JPM - Films vus à la télé - Avril 2009

Films vus à la télé - Avril 2009

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : Dans la peau de John MalkovichBeing John Malkovich – Adaptation – Where the wild things are – Les six samouraïs – Synecdoche, New York – Topaze (1951)De grandes espérancesGreat expectations – The night porter – In which we serve – A passage to India – La fille de Ryan – Le docteur Jivago – Le pont de la rivière Kwaï – Lawrence d’Arabie – Oliver Twist – Evensong

Personnes citées : Spike Jonze – Charlie Kaufman – John Malkovich – Marcel Pagnol – Louis J. Gasnier – Louis Jouvet – Pierre Larquey – Léopold Marchand – Arnaudy – Ben Hecht – David O’Selznick – Harry d’Abbadie d’Arrast – John Barrymore – Myrna Loy – Fernandel – Alexandre Stavisky – Vincent Scotto – Raymond Legrand – Michel Legrand – David Lean – Anthony Havelock-Allan – Cecil McGivern – Ronald Neame – Kay Walsh – Charles Dickens – Sewell Collins – Noel Coward – John Mills – Alec Guiness

 

Dans la peau de John Malkovich !

Jeudi 2 avril 2009 – Ciné Cinéma Émotion

De Spike Jonze, en 1999. Titre original, Being John Malkovich. Scénario de Charlie Kaufman. Durée, 1 heure et 52 minutes. Couleurs par Technicolor, format 1,85:1. Sorti aux États-Unis le 29 octobre 1999. Sorti en France le 8 décembre de la même année.

Après plusieurs films en vidéo et trois films de cinéma qui n’ont obtenu aucun succès, Spike Jonze fut lancé par ce film étrange, et on le prit un peu vite pour un espoir du cinéma, au point d’être l’un des héros du livre Les six samouraïs. Mais un autre film avec le même scénariste Charlie Kaufman, Adaptation, sorte d’autobiographie de ce dernier, remit les choses en place, et Jonze retourna à la vidéo. Il a cependant un autre film en postproduction, Where the wild things are, qui sortira le 14 octobre chez nous... deux jours avant sa sortie aux États-Unis ! Et surtout, écrit par un autre scénariste, ce qui semble plus prudent.

Charlie Kaufman vient lui-même de produire et de réaliser Synecdoche, New York, qui s’est fait étriller par la critique. C’est que cet auteur cultive le bizarre et l’abscons, qui envahit la production dont on parle ici. L’acteur John Malkovich, un peu masochiste, a accepté de prêter son nom et sa personne à cette histoire incompréhensible et qui finit assez vite par ennuyer. Il constitue la seule curiosité du film. À noter qu’il se double lui-même dans la version française. Sa voix est d’ailleurs très caractéristique.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Topaze (1951)

Mardi 7 avril 2009 - Paris Première

De Marcel Pagnol, en 1951. Scénario de Marcel Pagnol, d’après sa première pièce, datant de 1928. À ne pas confondre avec la version de 1933, due à Louis J. Gasnier, que joua Louis Jouvet et déjà Pierre Larquey (il est présent dans les deux, avec le rôle de Tamise), et dont le scénario avait été écrit par le réalisateur et Léopold Marchand. Cette première version était plus courte (1 heure et 43 minutes, au lieu de 2 heures et 16 minutes), et Pagnol, qui n’avait pas été consulté par la Paramount à laquelle il avait vendu les droits, et n’appréciait pas le choix de Louis Jouvet, détesta le film, ce qui l’incita à le refaire en 1936, avec Arnaudy dans le rôle principal – ce fut d’ailleurs un bide, vite retiré de l’affiche par Pagnol lui-même. La version dont on parle ici est en noir et blanc, format 1,37:1. Sortie à une date indéterminée, alors que la première version est sortie le 8 février 1933 à New York (paradoxalement, on n’a pas la date de sortie en France !). Mais, la même année 1933, la RKO en tourna aussi une adaptation, à laquelle participa le célèbre scénariste Ben Hecht, produite par David O. Selznick, réalisée par Harry d’Abbadie d’Arrast, sortie le 24 février 1933, durant seulement 1 heure et 18 minutes, et interprétée par John Barrymore et Myrna Loy.

