JPM - Films vus à la télé - Novembre 2008

Films vus à la télé - Novembre 2008

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées (en italique, autres que des films) : Nazarín – ¡Que viva Mexico! – Au-dessous du volcan – L’ange exterminateurEl angel exterminador – Un chien andalou – Cet obscur objet du désir – Kapo – La bataille d’Alger – Queimada – The QueenMarySir John greift ein – Murder – Juno and the peacock – Les duellistesThe duellists – Barry Lyndon – La vie criminelle d’Archibald de la CruzEnsayo de un crímen

Personnes citées : Luis Buñuel – Julio Alejandro – Emilio Carballido – Benito Pérez Galdós – Gabriel Figueroa Mateos – Sergei Mikhailovich Eisenshtein – Grigori Aleksandrov – Luis Alcoriza – Claudio Brook – Carole Bouquet – Gillo Pontecorvo – Susan Strasberg – Laurent Terzieff – Emmanuelle Riva – Franco Solinas – Jacques Rivette – Serge Daney – Yacef Saâdi – Ali la Pointe – Stephen Frears – Peter Morgan – Helen Mirren – Elisabeth II – Ahmed Fayed – Diana Spencer – Jean-Pierre Carasso – Françoise Monier – Alfred Hitchcock – Georg C. Klaren – Alma Reville – Helen Simpson – Clemence Dane – Ridley Scott – Gerald Vaughan-Hughes – Joseph Conrad – Napoléon Bonaparte – Stanley Kubrick – Eduardo Ugarte – Rodolfo Usigli – Ernesto Alonso – Agustín Jiménez

Nazarín

Dimanche 2 novembre 2008 – Ciné Cinéma Classic

De Luis Buñuel, en 1959. Version originale, sous-titrée en espagnol. Scénario de Luis Buñuel, Julio Alejandro et Emilio Carballido, d’après un roman de Benito Pérez Galdós. Durée, 1 heure 34. Noir et blanc, écran 4/3, sorti au Mexique le 4 juin 1959, en France le 30 novembre 1960.

Ce film fait partie de ceux qui attiraient le public par la qualité du directeur de la photographie, le grand Gabriel Figueroa (vrai nom, Gabriel Figueroa Mateos). Il a été le responsable de la photo pour deux cent dix films, et avait débuté avec ¡Que viva Mexico!, illustre film d’Eisenstein et Grigori Aleksandrov, en 1932. Son avant-dernier film était Au-dessous du volcan, de John Huston, film d’ailleurs assez médiocre. Il est mort en 1997 à Mexico, où il était né, trois jours après son quatre-vingt-dixième anniversaire. Il faut avouer que Nazarín n’est pas sa plus grande réussite sur le plan de la photo.

Le film lui-même n’est pas un chef-d’œuvre. On voit assez bien ce qui a pu attirer l’athée Buñuel dans cette histoire : Nazario est un prêtre catholique très pauvre, et il est si bon qu’il donne mauvaise conscience à sa hiérarchie, de sorte qu’elle l’éjecte de son poste de curé. Il part sur les routes, accompagné de deux femmes pieuses qui le prennent pour un saint et attendent de lui des miracles. Il n’est pas interdit de voir en Nazario un avatar de Jésus lui-même, et le sens n’est pas très caché : si Jésus revenait, c’est le Vatican qui se chargerait de le persécuter !

On a parfois l’impression qu’il manque des fragments de scènes, par exemple dans la séquence du chantier. La seule image qui reste en mémoire est celle de ce Jésus rigolard, un fantasme de toute évidence anti-clérical.

 

Nazarín

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L’ange exterminateur

Dimanche 16 novembre 2008 - Ciné Cinémas Classic

De Luis Buñuel, en 1962. Version originale, El angel exterminador, sous-titrée en espagnol. Scénario de Luis Buñuel. Durée, 1 heure 35. Noir et blanc, écran 4/3, sorti en France au Festival de Cannes, en mai 1962, puis en salles le 1er mai 1963. Sorti au Mexique, où le film a été tourné, le 22 septembre 1966.

Nouvelle version, avec des dialogues de Luis Buñuel, d’après la première version, due à Luis Buñuel et Luis Alcoriza, Los náufragos de la calle de la Providencia. Là encore, le directeur de la photo était Gabriel Figueroa, et, bien qu’il soit plutôt le spécialiste des scènes en extérieurs, ce film en intérieur est mieux photographié que Nazarín.

