JPM - Films vus à la télé - Novembre 2009

Films vus à la télé - Novembre 2009

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : Jesus campMogamboLa dernière séanceThe last picture showTargetsLa cible – What’s up, doc? – On s’fait la valise, docteur ? – This is Orson Welles – American graffiti – Le cygne – The swan – High society – La main au collet – La mort aux trousses – La cibleTargets – Voyage to the planet of prehistoric women – Frankenstein

Personnes citées : Heidi Ewing – Rachel Grady – Becky Fischer – Mike Papantonio – Ted Haggard – John Ford – Wilson Collison – John Lee Mahin – Clark Gable – Ava Gardner – Donald Sinden – Grace Kelly – Peter Bogdanovich – Gérard Jourd’hui – Eddy Mitchell – Boris Karloff – Orson Welles – Ben Johnson – Jeff Bridges – Ellen Burstyn – Timothy Bottoms – Cybill Shepherd – Randy Quaid – Robert Surtees – Charles Vidor – John Dighton – Ferenc Molnár – Grace Kelly – Rainier Grimaldi – Alec Guinness – Louis Jourdan – Leslie Royce Landis – Alfred Hitchcock – Cary Grant

 

Jesus camp

Vendredi 6 novembre 2009 - Ciné Cinéma Club

De Heidi Ewing et Rachel Grady, en 2006. Pas de scénario, car il s’agit d’un documentaire. Durée, 1 heure et 24 minutes. Couleurs, format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 15 septembre 2006, en France le 18 avril 2007.

Le film traite des évangélistes qui sévissent aux États-Unis, et se concentre particulièrement sur Becky Fischer, une prédicatrice qui s’est spécialisée dans l’embrigadement des enfants. Elle a créé un camp d’été où elle reçoit des gosses impubères, où on les assomme de discours traitant de la Bible comme s’il s’agissait d’un ouvrage historique incontestable, où on les culpabilise à mort à propos de leur inconduite – supposée – en privé, où on s’efforce de les amener en transes, et où l’on espère transformer certains en futurs missionnaires de Jésus. Le film suit presque pas à pas un certain jeune garçon d’une douzaine d’années, prénommé Levi, manifestement tenu comme un futur prédicateur, car il est doué pour le baratin et semble spécialement sincère – tout Becky Fisher elle-même, qu’on ne peut soupçonner de faire commerce de sa foi. La seule contrepartie vient d’un animateur de radio, Mike Papantonio, qui intervient de temps à autre pour dire son indignation face à l’offensive des évangélistes, tous créationnistes bien entendu. Il y a aussi un prédicateur masculin, Ted Haggard, fondateur et ex-doyen de la New Life Church, à Colorado Springs, dans le Colorado, qui prétend, mais le film ne le dit pas, « guérir » les homosexuels, et qui a dû démissionner de son poste de doyen de la New Life Church, où il gagnait 140 000 dollars par an, après un scandale homo incluant de la prise de drogues !

En fait, tout le battage des évangélistes vus dans ce filme aboutissait alors à soutenir George Bush dans sa lutte contre l’avortement et pour la nomination d’un juge très à droite à la Cour Suprême !

Le film affirme que les évangélistes et leurs sympathisants représentent le quart de la population des États-Unis. À la fin du film, on montre les gosses, qu’on a amenés à Washington pour les lâcher dans les rues, arborant un autocollant sur la bouche avec le mot LIFE inscrit en gros, et tentant d’inciter les passants à militer eux aussi contre l’avortement, un « crime contre la vie ». Tous ne les envoient pas bouler !

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Mogambo

Dimanche 15 novembre 2009 - Ciné Cinéma Classic

De John Ford, en 1953. Scénario de Wilson Collison et John Lee Mahin. Durée, 1 heure et 55 minutes. Couleurs (Technicolor), format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 9 octobre 1953, en France le 24 septembre 1954.

