JPM - Films vus à la télé - Juillet 2009

Films vus à la télé - Juillet 2009

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées (entre parenthèses, autres que des films) : Que la fête commence – Les baisers – L’horloger de Saint-Paul – Le juge et l’assassin – Paris nous appartientThe full monty – Slumdog millionaire – Un frisson dans la nuitPlay Misty for me – The Beguiled: The Storyteller – MistyUn Américain bien tranquilleThe quiet AmericanThe hit

Personnes citées : Bertrand Tavernier – Jean Aurenche – Pierre Bost – François Truffaut – Claude Autant-Lara – René Clément – Philippe d’Orléans – Jean-Roger Caussimon – Jacques Rivette – Jean Gruault – Claude Chabrol – François Truffaut – Jacques Doniol-Valcroze – Jean-Luc Godard – Jean-Claude Brialy – Gianni Esposito – Françoise Prévost – Peter Cattaneo – Clint Eastwood – Jo Heims – Dean Riesner – Erroll Garner – Stephen Frears – Peter Prince – Terence Stamp – Tim Roth

Que la fête commence

Jeudi 2 juillet 2009 - Ciné Cinéma Star

De Bertrand Tavernier, en 1975. Scénario du réalisateur et de Jean Aurenche. Durée, 1 heure et 54 minutes. Couleurs, format 1,85:1. Sorti en France le 23 mars 1975.

C’est grâce à Tavernier que les scénaristes Pierre Bost et Jean Aurenche ont pu sortir du purgatoire où les avait plongés la Nouvelle Vague (l’un des olibrius de ce mouvement créa d’ailleurs l’adjectif bostaurenchien), et notamment les articles fielleux de François Truffaut, qui parlait dédaigneusement de « qualité française » : il visait les tournages en studio et l’emploi de scénaristes, mais, très vite, devenu lui-même réalisateur, il a fini par tomber dans les pseudo-travers qu’il reprochait à ses prédécesseurs, bien entendu. Or Bost et Aurenche étaient deux artisans compétents, auxquels le cinéma français (Claude Autant-Lara et René Clément surtout) devait beaucoup...

Ce film est donc le quatrième de Tavernier, après deux longs-métrages et un sketch pour Les baisers, qui en comptait cinq. Il succède à L’horloger de Saint-Paul, qui datait de l’année précédente et avait fait connaître et apprécier le réalisateur, et raconte un épisode imaginaire de la période où la France était gouvernée par le Régent, Philippe d’Orléans. De nombreux acteurs débutants ou quasi-inconnus figurent dans ce film, et on les reconnaît au passage, parfois dans une seule scène, comme l’extraordinaire Jean-Roger Caussimon, qui était à la fois un poète très fin et un acteur jouant les gugusses au cinéma comme à la scène.

Le film a connu un très grand succès, certainement mérité. Le suivant devait être Le juge et l’assassin, qui a définitivement consacré Bertrand Tavernier comme l’un des meilleurs réalisateurs du pays.

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Paris nous appartient

Vendredi 3 juillet – Ciné Cinéma Classic

De Jacques Rivette, en 1960. Scénario du réalisateur et de Jean Gruault. Durée, 2 heures et 21 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti en France le 13 décembre 1961, aux États-Unis le 5 novembre 1962.

Après quatre courts métrages entre 1949 et 1956, où il faisait jouer ses copains, Claude Chabrol, François Truffaut, Jacques Doniol-Valcroze ou Jean-Luc Godard, tous critiques de cinéma, ou des acteurs débutants comme Jean-Claude Brialy, ce film est son premier long-métrage, à l’intrigue fumeuse mêlant le théâtre et l’espionnage, et brodant sur l’assassinat d’un personnage qu’on ne verra jamais, Juan, victime du « plus grand complot de tous les temps »... dont on apprendra finalement qu’il n’a jamais existé ; mais cela, le spectateur s’en doutait un peu, car rien n’est crédible dans cet aspect du film

J’ai toujours tenu Rivette pour un redoutable raseur, faisant des films trop longs où les protagonistes, très bavards, tiennent des propos creux – ce qui était un défaut de la Nouvelle Vague à laquelle Rivette se rattache d’emblée. Mais ce réalisateur avait (et a toujours) ce qu’on appelle « la carte », manière de désigner le copinage dans le milieu des cinéastes et critiques de cinéma, et nul n’a jamais pu le critiquer sans se faire descendre en flammes entre les Champs-Élysées et Saint-Germain-des-Prés... où précisément se déroule l’action – si l’on peut dire – de la présente histoire.

Le principal intérêt du film est donné par deux acteurs, Gianni Esposito, en metteur en scène de théâtre débutant et opposé aux concessions (il en fera pourtant, avant de se raviser et de donner sa démission), qui finit par se suicider par amour, et Françoise Prévost, belle actrice qui en était à son treizième film, et qui, n’ayant jamais connu une vraie notoriété, est ensuite tombée dans la télévision et une carrière internationale faite de films qu’on voyait rarement en France.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

The full monty

Lundi 6 juillet 2009 - Ciné Cinéma

De Peter Cattaneo, en 1997. Scénario de Simon Beaufoy, qui devait écrire bien plus tard Slumdog millionaire. Durée, 1 heure et 31 minutes. Couleurs (Metrocolor), format 1,85:1. Sorti aux États-Unis le 13 août 1997, au Royaume-Uni le 29 du même mois, en France le 22 octobre de la même année. Le producteur Uberto Pasolini réalisera en 2009, sur une idée similaire, le film allemand Sri Lanka National Handball Team.

