JPM - Films vus à la télé - Novembre 2012

Films vus à la télé - Novembre 2012

 

Il y a aussi des films à la télévision ! De bonnes chaînes du câble ou des satellites en diffusent, souvent d’excellents, parfois de grands classiques. On donnera sa préférence à celles qui ne massacrent pas l’image du film en y inscrivant leur logo, et, bien entendu, qui présentent les œuvres en version originale. Sur les chaînes hertziennes, seule France 3 fait encore cela, très tard, une fois par semaine, dans la nuit du dimanche à lundi ; et encore, pas toutes les semaines, et les horaires annoncés ne sont pas respectés... Tous les films vus ne sont pas traités ici, on ne parlera que des meilleurs, ou des plus intéressants – ce qui n’est pas forcément la même chose.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : Fraise et chocolatBaïonnette au canonFixed bayonets!OthelloA double life – Harold et Maude – Othello – Marty – ScarfaceScarface

Personnes citées : Tomás Gutiérrez Alea – Juan Carlos Tabío – Senel Paz – Samuel Fuller – John Brophy – Marthe Villalonga – Richard Basehart – James Dean – George Cukor – Ruth Gordon – Garson Kanin – Michael Kanin – Katharine Hepburn – Spencer Tracy – Orson Welles – Wiliam Shakespeare – Ronald Colman – Betsy Blair – Ernest Borgnine – Gene Kelly – Howard Hawks – Ben Hecht – Armitage Trail – Seton I. Miller – John Lee Mahin – W.R. Burnett – Fred Pasley – Brian De Palma – Paul Muni

Fraise et chocolat

Dimanche 11 novembre - Ciné+ Club

De Tomás Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabío, en 1994. Titre original, Fresa y chocolate. Scénario de Senel Paz. Durée, 1 heure et 48 minutes. Couleurs, format 1,85:1. Sorti en Allemagne (Festival de Berlin) le 12 février 1994, en France le 28 septembre 1994.

Ce film, bien que tourné entièrement à La Havane, n’est pas sorti à Cuba. Il faut dire qu’il n’est pas tendre pour le régime castriste et son hostilité envers les homosexuels. David, étudiant et partisan convaincu de la Révolution, est à la fois hétérosexuel... et vierge, ce qui semble un peu surprenant vu son âge et le fait qu’il a une petite amie toute prête à lui céder. Mais il se fait draguer par Diego, homosexuel avoué, possesseur d’un tempérament, d’une culture et d’aspirations d’artiste. Sous un prétexte bidon, il accepte de le suivre chez lui et ne lui cèdera jamais. Néanmoins, hostile au départ, il est troublé par la personnalité de celui qui deviendra peu à peu son ami. Mais un de ses camarades castristes le persuade d’espionner Diego pour le faire tomber politiquement, et c’est le seul point faible du film, car cet acharnement semble un peu forcé.

Le dénouement est une sorte de défaite, puisque Diego, lassé de n’être pas traité en citoyen à part entière, se résigne à quitter son pays que pourtant il adore.

Les deux interprètes sont bons, le dialogue aussi, mais le film est un peu au-dessous de sa réputation, même si le fait d’avoir pu le tourner sur place est une sorte d’exploit.

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Baïonnette au canon

Lundi 19 novembre 2012 - Ciné+ Classic

De Samuel Fuller, en 1951. Titre original, Fixed bayonets! Scénario du réalisateur, d’après le roman de John Brophy. Durée, 1 heure et 32 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 20 novembre 1951. Pas sorti en France.

Samuel Fuller, qui avait fait la guerre, savait de quoi il parlait, et plusieurs de ses films en parlent, dont un avec... Marthe Villalonga, qui y jouait une aubergiste belge ! Ici, nous sommes pendant la guerre de Corée, en 1951, année de la sortie du film. Les troupes des États-Unis, qui n’ont pas pu résister aux communistes d’en face, doivent faire retraite, et un peloton de quarante-huit hommes doit faire diversion pour permettre aux autres de s’évacuer – donc ils sont pratiquement sacrifiés. L’un d’eux, le caporal Denno, un novice, joué par Richard Basehart, n’a qu’une crainte : que les trois gradés au-dessus de lui soient tués, auquel cas il devra prendre le commandement, ce pour quoi il ne se sent absolument pas fait. Bien entendu, ils se feront tuer l’un après l’autre, et Denno doit commander, non sans devoir affronter l’un de ses subordonnés qui s’estime davantage capable.

Le film est sobre, tourné uniquement en studio, et James Dean, qui n’avait tourné auparavant et la même année (il avait vingt ans) que dans deux séries télévisées, joue son premier rôle au cinéma. Mais j’avoue ne pas l’avoir repéré !