Buñuel, trop souvent considéré comme un cinéaste grave, était en fait un joyeux plaisantin, et le film est une énorme blague sur la bourgeoisie mexicaine, tournée en ridicule via un scénario fantastique à double détente : on donne une réception dans une maison appartenant à des gens très riches, mais, juste avant le dîner, tous les domestiques s’en vont ; ne reste que le majordome Julio (Claudio Brook). Après le dîner, les invités, passés au salon, s’aperçoivent qu’ils ne peuvent plus quitter la pièce. Rien ne les en empêche, en apparence, mais non, l’obstacle est, disons, psychologique, faute d’un autre terme. Tous vont passer la nuit sur place, dormant où ils peuvent. En guise de toilettes, une armoire et les vases précieux qu’elle contient. Le lendemain, statu quo, la sortie est toujours infranchissable. Plus d’eau, ils doivent démolir un mur pour atteindre les conduites d’eau qui y passent. Nouvelle journée, nouvelle nuit, ils sont de plus en plus sales et de plus en plus hostiles les uns envers les autres. C’est alors qu’une femme a une idée : reprenons les places exactes que nous avions avant « l’incident ». Et ça marche ! Ils peuvent sortir. Plus tard, on donne à la cathédrale une messe d’actions de grâce pour ce miracle, mais cette fois, c’est dans l’église que le même phénomène se reproduit ! Fin du film.

Les symboles surréalistes abondent, comme souvent chez le cinéaste. Il avait débuté en France avec Un chien andalou, court métrage de 1929, continué en Espagne, puis s’était installé au Mexique. L’ange exterminateur est le dernier film réalisé dans ce pays, et ses huit films suivants, il venait les réaliser en France – tout en continuant à vivre au Mexique. Son scénariste attitré était alors Jean-Claude Carrière. Dans son dernier film, Cet obscur objet du désir, en 1977, il faisait débuter Carole Bouquet, qui n’avait jusque là joué que dans une mini-série télévisée.

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Kapo

Lundi 17 novembre 2008 - Ciné Cinéma Classic

De Gillo Pontecorvo, en 1959. Scénario de Gillo Pontecorvo et Franco Solinas. Noir et blanc, format 4/3. Sorti en Suède le 17 avril 1961. Durée, 118 minutes. Il avait été proposé à l’Oscar du Meilleur Film étranger, mais ne l’a pas remporté.

Version, non pas originale (voir mon article sur Le guépard à propos des versions prétendues originales lorsque le film est italien), mais italienne : en effet, l’actrice principale, Susan Strasberg, vient des États-Unis et joue une Française ; Laurent Terzieff est français mais joue un Russe ; Emmanuelle Riva est française et joue une Française ; et tout le monde est doublé en italien ! Sous-titré en français.

À Paris sous l’Occupation, Édith, jeune Parisienne juive, voit ses parents raflés puis envoyés dans les camps de la mort. Un peu plus tard, elle-même est arrêtée et déportée, mais, dans le camp où elle aboutit, elle parvient à prendre l’identité d’une morte non juive, Nicole, et peut ainsi se faire passer pour une simple détenue de droit commun. Elle est contrainte de se prostituer un peu, mais son sort s’améliore quand elle est nommée « Kapo », c’est-à-dire détenue surveillante. Ce qui, bien plus tard, ne la protègera pas : elle devra se sacrifier afin de faciliter une évasion de ses compagnons de détention, qui ont besoin d’elle pour couper le courant des grilles électrifiées.

Ce film, bien que dû à un ancien résistant italien, homme de gauche, humaniste, etc., a provoqué contre son auteur une haine irraisonnée... de la critique française de gauche, à cause d’une seule et très courte scène où le personnage d’Emmanuelle Riva mourait électrifiée contre la clôture. Cette tempête dans un verre d’eau, qui ne toucha que la France, fut qualifiée de « bataille d’Hernani de la cinéphilie moderne », et le film de Pontecorvo ne s’en remit jamais, au point que son édition en DVD, 47 ans plus tard, réactiva la controverse ! C’est Jacques Rivette qui ouvrit le feu dans « Les Cahiers du Cinéma », numéro 120, dans une notule intitulée De l’abjection : « Voyez cependant, dans Kapo, le plan où Riva se suicide, en se jetant sur les barbelés électrifiés ; l’homme qui décide, à ce moment, de faire un travelling-avant pour recadrer le cadavre en contre-plongée, en prenant soin d’inscrire exactement la main levée dans un angle de son cadrage final, cet homme n’a droit qu’au plus profond mépris ». Ce qui, du reste, est une description inexacte, puisque la main n’aboutit pas dans un angle, mais exactement au milieu du bord supérieur de l’image ! Mais on ne voit que ce que l’on veut voir.

