JPM - Films vus à la télé - Août 2013

Films vus à la télé - Août 2013

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées : Pique-nique à Hanging RockPicnic at Hanging Rock – Under Capricorn – Les amants du Capricorne – Le cercle des poètes disparus – La dernière vague – L’année de tous les dangers – Witness – The Truman show – Mosquito Coast – The go-between – Le messager – Oliver! – 1066 – Un, deux, troisOne, two, threeEgy, kettö, háromAge of consent – The boy who turned yellow – The boy with green hair

Personnes citées : Peter Weir – Harrison Ford – River Phoenix – Dominic Guard – Mark Lester – Harold II – Felix Lester – Michael Jackson – Olivier de Funès – Louis de Funès – Billy Wilder – I.A.L. Diamond – Ferenc Molnár – Camille Saint-Georges – Pierre Caille – Michael Powell – Emeric Pressburger – James Mason – Helen Mirren – Louis B. Mayer – Joseph Losey

Pique-nique à Hanging Rock

Lundi 5 août 2013 - Arte

De Peter Weir, en 1975. Titre original, Picnic at Hanging Rock. Scénario de Cliff Green, d’après un roman de Joan Lindsay. Durée, 1 heure et 55 minutes. Couleurs (Eastmancolor), format 1,66:1. Sorti en Australie le 8 août 1975, en France le 30 mars 1977.

Enfin un film qui ne se prétend pas « basé sur des faits réels », comme c’est la mode aujourd’hui ! Il est vrai qu’en 1975, on ne cédait pas encore à cette manie du mensonge publicitaire systématique...

Le style n’est pas du tout en rapport avec l’intrigue, puisqu’il s’agit de la disparition mystérieuse, en 1900, d’un professeur et de trois élèves d’un lycée féminin privé, fréquenté par les héritières de la haute bourgeoisie australienne, établissement du genre à renvoyer les pensionnaires qui ne peuvent pas payer. Il faut se souvenir que l’Australie a été peuplée de manière très spéciale, la colonisation anglaise s’appuyant sur l’importation de bagnards employés comme domestiques, autant dire comme esclaves, que la mère patrie exilait pour ne plus s’en encombrer. Le film d’Alfred Hitchcock Under Capricorn (en français, Les amants du Capricorne), montrait cela plutôt bien.

Bref, les élèves très corsetées sont emmenées à une excursion où visiter un paysage très sauvage, Hanging Rock (il existe), riche en pitons rocheux vertigineux, sous la houlette d’un de leurs professeurs, une demoiselle très mûre, Miss McCraw. Or, parties faire une promenade pendant la sieste, trois d’entre elles et leur professeur s’égarent et ne reviennent pas. La petite troupe, de laquelle font partie quelques domestiques, un couple d’amis, les Fitzhubert, et leur jeune neveu Michael, doivent rentrer sans elles.

Mais Michael s’obstine, et, accompagné d’un domestique qui semble assez proche, Albert, il repart à la recherche des quatre égarées. Il en retrouve une, Miranda, inconsciente et très secouée, mais pas les autres, qui ne seront jamais récupérées. Paradoxe, Miranda est alors harcelée par ses camarades, sur le mode « Où sont les autres ? Pourquoi refuses-tu de nous le dire ? ». Elle finit par quitter le lycée pour retourner en Europe. Peu après, la directrice est retrouvée morte sur le lieu du drame, en pleine nature.

Ce résumé imparfait montre que le film en cache davantage qu’il en montre. En outre, il masque le drame derrière une photographie élégiaque, de très raffinés mouvements de caméra, et de très élégantes musiques classiques (non mentionnées au générique de fin, mais on reconnaît Chopin, Beethoven, Bach et quelques autres, sans pouvoir rattacher leur musique aux évènements), qui déroutent fortement.

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Peter Weir est un cinéaste extrêmement inégal, capable du meilleur, comme ici, et du pire, comme avec son plus grand succès, Le cercle des poètes disparus, film plutôt malhonnête mais qui a réussi à bluffer le public. C’est La dernière vague, en 1977, méli-mélo à base de défense des Aborigènes et de catastrophe écologique, qui l’a fait connaître. Plus tard, en 1982, autre immense succès avec L’année de tous les dangers, sur la dictature de Sukarno en Indonésie. En 1985, Witness introduisait une recherche policière dans la société des Amish, avec Harrison Ford en détective, et, dix ans plus tard, The Truman show contait une histoire assez tirée par les cheveux sur les trucages de la télévision. Pour ma part, j’ai préféré Mosquito Coast, où un inventeur fou entrait en conflit avec son jeune fils, joué par River Phoenix, film qui, assez méconnu, est sans doute son meilleur.

