JPM - Films vus à la télé - Septembre 2011

Films vus à la télé - Septembre 2011

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : Piranha 3D – Les dents de la mer – Retour vers le futur – Six feet underDesperate housewivesUne vie française – Vive la bombe ! – La régate – Krach – Ninotchka – La belle de Moscou – Silk stockings

Personnes citées : Alexandre Aja – Pete Goldfinger – Josh Stolberg – Richard Dreyfuss – Christopher Lloyd – Adam Scott – Ricardo Chavira – Alexandre Aja – Alexandre Arcady – Jean-Pierre Sinapi – Isabelle Coudrier-Kleist – Jean-Marc Culiersi – Jean-Paul Dubois – Bernard Le Coq – Jacques Gamblin – Alfred Hitchcock – Joffrey Verbruggen – Ernst Lubitsch – Charles Brackett – Billy Wilder – Walter Reisch – Melchior Lengyel – Greta Garbo – Melwyn Douglas – Bela Lugosi – Rouben Mamoulian – Cyd Charisse – Fred Astaire

Piranha 3D

Mardi 13 septembre - Canal Plus

D’Alexandre Aja, en 2010. Scénario de Pete Goldfinger et Josh Stolberg. Durée, 1 heure et 28 minutes. Couleurs, format 2,35:1. Sorti au Canada, en Irlande, au Royaume-Uni et aux États-Unis le 20 août 2010, en France le 1er septembre 2010.

Vu en retard et seulement à la télévision, car, au moment de sa sortie, toutes les salles le projetaient en 3D, or je ne vais voir aucun film dans ce procédé. Ce n’est pas non plus le genre de films dont je parle habituellement, mais celui-ci est aussi bien fait que réjouissant, car l’horreur est amenée très graduellement (ce qu’on doit faire, au lieu de balancer d’emblée des images révulsantes), et, de plus, montrée de manière à ménager la sensibilité des spectateurs – bien que le CSA ait imposé à la télévision la marque infamante du logo « -16 » antédiluvien. Ce que je veux dire s’applique aussi à la pornographie : si l’objet d’horreur (respectivement, de sexe) est montré en gros plan, c’est du gore débile et racoleur (respectivement, du porno) ; mais, vu de loin, ce n’en est plus.

C’est Richard Dreyfuss qui ouvre le film, première victime isolée, en guise de clin d’œil vers Les dents de la mer. Au passage, on remarque quelques acteurs connus, comme Christopher Lloyd (le savant dans Retour vers le futur), Adam Scott (Six feet under) ou Ricardo Chavira (Carlos Solis dans Desperate housewives) dans un rôle minuscule.

Le réalisateur Alexandre Aja est le fils d’Alexandre Arcady (il a joué dans quatre films de son père). Après un court métrage puis deux longs métrages faits en France entre 1997 et 2003, il ne travaille plus qu’aux États-Unis, et n’y a jusqu’ici réalisé que des films d’horreur, très réussis.

 

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Une vie française

Mercredi 14 septembre 2011 - France 2

De Jean-Pierre Sinapi, en 2011. Scénario du réalisateur, d’Isabelle Coudrier-Kleist et de Jean-Marc Culiersi, d’après un roman de Jean-Paul Dubois. Durée, 1 heure et 30 minutes. Couleurs, format 2,35:1. Sorti au festival de Luchon le 11 février 2011, à la télévision le 14 septembre 2011.

Il s’agit d’un film réalisé pour la télévision, mais dans le format 2,35:1, habituellement réservé au cinéma, ce qui est tout à fait inhabituel. De toute façon, les films de Jean-Pierre Sinapi sont d’une telle qualité qu’ils devraient sortir en salles, je pense à Vive la bombe !, dont j’ai parlé ici.

Le film raconte l’histoire d’un homme qui, ayant fréquenté les milieux gauchistes dans sa jeunesse, s’est rangé en épousant la fille d’un ennemi de classe (un patron de journal, joué par l’excellent Bernard Le Coq), et a transmis involontairement à sa fille le sentiment de culpabilité qui le ronge, pour avoir involontairement provoqué la mort de son jeune frère, lequel, ayant conservé les idées gauchistes de leur jeunesse, ne lui a jamais pardonné sa trahison. La jeune fille en est devenue schizophrrène, dit le scénario, mais elle semble plutôt autiste. Toujours est-il que le père, joué par Jacques Gamblin, devant l’inefficacité du traitement psychiatrique imposé à sa fille, va entreprendre une autre thérapie, après avoir forcé l’assentiment de la psychiatre. Le dénouement semble indiquer que la réussite du traitement est en vue. Tout cela, naturellement, est le prétexte pour traiter le thème du renoncement aux idéaux de la jeunesse et des conséquences qu’il provoque sur les intéressés et leur entourage.

On évite ici les habituelles scènes de psychanalyse, dans lesquelles Hitchcock lui-même s’est ridiculisé, et le processus de guérison n’est pas explicité.

Le film est impeccablement réalisé, la moitié étant en flashbacks. L’interprète de Paul jeune (le futur père) est Joffrey Verbruggen, acteur belge de vingt-deux ans, beau et talentueux, dont on n’a vu en France que La régate et Krach, et qui semble promis à un bel avenir.

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Ninotchka

Dimanche 25 septembre 2011 - Ciné+ Classic

D’Ernest Lubitsch, en 1939. Scénario de Charles Brackett, Billy Wilder et Walter Reisch, d’après une histoire de Melchior Lengyel. Durée, 1 heure et 50 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 6 octobre 1939, en France le 3 avril 1940.

Une satire de l’Union soviétique, filmée et jouée avec élégance par Greta Garbo et Melwyn Douglas, avec Bela Lugosi dans un rôle minuscule. Néanmoins, et pour une fois, je dois avouer que le remake est bien meilleur !

Ce remake, j’en ai parlé en février de cette année, c’est La belle de Moscou (en V.O., Silk stockings). Dû à Rouben Mamoulian, un excellent réalisateur injustement méconnu du public, ce film durait sept minutes de plus, mais on ne voyait pas le temps passer, grâce à la musique, à la danse, et à la satire beaucoup plus aigüe, qui n’épargnait pas non plus Hollywood. Il faut dire que Greta Garbo, elle, ne dansait pas, et que Cyd Charisse la surclassait sur tous les plans. Et puis, il y avait Fred Astaire ! Outre cela, l’intrigue, moins tirée par les cheveux que cette histoire de bijoux confisqués à une duchesse par les Soviets et qu’ils tentent de revendre à un bijoutier parisien, n’a guère d’intérêt. On ne voit pas non plus, dans le jeu de Garbo, comment elle peut passer instantanément de l’hostilité envers le monde capitaliste à la bienveillance complice, et la scène où elle rit pour la première fois parce que son partenaire, en plein restaurant, tombe sa chaise, est franchement stupide.

Bref, malgré le fait que la critique ait porté au pinacle Ninotchka, il est inférieur à sa réputation.

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Dernière mise à jour de cette page le jeudi 20 mars 2014.