Le film est si connu, après un triomphe un peu surprenant, qu’il est à peine besoin de rappeler qu’il s’agit d’un défi que se sont lancé un groupe de six chômeurs britanniques : former un groupe de strip-tease masculin – alors que leur physique ne rappelle en rien les Chippendales. Contre toute attente, ils réussissent au dernier plan du film. La comédie est résolument optimiste, sans aucune de ces scènes d’attendrissemnt quasi-obligatoires qui servent habituellement d’alibi partout ailleurs qu’en Angleterre.

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Un frisson dans la nuit

Mercredi 8 août 2009 - Ciné Cinéma

De Clint Eastwood, en 1971. Titre original, Play Misty for me. Scénario de Jo Heims et Dean Riesner. Durée, 1 heure et 42 minutes. Couleurs (Technicolor), format 1,85:1. C’est le premier long-métrage de Clint Eastwood comme réalisateur (il avait fait auparavant, la même année, un court-métrage de 12 minutes, The Beguiled: The Storyteller). Sorti aux États-Unis le 3 novembre 1971, en France le 2 janvier 1972.

Il s’agit clairement d’un thriller : Clint Eastwood incarne un animateur de radio assez populaire, dans une radio locale de Carmel – la ville côtière de Californie dont l’acteur est devenu le maire pour quelques années. Rien de très brillant d’ailleurs, il passe des disques à la demande des auditeurs, la nuit. Or une auditrice lui demande chaque soir le même air, Misty, une composition ultra-célèbre du pianiste de jazz Erroll Garner. Or il s’avère assez vite que la fille est folle, et, après qu’il ait accepté un rendez-vous pour un soir, puis eu avec elle une brève aventure, elle croit qu’elle est la femme de sa vie et le poursuit de ses assiduités, de plus en plus incursives et violentes. Heureusement, elle meurt en tombant d’une falaise !

C’est un essai talentueux, sur un thème classique. Mais rien ne laisse prévoir qu’Eastwood va devenir ensuite un maître du cinéma.

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Un Américain bien tranquille

Vendredi 10 août 2009 - Ciné Cinéma

De Joseph L. Mankiewicz, en 1958. Titre original, The quiet American. Scénario du réalisateur, d’après le roman de Graham Greene. Durée, 2 heures. Noir et blanc, format 1,66:1. Sorti aux États-Unis le 5 février 1958, en France à une date inconnue.

L’histoire se passe à Saigon pendant la guerre d’Indochine – celle menée par les Français, déclenchée par le bombardement du port d’Haiphong par l’amiral-moine Thierry d’Argenlieu, sous les ordres de De Gaulle, et qui n’a fait que précéder la guerre du Vietnam. Un citoyen des États-Unis y est retrouvé mort, et l’inspecteur Vigot, joué par Claude Dauphin, soupçonne un journaliste, curieusement incarné par le charmant Audie Murphy, lequel habituellement ne jouait que dans des westerns, et qui s’oppose idéologiquement au Britannique joué par Michael Redgrave, lequel ne croit pas à la capacité de la jeune Vietnamienne du film de devenir une épouse états-unienne convenable. On ne saura pas si le personnage d’Audie Murphy est aussi innocent qu’il en a l’air.

À noter, dans un petit rôle, Yoko Tani, Japonaise née et morte à Paris, et qui a fait presque toute sa carrière (52 films !) en Europe.

Il faut dire qu’avant et après, Mankiewicz a fait beaucoup mieux que ce film.

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The hit

Lundi 27 juillet 2009 - Ciné Cinéma Star

De Stephen Frears, en 1984. Scénario de Peter Prince. Durée, 1 heure et 38 minutes. Couleurs, format 1,85:1. Sorti en Italie en juin 1984, en France le 31 octobre 1984.

Willie Parker (Terence Stamp), qui était dans un coup avec une bande de truands, les a dénoncés devant le tribunal londonien où l’affaire les a conduits. Dix ans, plus tard, réfugié dans le sud de l’Espagne, il est l’objet d’un « contrat » de la part de ses anciens complices, qui lui envoient deux tueurs, Braddock, et un débutant, Myron (excellent Tim Roth). Particularité : ils ne doivent pas l’exécuter sur place, mais le ramener à Paris pour le tuer sous les yeux du commanditaire, Corrigan. Mais la mission se complique, et les deux tueurs doivent aussi enlever un témoin gênant, une fille espagnole, Maggie. Sur le chemin du retour, la victime désigné, Willie, devient plus ou moins ami avec le jeune Myron. Mais il y passera juste avant la frontière française, car Braddock a changé d’avis. Il tue aussi son complice et tente d’abattre la fille, mais elle n’est que blessée et le dénonce à la police, qui l’arrête à la frontière.

Rien n’est crédible dans cette histoire, aussi le réalisateur s’atttache-t-il à rendre intéressants les rapports entre les personnages, et plus précisément entre Willie, curieusement détaché du sort qui l’attend, et le jeune Myron, qui se demande comment il sautera le pas en tuant pour la première fois. Toute l’action, sauf le prologue en Angleterre, se passe en Espagne. Et, comme nous étions en 1984, le film a été enseveli sous les interdictions aux mineurs, l’on se demande pourquoi, car il est parfaitement anodin sur tous les plans.

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Dernière mise à jour de cette page le mercredi 19 mars 2014.