toujours gouvernée par Poutine, un ancien du KGB !

Dans ce film de Clint Eastwood, adapté de faits réels, Christine Collins élève seule son petit garçon, qui disparaît un jour. Quelques mois plus tard, la police lui ramène triomphalement un enfant que la mère ne reconnaît pas. Mais les flics refusent d’admettre leur erreur. Comme elle insiste... ils la font interner dans un asile psychiatrique ! Elle en sera libérée grâce à un prédicateur de radio, qui s’est donné pour tâche de faire campagne contre la corruption de la police, et sa version sera corroborée par l’arrestation du véritable ravisseur, qui sera pendu pour trois meurtres avérés d’enfants – mais il en avait sans doute une vingtaine à son actif –, dont probablement celui du fils Collins, mais cela restera sans preuve.

Le film est long, deux heures et vingt-et-une minutes, et curieusement construit. La longue scène entre la mère et l’assassin dans sa prison (San Quentin, où finira Caryl Chessmann en 1960), ainsi que celle de sa pendaison, sont sans doute superflues.

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Quatre nuits avec Anna

Lundi 17 novembre 2008

Réalisé par Jerzy Skolimowski

Titre original : Cztery noce z Anna

Sorti en France (Festival de Cannes) le 15 mai 2008

Sorti en France le 5 novembre 2008

Jerzy Skolimowski est né en Pologne, qui n’est pas le pays le plus joyeux d’Europe, et y a commencé sa carrière de cinéaste en 1960. Puis il a émigré à l’Ouest, comme beaucoup. Je ne connais, de cette partie de sa vie, que Deep end, excellent film qui se passait à Londres – tournage en Allemagne, néanmoins –, où le jeune John Moulder-Brown incarnait un garçon employé dans une piscine, et qui offrait un rôle à Diana Dors, actrice célèbre surtout pour son ample poitrine. Après quelques films à Hollywood, Skolimowski s’est arrêté de tourner, et s’est consacré à la peinture pendant quinze ans (pas dix-sept, comme tout le monde l’a écrit dans la presse – profession où chacun répète, sans vérifier, ce qu’a écrit le voisin). Puis il est retourné dans son pays natal pour y faire Quatre nuits avec Anna.

Ce film a remporté un triomphe auprès des critiques sérieux. Mais j’ai le regret de dire qu’il est aussi obscur et sinistre que le pays natal du réalisateur : Leon a été accusé d’avoir violé Anna, et a fait de la prison. Libéré, il s’introduit quatre nuits de suite chez elle pour la regarder dormir, recoudre un bouton de son chemisier, et tenter de réparer sa pendule à coucou. Il se fait prendre par la police et passe derechef devant le tribunal. On ne saura pas de quoi il écope cette fois.

Le tout est à ce point vide et lugubre qu’on voit mal ce qu’il faut en dire. Peut-être la peinture a-t-elle perdu un grand artiste ?

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The duchess

Mardi 18 novembre 2008

Réalisé par Saul Dibb

Sorti au Royaume-Uni le 3 septembre

Sorti en France le 12 novembre 2008

Le principal attrait de ce film plutôt mollasson est décoratif : les beaux décors de châteaux, les robes, la beauté de Keira Knightley, l’une des actrices les plus attrayantes du cinéma d’aujourd’hui. Mais ce film ne procure aucune émotion.

Georgiana épouse le richissime duc du Devonshire, un homme très froid, qui n’attend d’elle qu’un héritier mâle. Mais au début, elle ne lui « donne », comme on dit bêtement, que des filles. Alors il la trompe avec Bess, la meilleure amie de Georgiana, et va jusqu’à installer sa maîtresse au domicile conjugal. Georgiana réagit comme toute femme de bon sens, elle prend un amant, le jeune politicien Charles Grey. Mais la liaison est trop voyante, et son mari, usant des droits masculins de l’époque, menace de lui retirer ses enfants si elle ne rompt pas. Donc elle rompt, et l’enfant qu’elle attendait de Grey, elle doit l’abandonner à la famille de son amant.