Le film a été entièrement tourné en extérieurs, en Afrique, et fait presque complètement l’impasse sur les Noirs, qui sont réduits à des rôles de domestiques, porteurs, rameurs pour pirogues, etc. Tout, en fait, se déroule entre quatre personnages blancs et anglophones, un chasseur professionnel joué par Clark Gable, une vague chanteuse et aventurière, qu’interprète Ava Gardner, un jeune et riche scientifique anglais, que joue Donald Sinden, et sa femme, belle, un peu coincée, qui ne l’aime pas et va tomber amoureuse du chasseur, interprétée par Grace Kelly.

On a l’impression que l’équipe du film s’est offert un séjour en Afrique de l’Ouest, et n’a fourni que le minimum syndical, surtout de la part de Clark Gable. L’histoire se réduit au thème d’un homme pris entre deux femmes, et les rapports humains n’ont pas le moindre intérêt. Une seule scène insolite : Ava Gardner est seule sous sa tente, avec un paquet de cartes, et elle a commencé une réussite ; entre un puma, qui s’arrête, la regarde un instant, puis sort sans dire un mot (je plaisante).

On peut voir ce film une fois, mais le revoir est superflu.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

La dernière séance

Jeudi 19 novembre 2009 - Ciné Cinéma Classic

De Peter Bogdanovich, en 1971. Titre original : The last picture show. Scénario du réalisateur et de Larry McMurtry, d’après son roman. Durée, 1 heure et 58 minutes – 2 heures et 6 minutes dans la version remontée par le réalisateur. Noir et blanc, format 1,85:1. Sorti aux États-Unis le 22 octobre 1971.

C’est ce film dont le titre français a fourni celui de la fameuse émission de reprises des grands classiques hollywoodiens, produite par Gérard Jourd’hui et présentée par Eddy Mitchell, diffusée sur FR3 à partir du 19 janvier 1982, et qui a disparu le 28 décembre 1998.

Peter Bogdanovich, qui a aujourd’hui 70 ans, a été critique de cinéma. Puis, à l’instar des membres français de la Nouvelle Vague, il s’est lancé dans la réalisation en 1967, d’abord à la télévision, puis au cinéma, mais avec des bonheurs divers. Je n’ai vu de lui que Targets (en français, La cible, avec Boris Karloff en personne !), en 1968, et What’s up, doc? (en français, On s’fait la valise, docteur ?), en 1972. Mais j’ai lu sa biographie d’Orson Welles, dont il était l’ami (This is Orson Welles, en 1992).

Le film dont il est question ici est du genre nostalgique, un peu comme American graffiti : une petite ville, des jeunes, de la drague, des bêtises, avec, en supplément, un peu de drame. Outre Ben Johnson, Jeff Bridges ou Ellen Burstyn, acteurs déjà chevronnés, beaucoup d’acteurs devenus célèbres ensuite débutent ou quasiment dans ce film : Timothy Bottoms, qui a le rôle principal et qui est excellent, mais aussi Cybill Shepherd, dont c’est le premier rôle, ou Randy Quaid. Le réalisateur lui-même fait la voix du DJ dans la version originale. À noter une scène de nu intégrale collective dans une piscine, très rare aux États-Unis.

Autre originalité, la photographie est de Robert Surtees, illustre chef opérateur, qui filme ici en noir et blanc, alors qu’il est considéré comme un as de la couleur.

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Le cygne

Dimanche 22 novembre 2009 - Ciné Cinéma Classic

De Charles Vidor, en 1956. Titre original : The swan. Scénario de John Dighton, d’après la pièce de Ferenc Molnár. Durée, 1 heure et 44 minutes. Couleurs (Eastmancolor), format 2,35:1. Sorti aux États-Unis le 26 avril 1956.