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Othello

Mercredi 21 novembre 2012 - Ciné+ Classic

De George Cukor, en 1947. Scénario de Ruth Gordon et Garson Kanin. Titre original, A double life. Durée, 1 heure et 44 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 25 décembre 1947, en France le 11 août 1948.

Oui, la co-scénariste Ruth Gordon est bien l’actrice qui jouait Maude dans Harold et Maude. Elle et son mari Garson Kanin écrivirent ensemble plusieurs scénarios pour Katharine Hepburn et Spencer Tracy, autre couple d’acteurs (mariés chacun de son côté) qui est resté mythique dans l’histoire d’Hollywood. Et le producteur du film, Michael Kanin, est le frère aîné de son mari.

Le film est fâcheusement titré « Othello » en France uniquement, et ce titre resservira cinq ans plus tard pour le film d’Orson Welles, cette fois directement adapté de Shakespeare. Ici, un acteur célèbre joue Othello, à New York, deux années de suite, et peu à peu il perd la tête. Cela débute quand il commence vraiment à étrangler en scène sa partenaire, qui est aussi sa femme et joue Desdémone. Il se reprend, mais, après leur séparation, il étrangle réellement sa maîtresse, une petite serveuse que joue Shelley Winters. Soupçonné, il se poignarde pendant une représentation de la pièce, et meurt peu après.

J’ai le regret d’avouer que je trouve cette histoire assez grossière, scénaristiquement parlant, et que le spectateur peut ne pas marcher. En outre, l’acteur Ronald Colman, qui joue le personnage principal et qui a décroché un Oscar pour ce rôle, ne m’a pas semblé très subtil. C’est superbement filmé, bien sûr, dans un très bon noir et blanc, mais rudimentaire.

À noter, dans un rôle minuscule, la présence de Betsy Blair, qui devait triompher plus tard en partenaire d’Ernest Borgnine dans Marty, et qui a été longtemps la compagne de Gene Kelly. Communiste militante, elle n’a, pour cette raison, jamais décroché de grands rôles.

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Scarface

Jeudi 22 novembre 2012 - Ciné Polar

D’Howard Hawks, en 1932. Scénario du réalisateur et de Ben Hecht, d’après le roman Scarface d’Armitage Trail, dialogues et continuité de Seton I. Miller, John Lee Mahin, W.R. Burnett, adaptation de Fred Pasley. Durée, 1 heure et 33 minutes. Noir et blanc, format 1,37:1. Sorti aux États-Unis le 31 mars 1932, en France le 17 février 1933.

Oublions le remake interminable (deux heures et cinquante minutes) fait en 1983 par Brian De Palma, il s’agit ici de l’original !

Nous sommes à Chicago à l’époque de la Prohibition (l’interdiction de vendre de l’alcool, qui provoqua inévitablement trafics et gangstérisme). Après l’assassinat de l’ancien chef Louis Costillo par le petit truand Tony Camonte, un homme « qui ne serait rien sans son flingue », c’est Johnny Lovo qui s’est hissé à la tête du « syndicat » du crime dans le secteur sud de cette ville ; et, comme c’est lui qui a commandité cet assassinat, il engage Tony « le Balafré » en qualité de second. Cela serait banal si ce Tony n’était un hâbleur assez naïf, du genre prodigue et qui croit plaire aux filles. Naturellement, il finira par flinguer son patron pour prendre sa place, et lui piquer sa nana Poppy, mais il commet aussi l’erreur d’abattre également son propre garde du corps pour l’avoir surpris en compagnie de sa sœur, parce que les deux tourtereaux n’ont pas eu le temps de lui dire... qu’ils s’étaient mariés la veille ! Puis sa sœur meurt son tour, et dès lors, Tony, cassé, ne résiste plus et finit comme les autres.

Il faut dire que, non seulement les acteurs sont excellents (sauf l’interprète de Johnny Lovo), à commencer par le très original Paul Muni qui joue Tony, mais la réalisation est superbe. Voyez cette scène dans un bowling : au moment où un gangster s’apprête à lancer une boule, il est abattu par une balle, mais il a eu le temps de lancer la boule, et c’est elle que la caméra suit tandis qu’elle roule le long du couloir. Puis elle heurte les quilles, qui tombent ; reste une seule quille debout, mais qui se met à osciller de plus en plus vite, et tombe à son tour... comme le gangster un peu plus tôt. Superbe substitution ! Loin de la brutalité bestiale et primaire des films actuels.

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Dernière mise à jour de cette page le mercredi 11 septembre 2013.