Et trente ans plus tard, enfonçant le clou au-delà des limites du ridicule, un autre critique, Serge Daney, en remettait une couche, tout en admettant... n’avoir jamais vu le film !

En fait, l’objet de cette agitation contre le prétendu esthétisme du film se bornait à ces quelques images, après la mort du personnage d’Emmanuelle Riva :

 

Kapo

 

Pas de quoi fouetter un critique. Pour dire la vérité, c’est surtout le scénario qui n’était pas très bon ! Et le réalisateur finit par se brouiller avec le scénariste...

Pontecorvo est surtout louangé pour La bataille d’Alger, bien à tort à mon avis, parce que c’était un mauvais film, qui reprenait sans nuance le point de vue des Algériens, et plus précisément du FLN ; et pour cause, puisque le patron du Centre national du Cinéma algérien, au moment du tournage, était Yacef Saâdi, ancien chef des égorgeurs du FLN, qui d’ailleurs joue dans le film, et qui avait plus que beaucoup facilité le tournage sur place. La bataille d’Alger, film malhonnête, faisait entre autres un héros patriotique d’Ali la Pointe, un petit souteneur de la Casbah, notoire joueur de couteau. Bien meilleur fut Queimada, avec Marlon Brando, sur la colonisation britannique aux Antilles, mais ce film-là, plus complexe, tourné dix ans plus tard, est en général ignoré, voire dédaigné.

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The queen

Mardi 18 novembre 2008 - Ciné Cinémas Classic

De Stephen Frears, en 2006. Version originale sous-titrée. Scénario de Peter Morgan. Couleurs, format 1,85/1. Sorti au Festival de Venise le 2 septembre 2006, au Royaume-Uni et en Italie le 15, en France le 5 octobre (au Festival du film britannique de Dinard), puis dans les salles le 18.

Stephen Frears n’écrit pas de scénarios, il a déclaré que, chaque fois qu’il avait participé à l’écriture d’un film, cela avait tourné au désastre ! Mais le film est très connu, excellent, et j’en ai déjà parlé dans une notule lors de sa sortie. On a dit et répété partout qu’Helen Mirren incarne parfaitement Elisabeth II, ce qui est exact. L’une des scènes marquantes du film montre la reine s’apitoyant (discrètement) sur la mort d’un cerf, alors qu’elle est restée de glace en apprenant que son ex-belle-fille venait de mourir d’un accident à Paris.

Deux détails superfétatoires, mais il n’est pas interdit d’en rire : alors qu’en France, nos journaux et radio-télés cirent les bottes de la famille d’Ahmed Fayed, l’amant de lady Di, en l’appelant « Al-Fayed », ce qui revient à lui attribuer l’équivalent arabe d’une particule nobiliaire qu’elle n’a jamais possédée, le film dit simplement « Fayed », le nom exact.

Et puis, nos amis les sous-titreurs, Jean-Pierre Carasso et Françoise Monier (oui, ils se sont mis à deux pour faire cette bourde) s’obstinent à traduire « Madam » – la seule façon de s’adresser à une reine et qu’on entend distinctement dans le dialogue – par « Majesté », une hérésie. Certes, ils le font tous...

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Mary

Lundi 24 novembre 2008 - France 3

D’Alfred Hitchcock, en 1931. Version originale en allemand, sous-titrée en français. Scénario de Georg C. Klaren, Alma Reville (madame Hitchcock) et Helen Simpson, d’après la pièce de Clemence Dane. Durée, 1 heure et 18 minutes. Noir et blanc, format 4/3. Sorti en Allemagne le 2 mars 1931 et en Autriche le 21 mars.

Selon toute vraisemblance, jamais diffusé en salle ni à la télévision en France avant ce jour. Autre titre : Sir John greift ein, ce qui signifie en allemand « Sir John intervient ». Il s’agit en effet de la version allemande de Murder, tourné la même année, mais qu’Hitchcock réalisa ultérieurement, dit-on mais ce n’est pas certain, après Juno and the peacock. Hitchcock avait déjà tourné en Allemagne, mais il fit ce film à Londres, avec des acteurs allemands, dans les mêmes décors que Murder, et qui durait plus longtemps, 1 heures et 44 minutes.

