JPM - Films vus à la télé - Septembre 2014

Films vus à la télé - Septembre 2014

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : Eyjafjalljökull – La mégère apprivoisée – Qui a peur de Virginia Woolf ? – La guerre des Rose – Agent X-27Dishonored – L’ange bleu – Et Dieu... créa la femme – Jeux interdits –Nous sommes tous des assassins – Les diaboliques – Ascenseur pour l’échafaud – Le petit prince

Personnes citées : Alexandre Coffre – Laurent Zeitoun – Yoann Gromb – Nana Mouskouri – William Shakespeare – Edward Albee – Danny DeVito – Valérie Bonneton – Dany Boon – Josef von Sternberg – Marlene Dietrich – Lee Garmes – Roger Vadim – Brigitte Bardot – Jean-Louis Trintignant – Christian Marquand – Curd Jurgens – Georges Poujouly – Antoine de Saint-Exupéry – Gérard Philipe

Eyjafjalljökull

Vendredi 5 septembre 2014 - Canal Plus

D’Alexandre Coffre, en 2013. Scénario du réalisateur, de Laurent Zeitoun et Yoann Gromb, sur une idée de ce dernier. Durée, 1 heure et 32 minutes. Couleurs, format 2,35:1. Sorti en France le 24 août 2013, au Festival d’Angoulême, en salles le 2 octobre suivant.

En fait, l’Eyjafjallajökull n’est pas un volcan, mais une calotte glaciaire, et le volcan lui-même s’appelle Eyjafjöll. Et lorsque, en 2010, il est entré en éruption et a craché une énorme quantité de cendres, cette perturbation atmosphérique a interrompu toutes les communications aériennes en Europe, durant quelques jours : cent mille vols ont été annulés, et huit millions de voyageurs sont restés bloqués.

Un de mes amis est ainsi resté immobilisé en Grèce (avantage, il a été nourri par Nana Mouskouri !), alors que les personnages de ce film, au contraire, sont empêchés de se rendre en Grèce où leur fille se marie avec un citoyen de l’endroit. Divorcés et brouillés à mort, les circonstances les obligent à voyager par la route, et ensemble. Le film se réduit donc à une gigantesque scène de ménage, ce qui n’est pas précisément une nouveauté : au théâtre avec La mégère apprivoisée de Shakespeare et Qui a peur de Virginia Woolf ? d’Edward Albee, au cinéma avec La guerre des Rose, de Danny DeVito.

C’est très remuant, parfois imaginatif, parfois lourdingue (le mari blessé par une arbalète), parfois spectaculaire (l’accident de voiture), mais jamais ennuyeux. Valérie Bonneton est très bonne ; Dany Boon, très grimaçant, surjoue beaucoup, comme d’habitude.

Mais enfin, le film n’est pas déshonorant.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Agent X-27

Jeudi 11 septembre 2014 - Ciné+ Classic

De Josef von Sternberg, en 1931. Scénario du réalisateur et de Daniel Nathan Rubin. Durée, 1 heure et 31 minutes. Noir et blanc, format (très inhabituel) 1,20:1. Sorti aux États-Unis le 5 mars 1931, en France le 24 octobre 2012.

Josef Sternberg, qui se faisait stupidement appeler Josef von Sternberg (il partage ce ridicule avec Erich Stroheim et Lars Trier) a fait sept films avec Marlene Dietrich, qui était sa maîtresse et dont il fut le très efficace Pygmalion puisqu’elle devint, non seulement une vedette, mais aussi une grande actrice. Ce film-ci est leur troisième. Le récit commence à Vienne en 1915, quand Marie Kolverer, veuve d’un capitaine mort sur le front, est tombée dans la gêne et s’est résolue à faire le trottoir. Un agent secret l’engage alors comme espionne au service du pays, et lui attribue le matricule X-27. Naturellement, cela tournera mal, sinon il n’y aurait pas de film, et, accusée d’avoir retourné sa veste en espionnant pour les Russes, elle est fusillée.

Le film est très inégal, et certaines scènes sont grotesques, comme celle où l’espionne, assise au piano devant une demi-douzaine de dignitaires, joue très fort un morceau qu’elle semble improviser, mais qui est en réalité un code secret ; de temps à autre, elle se retourne et griffonne hâtivement sur du papier les notes qui seront le code final. Or jamais et nulle part on n’a codé de cette manière un texte secret : ce travail demande des heures de travail minutieux, accompli dans le calme et en solitaire. Il y a néanmoins, tout à la fin, une scène émouvante : le jeune officier qui doit commander le peloton d’exécution refuse de tuer désormais qui que ce soit, femme ou homme. On le relève immédiatement, il est remplacé, et l’espionne, très digne et souriante, reçoit les balles qui lui sont destinées.

Marlene est superbe, bien plus que dans L’ange bleu, et, déguisée en femme de ménage à la limite de l’idiotie, elle est surprenante. Par ailleurs, elle semble jouer réellement du piano, ce qui est très rare au cinéma. Les images de Lee Garmes, grand directeur de la photo, sont très belles aussi.

On est surpris de vérifier que ce film n’est sorti en France qu’en 2012, soit avec 81 ans de retard ! Ce doit être un record.

En bref : à voir.Haut de la page

Et Dieu... créa la femme

Mardi 23 septembre 2014 - France 2

De Roger Vadim, en 1956. Scénario de Roger Vadim et Raoul Lévy. Durée, 1 heure et 35 minutes. Couleurs (Eastmancolor), format 2,35:1. Sorti en France le 28 novembre 1956.

Film taillé sur mesures par Roger Vadim pour sa femme Brigitte Bardot, et qui en fut peu récompensé, car elle le trompa avec son partenaire Jean-Louis Trintignant, avant d’entamer sa carrière de dévoreuse d’hommes, laquelle lui valut une réputation totalement injustifiée de chantre des libertés féminines – puisque cette vedette sans grand talent ne pensa jamais qu’à elle, avant de reporter cet amour sur les animaux... et le Front National !

Le film est médiocre, peuplé de personnages à la psychologie sommaire, et qui se conclut par ce qu’on aimerait considérer comme une pirouette, mais qui n’est qu’un bâclage insensé d’une histoire où rien ne se passe : trompé par sa femme, le personnage de Trintignant la gifle par quatre fois, et elle rentre dans le rang. Fin du film.

Trintignant joue les minables, Christian Marquand est le costaud de service, et Curd Jurgens est la vedette étrangère invitée, qui n’est là que pour justifier le budget. Seul Georges Poujouly, à seize ans, confirme son grand talent. Hélas, après quelques films très connus comme Jeux interdits, Nous sommes tous des assassins, Les diaboliques ou Ascenseur pour l’échafaud, il n’a pas fait une grande carrière. Il a toutefois prêté sa voix à Tintin pour la télévision, entre 1959 et 1964, et il a enregistré Le petit prince, de Saint-Exupéry, avec Gérard Philipe, pour un disque édité en 1952, l’année de ses débuts au cinéma. Il est mort en 2000.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

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Dernière mise à jour de cette page le samedi 25 octobre 2014.