Plus tard, les époux se rabibochent pour les convenances, et vivront – avec Bess – jusqu’à la mort de l’épouse. Puis Bess épousera son amant après la mort de sa femme.

Le spectateur se demande pourquoi ce film. Montrer que les femmes n’avaient pas la vie belle au dix-huitième siècle ? Pas vraiment une découverte...

La pub nous a seriné que Georgiana était la lointaine ancêtre de Lady Di. Aucun intérêt, bien entendu, et le film ne mentionne pas ce détail. Il laisse le spectateur découvrir la similitude de ce trio avec Charles-Diana-Camilla.

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L’ennemi public n° 1

Vu le samedi 20 septembre 2008 - Sorti le mercredi 19 novembre 2008

Réalisé par Jean-Francois Richet

Sorti en France le 19 novembre 2008

La suite du film précédent, L’instinct de mort, montrant la « carrière » de Jacques Mesrine, et son habileté à utiliser les médias pour se faire cette réputation d’ennemi public n° 1 à laquelle il tenait tant. Ses fantaisies verbales et provocatrices provoquent fréquemment le rire du public, ce qui ne le rend pas complice pour autant, car le personnage était vraiment répugnant, et n’avait aucun excuse. C’est d’ailleurs le mérite de ces deux films, que de ne pas céder à l’attrait du « romantisme du mauvais garçon », qui fut toujours le grand défaut des films noirs – ceux de la Nouvelle Vague française y compris, et dès son début, voir À bout de souffle. Mesrine, qui tuait apparemment comme il buvait un verre d’eau, n’inspirait que de la répulsion, et ce trait est parfaitement traduit par l’interprétation de Vincent Cassel, qui trouve enfin, à la fois, un rôle qui lui convient, et l’occasion de jouer la comédie, occasion qui lui avait fait défaut dans la cinquantaine de films et téléfilms qu’il a derrière lui.

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Les grandes personnes

Mercredi 19 novembre 2008

Réalisé par Anna Novion

Sorti en Grèce (Festival du Film d’Athènes) le 24 septembre 2008

Sorti en France le 12 novembre 2008

Au départ, un malentendu sur une réservation en Suède : un Français divorcé, Albert, père d’une fille de 17 ans, Jeanne, doit cohabiter durant deux semaines près de Göteborg avec sa logeuse suédoise Annika et son amie française Christine, costumière de théâtre. Il ne va rien se passer de majeur, mais les petits incidents de la vie quotidienne suffisent à soutenir l’intérêt : les maladresses du père, joué avec justesse par Jean-Pierre Darroussin, l’attirance de sa fille pour un joli garçon du coin, Johan, qui la délaisse pour une autre fille, l’ébauche d’une aventure du père avec Christine, tout cela est très juste. Preuve qu’on peut faire de l’art avec de bons sentiments ?

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La vie moderne

Jeudi 20 novembre 2008

Réalisé par Raymond Depardon

Sorti en France (Festival de Cannes) le 18 mai 2008

Sorti en France le 29 octobre 2008

Documentaire clair et concis de Raymond Depardon sur la mort de l’agriculture dans les régions de montagnes : les paysans vieillissent, les jeunes ne veulent plus faire le métier, et les rares qui le voudraient ne s’en sortent pas financièrement.

Le film est encadré par deux longs travellings, pris d’une voiture qui circule sur une petite route : vers l’avant quand Depardon arrive, vers l’arrière quand il s’en va. Le mouvement d’ouverture s’arrête pile quand un vieux paysan débouche sur la route avec son troupeau, et comme il est impossible que cet effet n’ait pas été suscité, voire répété, cela nous rappelle que même les documentaires les plus honnêtes sont préparés, mis en scène. Ce qui n’enlève rien, du reste, à leur authenticité. Depardon est réputé pour son intégrité, sa modestie et son efficacité.