L’histoire est celle d’une jeune actrice, Mary Baring, accusée d’avoir tué la femme du directeur du théâtre où elles jouent toutes les deux. En fait, elle dit ne se souvenir de rien. Elle est jugée et condamnée à mort, mais l’un des jurés, sir John, un célèbre auteur de théâtre, ne croit pas à sa culpabilité et refait l’enquête. On aboutit au véritable coupable, Fane, également acteur, qui était le fiancé de Mary. Il avait tué la victime parce qu’elle s’apprêtait à révéler à sa fiancée un « secret inavouable ». Selon la version allemande, c’était un évadé de prison qui craignait d’être repris, mais en fait, on comprend qu’il était plutôt homosexuel, circonstance rare dans le cinéma de 1930. La fin est extravagante : l’assassin, qui est aussi trapéziste, se suicide en public, au cirque, en se pendant à une corde de son trapèze !

Le film est bien réalisé, quoique incomplet par rapport à l’original, et l’on suit avec intérêt cette histoire un peu inhabituelle chez Hitchcock, qui ne filmait jamais d’énigme policière.

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Les duellistes

Mardi 25 novembre 2008 - Ciné Cinémas Club

De Ridley Scott, en 1977. Version originale, The duellists, sous-titrée. Scénario de Gerald Vaughan-Hughes, d’après une histoire de Joseph Conrad, qui lui-même l’avait imaginée à partir d’un fait divers de dix lignes lu dans un journal du Midi de la France. Durée, 1 heure et 40 minutes.Couleurs, format 1,37/1, stupidement recadré en 16/9 pour l’exploitation télévisée et probablement en DVD. Sorti en France le 31 août 1977, au Royaume-Uni en décembre, en Suède le 26 décembre 1977, à New York le 14 janvier 1978, à Los Angeles le 27 du même mois.

L’histoire a pour point de départ une suite interminable de duels entre deux hommes, dont le prétexte n’est pas connu, de sorte que Conrad en inventa un. Le film commence en 1800, à Strasbourg, et se termine en 1914, après les Cent Jours. Les deux duellistes, officiers français, sont Gabriel Féraud (Harvey Keitel) et Armand d’Hubert (Keith Carradine), qui sont lieutenants au début et généraux à la fin. Tout le film est vu par le plus sympathique des deux, d’Hubert, qui finit par triompher de l’obstination paranoïaque de son adversaire, non pas en le tuant, mais justement en refusant de le tuer alors qu’il en avait l’occasion, et en le « déclarant » mort, ce qui, selon le code d’honneur de celui-ci, lui interdit de poursuivre les hostilités.

Le film est beau et parvient à soutenir l’intérêt tout au long, malgré un argument qui peut sembler mince de prime abord, mais que scénario et réalisation enrichissent suffisamment pour que le spectateur n’ait jamais l’impression d’une histoire répétitive. Attrait supplémentaire, le film a l’intelligence de mettre en parallèle l’histoire napoléonnienne avec celle des deux protagonistes, puisque Féraud est un partisan de Napoléon, alors que d’Hubert refuse expressément de participer à la conspiration du retour de l’Île d’Elbe. C’est finalement le meilleur film de Ridley Scott, pour ne pas dire le seul bon. On a aussi beaucoup vanté la beauté des images, même si on n’atteint jamais la perfection du Barry Lyndon de Kubrick. Lequel s’est intéressé à une histoire sur Napoléon, mais n’a jamais mené ce projet à bien.

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La vie criminelle d’Archibald de la Cruz

Dimanche 30 novembre 2008 - Ciné Cinémas Classic

De Luis Buñuel, en 1955. Version originale en espagnol, sous-titrée en français. Titre original, Ensayo de un crímen, ce qui signifie « Répétition d’un crime ». Scénario de Luis Buñuel, Eduardo Ugarte et Rodolfo Usigli. Durée, 1 heure et 29 minutes. Noir et blanc, format 4/3. Sorti au Mexique le 19 mai 1955, en France le 25 septembre 1957.

Enfant né dans une famille riche, Archibald, à la suite de circonstances particulières, en vient à penser qu’il peut faire mourir n’importe qui par le seul pouvoir de son esprit. Cette illusion perdure à l’âge adulte et nourrit ses fantasmes sexuels. C’est un film de la période mexicaine du réalisateur, interprété par des acteurs inconnus chez nous. Il faut avouer que le personnage principal est joué par un comédien assez peu charismatique, Ernesto Alonso, qui a fait à la télévision une carrière d’acteur, de réalisateur et surtout de producteur (158 téléfilms dans des séries).

Le film lui-même est une comédie assez médiocre, qui a seulement remporté un prix à Mexico pour la qualité de sa photo, due à Agustín Jiménez. Si le réalisateur n’était pas Buñuel, on n’en parlerait même pas. Le seul plan qui demeure en mémoire est celui de ce mannequin de magasin, sosie de la femme aimée d’Archibald, en train de fondre dans un four à poterie.

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Dernière mise à jour de cette page le mardi 28 juin 2011.