C’est l’avant-dernier film tourné par Grace Kelly (le dernier, la même année, étant High society), qui abandonna sa carrière cinématographique en épousant, une semaine avant la sortie de ce film, Rainier de Monaco (qui, du coup, fit interdire la projection de ses films dans la principauté !). Aussi fut-il tentant d’établir un parallèle complètement artificiel entre l’histoire que conte le film et la vie réelle. En effet, Grace Kelly joue le rôle de la princesse Alexandra, une princesse un peu fauchée, qui vit avec sa mère Beatrix dans un château dont la reine de Ruritanie (!) leur a laissé la disposition. Or Beatrix ne sera pas satisfaite tant que sa fille ne sera pas devenue reine en épousant son lointain cousin Albert (Alec Guinness), héritier du royaume. Hélas, Albert, qui justement cherche une épouse et vient en visite, ne s’intéresse pas du tout à la belle Alexandra, et préfère les roses du jardin, les vaches de leur ferme, jouer au football avec les jeunes frères de la donzelle, et... dormir. De son côté, Alexandra est vaguement amoureuse du beau précepteur de ses frères, Nicholas Agi, qui justement est amoureux d’elle, et qu’incarne Louis Jourdan, l’un des rares acteurs français ayant fait carrière aux États-Unis. On attend un happy end, c’est-à-dire l’union des deux amoureux, qui n’aura pas lieu à cause de leurs orgueils respectifs.

Le film est photographié par Robert Surtees, mais le maquillage des vedettes laisse nettement à désirer, si bien que Louis Jourdan, connu comme très beau, semble assez fatigué, que Grace Kelly est un peu fade, et que l’actrice qui joue sa mère, Leslie Royce Landis, est quasiment méconnaissable.

On s’amuse néanmoins, car cette actrice était pour la seconde fois la mère de Grace Kelly à l’écran : la fois précédente, c’était pour le film d’Hitchcock, La main au collet, précisément le film où la future Grace de Monaco avait été séduite par la Côte d’Azur, où elle devait finir ses jours. Or, dans La main au collet, Jessie Royce Landis se trouvait ainsi être la future belle-mère de Cary Grant... dont elle avait été la mère dans La mort aux trousses, du même Hitchcock ! Le monde est petit... Le plus drôle étant que miss Landis n’avait que huit ans de plus que Cary Grant !

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La cible

Lundi 23 novembre 2009 - Ciné Cinéma Classic

De Peter Bogdanovich, en 1968. Titre original : Targets. Scénario du réalisateur, d’après une histoire de lui-même, de Polly Pratt, et de Samuel Fuller, non cité au générique. Durée, 1 heure et 30 minutes. Couleurs (Pathécolor, si-si ! Ça existait), format 1,85:1. Sorti aux États-Unis le 15 mai 1968, en France le 31 mars 1971.

Il s’agit du film cité plus haut, dans la notule sur La dernière séance, et qui est le deuxième réalisé au cinéma par l’ancien critique Peter Bogdanovitch, après un Voyage to the planet of prehistoric women qui n’a pas laissé beaucoup de traces dans l’histoire du septième art (il avait l’année précédente tourné pour la télévision un documentaire sur Howard Hawks). Le film, où Bogdanovich joue le rôle d’un réalisateur, a cette particularité d’employer le mythique Boris Karloff, devenu célèbre avec son rôle de la Créature dans Frankenstein, mais qui n’a pas fait que cela : deux cents films à son actif à partir de 1919 ! Ici, Karloff joue en quelque sorte son propre rôle d’acteur, et il se dédouble dans l’avant-dernière séquence, qui justifie de toute évidence le film entier, car il apparaît à la fois sur l’écran d’un cinéma en plein air, bien sûr dans un film d’horreur, et en chair et en os, poursuivant un tueur en série – séquence très bien amenée.

Le film, plutôt court, est bien conçu et filmé très classiquement. Il n’a rien d’un film d’horreur, c’est en fait un hommage aux films d’autrefois. Il a d’ailleurs eu un grand succès.

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Dernière mise à jour de cette page le mercredi 19 mars 2014.