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Moscow, Belgium

Vendredi 21 novembre 2008

Réalisé par Christophe Van Rompaey

Titre original : Aanrijding in Moscou

Sorti en Belgique le 23 janvier 2008

Sorti en France le 19 novembre 2008

Titre anglais injustifié, puisque le film est flamand, s’intitule Aanrijding in Moscou (« Collision dans Moscou »), et se passe dans le quartier de Moscou (pas « Moscow »), à Ledeberg, dans l’agglomération de Gand. En tout cas, la réputation des films belges en prend un coup, car c’est le film le moins intéressant que la Belgique nous ait envoyé depuis longtemps – en dépit des cris d’enthousiasme de la critique.

Matty, quarante-et-un ans – ou quarante-trois, elle se contredit –, mère de trois enfants séparée de son mari Werner (ce professeur de dessin est allé vivre avec une jeunette, mais il voudrait bien revenir avec sa femme), a une brève histoire avec Johnny, un routier de vingt-neuf ans. Elle le larguerait volontiers, car il est un peu plouc, mais elle n’y arrive pas, donc il s’accroche et la ridiculise en public par ses déclarations intempestives.

Les personnages passent beaucoup de temps à se quereller, et franchement, on s’en fiche. D’autant plus que cette gourde de Matty ferait mieux de récupérer son mari, plus beau, plus intelligent, plus artiste, et qui l’aime, alors que son amant de passage ressemble à un Luchini barbu et tient tous les intellectuels pour des inutiles. Un beauf, quoi.

C’est filmé en caméra portée, et l’image est d’une remarquable laideur.

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Frangins malgré eux

Lundi 24 novembre 2008

Réalisé par Adam McKay

Titre original : Step brothers

Sorti au Canada et aux États-Unis le 25 juillet 2008

Sorti en France le 19 novembre 2008

Les films où deux adultes déjà pourvus d’enfants se marient et doivent réunir leurs progénitures respectives abondent, au cinéma comme à la télévision. La seule nouveauté, ici, c’est que les deux enfants forcés de cohabiter ont la quarantaine. Bien entendu, ils se détestent au début et finissent par devenir copains. Aucune surprise.

Rarement on a vu un film aussi bête et aussi vulgaire. Mal fichu, en supplément. Pour ne rien arranger, les deux acteurs principaux, John C. Reilly et Will Ferrell, également co-scénaristes, sont aussi peu séduisants et charismatiques que possible. On est navré de voir l’excellent Richard Jenkins se commettre dans cette bouse, qui ne vous arrachera pas le moindre ricanement.

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Serbis

Mardi 25 novembre 2008

Réalisé par Brillante Mendoza

Sorti en France (Festival de Cannes) le 18 mai 2008

Sorti en France le 12 novembre 2008

À Angeles City, ville située au nord-ouest de Manille (Philippines), le cinéma Family est bien nommé, puisque c’est une salle qui ne passe que des films érotiques ! Mieux, elle est surtout fréquentée par des clients qui viennent y trouver d’autres satisfactions que cinématographiques, et ce ne sont que fellations, voire copulations, à tous les étages, toilettes comprises, bien entendu.

Pourtant la propriétaire, Nanay Flor, est une femme bien convenable et fort pieuse ! Mais elle est affligée d’une trop nombreuse famille, et son mari est allé fonder ailleurs un second foyer, ce pour quoi elle l’a assigné devant le tribunal, qui l’a déboutée. Bref, la vie est dure, il ne lui reste plus que le Family sur les trois salles qu’elle possédait, et ce grand cinéma est en très mauvais état. Pour comble, l’un de ses fils vient de mettre une fille enceinte, et il n’a aucun autre métier que le petit emploi procuré par sa mère. En fait, c’est sa fille aînée, Nayda, qui mène la barque, elle-même mère d’un petit garçon, Jonas, adepte du Rubik’s cube et qui évolue dans tout cela comme un poisson dans l’eau.

Il n’y a aucune histoire, c’est l’une de ces tranches de vie qu’affectionnent les critiques de cinéma, et la distanciation qu’ils recherchent partout est donnée au dernier plan du film, quand la pellicule s’enflamme !

Mais tout cela est plein de vie, on sourit assez souvent, et une information utile nous est donnée par le réalisateur Brillante Mendoza : comment traiter un furoncle grâce à une bouteille de soda ! Recommandé à tous les touristes qui se rendent à Manille... et par les cinéphiles français, las des comédies poussives que leur offre notre cinéma national.