Dans ce film de 1951, c’est évidemment Fernandel qui tient le rôle de l’instituteur naïf, pour ne pas dire jobard, qui va devenir à la fois malhonnête et homme d’affaires avisé. Occasion de mesurer à quel point Fernandel était bon acteur, et fut injustement un peu oublié après sa mort. Mais cette période de purgatoire a pris fin grâce à la télévision, qui ne laisse pas une semaine sans rediffuser au moins un de ses films. Néanmoins, on doit avouer que Fernandel était trop âgé pour le rôle, et la scène où il étale sa naïveté devant son ami Tamise quant aux travaux d’approche à conduire devant une femme qu’on veut séduire a du mal à passer.

Il y eut d’autres versions, télévisées celles-ci, en Argentine en 1960, en Suède en 1963, et en 1988 au Portugal. C’est dire si l’histoire, exemplaire, a plu à tout le monde ! Sans doute parce que le dialogue était aussi brillant que caricaturale la description des mœurs.

Signalons deux détails sur cette diffusion. D’abord, la chaîne de télévision Paris Première n’est pas recommandable, car elle se permet de laisser son logo sur toute la durée du film, ce qui dissuade de l’enregistrer ; c’est d’autant plus navrant que cette réédition offre une image superbe. Procédé de marchand de soupe, donc. Ensuite, Pagnol a fait quelques coupures dans son texte, et cela s’entend, car il y a des manques évidents au cours du récit. On peut le regretter. L’une de ces coupures est due à la censure, lorsque le personnage de l’Honorable Vieillard (c’est un maître-chanteur envoyé à Topaze par un directeur de journal pour lui soutirer de l’argent) se vante auprès du conseiller municipal corrompu Castel-Vernac, ou Castel-Bénac, selon les versions : « Moi, monsieur, j’ai fait mes débuts [de maître-chanteur] avec... » ; ici, coup de ciseau, il y a un blanc sur la bande sonore. En effet, le film est sorti au moment où des scandales financiers éclaboussaient la IVe république, et le ministre de l’Intérieur avait poussé la commission de censure à exiger des coupes ; Pagnol, après s’être débattu, dut céder, si bien que trois morceaux de dialogue furent supprimés, ainsi que le nom de Stavisky dans le passage que j’évoque ici. La censure suggéra à Pagnol de remplacer Stavisky par le scandale de Panama, affaire plus ancienne (pourtant, Stavisky s’était « suicidé » en 1934, dix-sept ans plus tôt, ce qui montre combien les censeurs sont gens avisés !), mais Pagnol s’amusa plutôt à couper le son pour le remplacer par... rien ! Pied de nez à ces bons messieurs.

Et puis, la musique ne fut pas écrite par Vincent Scotto, alors malade, et la partition fut signée par Raymond Legrand, père de Michel Legrand, qui avait d’ailleurs eu quelques ennuis à la Libération, pour cause de collaboration.

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De grandes espérances

Jeudi 30 avril 2009 - Ciné Cinéma Classic

De David Lean, en 1946. Titre original : Great expectations. Scénario de Anthony Havelock-Allan, David Lean, Cecil McGivern, Ronald Neame et Kay Walsh, d’après le roman de Charles Dickens. Durée, 1 heure et 58 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti au Royaume-Uni le 26 décembre 1946, en France le 12 décembre 1947.

David Lean avait débuté comme monteur en 1930 (avec The night porter, de Sewell Collins – un moyen métrage), et dans la mise en scène en 1942, avec un film de guerre (et de propagande), In which we serve, écrit par Noel Coward, auteur dramatique célèbre, qui fit inclure son nom au générique comme co-réalisateur, ce qui était un peu exagéré. Lean devint assez vite une sorte de cinéaste officiel, mais ne réalisa que dix-sept films et un téléfilm au cours d’une longue carrière, qui se termina en 1984 avec A passage to India. Souvent lourd (La fille de Ryan, Le docteur Jivago), parfois mieux inspiré (Le pont de la rivière Kwaï et Lawrence d’Arabie), il signe ici une première adaptation de Dickens, suivie deux ans plus tard par Oliver Twist, et qui n’est pas vraiment un grand film. Notamment, l’acteur principal, John Mills, à 38 ans, est beaucoup trop vieux pour le rôle de Pip. On trouve aussi Alec Guiness, qui débutait officiellement (en fait, il avait été figurant dans un film, Evensong, douze ans plus tôt).

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le mercredi 19 mars 2014.