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Un détail de Pique-nique à Hanging Rock. Dès que le personnage de Michael est apparu, son visage m’a intrigué : où diable l’avais-je déjà vu ? J’ai fait quelques recherches, et trouvé que le jeune acteur qui l’incarne, Dominic Guard, alors âgé de dix-neuf ans, avait été Leo jeune dans l’ultra-célèbre film de Joseph Losey The go-between (en français, Le messager), son premier film, en 1971. Ce garçon a surtout fait une carrière à la télévision, puis il a quitté le métier d’acteur en 2000, pour devenir... un bon psychothérapeute pour enfants. 

Je connais beaucoup d’acteurs qui devraient suivre cet exemple. En fait, j’en vois deux. Le premier, Mark Lester, qui jouait Oliver Twist dans la comédie musicale Oliver!, est devenu médecin après avoir arrêté de faire l’acteur en 1977. Mais, énorme surprise, il est revenu au cinéma cette année, pour jouer le roi Harold II dans 1066 (qui sortira en 2015, et son fils Felix, filleul de Michael Jackson, y joue également, pour être Godwin, fils d’Harold, ainsi qu’Harold jeune) – on ne peut plus compter sur quiconque. Le second, Olivier de Funès, après quelques films avec son père sur l’insistance de celui-ci, est devenu pilote de ligne !

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Un, deux, trois

Dimanche 25 août 2013 - TCM

De Billy Wilder, en 1961. Titre original, One, two, three. Scénario du réalisateur et de I.A.L. Diamond, d’après la pièce Egy, kettö, három de Ferenc Molnár. Durée, 1 heure et 55 minutes. Noir et blanc, format 2,35:1. Sorti aux États-Unis le 15 décembre 1961, en France le 28 février 1962.

Comme j’ai déjà écrit deux articles sur ce film, ICI et , je n’y reviens pas. Je signale simplement que la version diffusée à la télévision l’a été par une chaîne basée à Londres, TCM, qui a pris la peine de faire réécrire les sous-titres français, correctement cette fois, par deux traducteurs qui ont fait leur travail, Camille Saint-Georges et Pierre Caille. Ce qu’on a pu voir en salles lors de la ressortie récente était purement scandaleux. TCM n’a que deux défauts : elle laisse son logo à l’écran pendant tout le film (mais, lorsque le film est au format 2,35:1, il figure au-dessus de l’image, et on peut le couper), et les sous-titres ignorent certains caractères (le Ç et les lettres avec tréma, remplacés par des espaces). Ce défaut existe sur TCM depuis toujours, et il n’y a jamais été remédié. Pourtant, le œ passe comme une lettre à la Poste.

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Age of consent

Samedi 31 août 2013 - TCM

De Michael Powell, en 1969. Scénario de Peter Yeldham, d’après un roman de Norman Lindsay. Durée, 1 heure et 43 minutes. Couleurs (Eastmancolor), format 1,85:1. Sorti aux États-Unis et en Australie le 14 mai 1969. Pas sorti en France.

C’est l’avant-dernier film du grand Michael Powell, qu’on commence à redécouvrir chez nous, et qui, en tandem avec le scénariste et co-réalisateur Emeric Pressburger, a réalisé quelques-uns des plus beaux films britanniques dans les années cinquante et soixante.

Ce film-ci, que les Français n’ont jamais vu, est une pochade, un divertissement sur le vieillissement d’un peintre à la mode qui retrouve le goût de vivre et de peindre sur une petite île au large de l’Australie, surtout grâce à une jeune fille qui vit là avec sa grand-mère puritaine, et qui a accepté de poser nue pour lui.

Le peintre, c’est le grand James Mason, et la fille qui se dénude sans cesse, c’est... Helen Mirren (eh oui !). On la voit vraiment sous toutes les coutures. Elle avait alors 24 ans, mais le générique de film la mentionne comme faisant déjà partie de la Royal Shakespeare Company.

Powell ne manquait pas d’humour, en bon Britannique qu’il était. Ainsi, il déclara un jour : « Les grands innovateurs ont toujours ignoré la peur... Je suis tombé du haut de meules de foin, d’arbres, de falaises. J’ai failli être noyé, fusillé et pendu. Je ne compte plus les accidents de voiture dont je me suis sorti sans une égratignure. Je me suis trouvé seul dans un bureau avec Louis B. Mayer » (le patron de la MGM).

Ce film, qui est une simple curiosité, est l’avant-dernier de Powell. Son dernier long-métrage, en 1972, est The boy who turned yellow, l’histoire d’une jeune garçon qui rêvasse en classe et se voit dans le métro, où lui-même, le train et tous les passagers sont... devenus jaunes. Une réponse au film de Joseph Losey The boy with green hair ?

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Dernière mise à jour de cette page le jeudi 20 mars 2014.