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Le plaisir de chanter

Mercredi 26 novembre 2008

Réalisé par Ilan Duran Cohen

Sorti en France (Festival Hors-Écran de Lyon) le 8 octobre 2008

Sorti en France le 26 novembre 2008

Le type de scénario impossible à raconter ! C’est extravagant, inattendu, drôle. La première scène installe les deux pôles de l’histoire, entre ce trafiquant d’uranium et ce jeune homme qui chante dans le métro : le cours de chant que dirige sa mère va devenir le lieu de rendez-vous des agents secrets et des complices, involontaires ou non, du méchant. Tout le monde, homo ou hétéro, couche avec tout le monde, comme de juste, et rien n’est à prendre au sérieux.

Le réalisateur Ilan Duran Cohen avait sorti La confusion des genres en 2000, et il a toujours autant de talent dans le registre non conformiste.

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J’irai dormir à Hollywood

Jeudi 27 novembre 2008

Réalisé par Antoine de Maximy

Sorti en France le 19 novembre 2008

Antoine de Maximy fait des reportages à la télévision. Pour ce film-ci, muni d’un matériel spécial lui permettant de se filmer lui-même, il traverse les États-Unis, avec pour seul but, très politiquement correct mais un peu nunuche, de « rencontrer des gens » (sic). Certes, certes, mais pourquoi dans ce pays, qui n’est pas le plus intéressant, et où tout le monde va déjà ? Or il faut avouer qu’il ne rencontre guère que des cinglés, ou alors, il n’a retenu que cela au montage. Cela va du vendeur de voitures d’occasion qui trouve très drôle de casser les épaves qu’il vend, au chauffeur de taxi qui tient ses clients à distance parce qu’ils « peuvent avoir un couteau ou une arme à feu » (il ne voit pas que la distance entre lui et ses clients, à l’intérieur d’un taxi, ne peut rien contre un flingue), ou encore ce jeune résident de la Nouvelle-Orléans, qui croit dur comme fer que tout le monde en France parle arabe, que les incendies allumés par les terroristes islamiques y ravagent le pays, et nous conseille de susciter l’avènement d’un nouveau Charles Martel !

Maximy lui-même est assez allumé. Las de circuler en stop ou de perdre deux heures en bus pour aller se nourrir, il achète un corbillard désaffecté, le repeint en rouge, et... se fait gentiment virer de la réserve navajo, parce que les habitants ont une crainte superstitieuse de son véhicule. Parti avec l’idée, à laquelle il ne croit certainement pas, d’aller dormir chez une célébrité d’Hollywood, n’importe laquelle, il sonne chez Spielberg, où on ne lui ouvre pas, puis s’introduit dans la propriété de George Clooney, où un garde du corps de la vedette fait évidemment barrage. Il ne lui reste plus qu’à aller dormir sur la plage de Santa Monica, où un sans-abri, ancien agent immobilier, tire la conclusion évidente : les États-Unis, que l’on croit peuplés de gens plein aux as roulant dans de grosses bagnoles, sont en fait un pays pauvre, exception faite des grandes villes qui font office de vitrines, et leurs habitants, quoique souvent cordiaux et serviables, sont ignares, bourrés de préjugés, et terrorisés par leurs propres voisins. Go West, young man...

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Musée haut, musée bas

Vendedi 28 novembre 2008

Réalisé par Jean-Michel Ribes

Sorti en France le 19 novembre 2008

Sur le même modèle que sa série télévisée Palace, Jean-Michel Ribes construit un film à sketches, avec défilé d’acteurs faisant un numéro généralement très court. Parfois, c’est aussi beaucoup trop long !

Ribes ne doit guère apprécier les musées, car le sien (imaginaire, mais qui utilise les salles de divers musées parisiens et la façade du Grand Palais), il le fait ravager par des insectes, des plantes grimpantes, la pluie, la foudre, avant de l’engloutir dans la mer. Mais certains spectateurs estimeront peut-être qu’il est surtout englouti sous des flots de sottises. C’est selon les goûts.

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